23 mai 2004

« Six pouces de plus et je passais sous ses roues »
Fauché l'été dernier par un automobiliste « insouciant » qui roulait à 100 km/h, Guy Choquette est passé proche de faire partie des statistiques des cyclistes décédés.
Fabrice de Pierrebourg
« J'ai été chanceux. Six pouces de plus et je passais sous ses roues. »
C'était il y a un an. Guy Choquette, 55 ans, rentrait chez lui à vélo après une grande virée cycliste organisée dans le Saguenay par son club de Saint-Hyacinthe.
Arrivé à Saint-Pie, presque au terme de ce parcours de 2 000 km, M. Choquette téléphone à sa conjointe pour lui dire qu'il sera bientôt à la maison.
À ce moment, M. Choquette roule sur la 235 dont l'accotement n'est pas pavé.
Un groupe de plusieurs voitures s'apprête à le dépasser lorsque le drame survient.
« Deux l'ont fait sans problème mais la troisième a accroché mon guidon avec son rétroviseur. »
La tête sur le pavé
La collision entre le véhicule qui roule à environ 100 km/h et le vélo qui avance à 25 km/h est impressionnante.
« Mon vélo a volé. Moi, je suis retombé sur le dos, la tête sur le pavé avant de me retrouver sur le ventre.
« Sous le choc, mon casque s'est brisé. »
Le jeune conducteur de l'automobile s'est arrêté, victime d'un choc nerveux.
« Il me voyait y passer... »
Apparemment, l'automobiliste fauti», suivant de trop près le véhicule qui le précédait, n'aurait aperçu qu'au dernier moment le vélo de M. Choquette.
Et c'est un vrai miracle si ce dernier s'en est tiré sans blessures graves.
Bien que le sujet demeure tabou chez de nombreux cyclistes, Guy Choquette croit que son casque lui a sauvé la vie.
« Notre club recommande le port du casque mais certains ne veulent pas y être obligés. Même après ma mésaventure ! »
Ceux qui se croient seuls
Aujourd'hui, il dit craindre beaucoup plus la majorité des automobilistes que les chauffards récidivistes qui font les manchettes depuis quelques semaines.
« Il y a tellement d'insouciants, comme celui qui m'a frappé, qui n'imaginent même pas la présence de vélos devant eux.
« Pour ces Monsieur Tout-le-monde, la route appartient aux voitures. Cette grande majorité est dangereuse. Il faut les éduquer. »
Il regrette aussi certains comportements agressifs.
« On est nargué. Ce sont des cris, des klaxons.
« On se fait couper la route même par des gros camions-remorques. Là, tes genoux tremblent pendant un moment...
(...) La route est le reflet de la vie, il y a des gens extraordinaires mais aussi, excusez-moi, des trous de c... ! »
page mise en ligne le 23 mai 2004 par SVP