23 novembre 2004

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD - Yvon Arsenault, cet individu accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort du petit Benoît Dupras le 12 mai, à Saint-Timothée, avait un taux d'alcoolémie supérieur à près de deux fois et demie la limite permise.

Jérôme Dussault

C'est ce que le policier Daniel Richard, technicien en alcootest, est venu raconter au juge Robert Lafontaine, hier, au premier jour du procès d'Arsenault au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Selon le policier Richard, l'accusé dégageait une forte odeur d'alcool en arrivant au poste de la Sûreté du Québec, ce soir-là. Tellement forte qu'il a préféré, pendant qu'il préparait le matériel, le faire attendre à l'extérieur de la pièce où on allait prélever son échantillon d'haleine.

C'est que l'appareil est si sensible que la seule présence d'Arsenault à proximité aurait pu fausser les données, a-t-il expliqué. Les résultats des prélèvements pris entre 80 et 120 minutes après l'accident ont donné des lectures de 197, 190 et 186 milligrammes d'alcool par cent millilitres de sang. La limite permise par la loi est de 80.

Impact violent
Benoît Dupras, 12 ans, rentrait chez lui à bicyclette lorsqu'il a été heurté à mort peu après 20 h sur le boulevard Hébert.

« Ça a fessé pareil comme si deux chars s'étaient frappés », a imagé hier Marc-André Pomerleau, qui demeure juste en face du lieu d'impact.

L'enfant a volé dans les airs pour retomber au beau milieu de la chaussée. Son décès a été constaté à l'hôpital de Valleyfield.

M. Pomerleau a dit avoir vu Yvon Arsenault immobiliser sa camionnette en bordure de la route et attendre deux ou trois minutes. Puis il en est sorti, marchant d'un pas lent lusqu'à l'arrière du véhicule en gardant la main sur la carrosserie pour garantir sa démarche.

Négligence du cycliste
À la policière Valérie Tremblay, arrivée la première, l'accusé a difficilement remis ses pièces d'identité. Il a dit avoir pris seulement deux bières, indiquant s'être fait couper la route par l'enfant. Il avait les yeux injectés de sang et sentait l'alcool. Son pas était lent mais il ne titubait pas.

L'agent Patrick Bertrand, qui a participé à la reconstitution de la scène d'accident, réservait quant à lui une fort mauvaise surprise hier aux proches de la victime qui suivent le procès attentivement.

Dans un rapport expédié à la Société de l'assurance automobile du Québec, il a noté que le premier facteur à l'origine de l'accident est la négligence du cycliste puisque l'impact a eu lieu au milieu de la chaussée. L'alcool n'est que le deuxième facteur, selon le policier, qui n'a pu dire si un conducteur sobre aurait pu éviter le pire.

RAPPEL
Yvon Arsenault est accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort. Son procès qui a débuté hier est prévue d'une durée de cinq jours.

À SUIVRE
Après avoir fait entendre six témoins hier, dont trois policiers, le Ministère public, représenté par Me Mylène Grégoire, poursuivra sa preuve aujourd'hui. Me Grégoire entend appeler au total une vingtaine de témoins.


Carrossier de métier, Mario Dupras a refait l'esthétique d'une voiture en y apposant d'énormes
photographies de son fils assorties du message : Pensez à moi avant de prendre le volant.
photo : Raynald Leblanc

Le père du jeune Benoît a entrepris
une croisade contre l'alcool au volant

Le père de la jeune victime, Marlo Dupras, préfère ne pas assister au procès, craignant sa propre réaction à la vue de l'accusé.

Jérôme Dussault

« J'aime mieux ne pas lui faire face, j'aurais peur de faire des actes que je pourrais regretter », a-t-il confié, hier.

Mario Dupras poursuit toutefois la croisade contre l'alcool au volant qu'il a entreprise au lendemain du décès tragique de son fils adoré.

Carrossier de métier, il a refait l'esthétique d'une voiture en y apposant d'énormes photographies de son garçon assorties du message: Pensez à moi avant de prendre le volant. Il sillonne les rues de la ville avec son véhicule et se promène notamment le soir dans le secteur des bars.

« Là, je suis en train de faire la même chose avec une autre voiture que je vais prrêter à un ami pour qu'il roule avec », dit-il.

Et ses efforts de sensibilisation ne s'arrêtent pas là. Il a fait imprimer affiches et autocollants de différents formats toujours avec la photo de Benoit accompagnée du même message de prévention.

Il soutient en avoir déjà distribué plus de 600 exemplaires dans les débits de boisson de Valleyfield et il continue toujours. Mario Dupras ajoute aussi être à mettre sur pied un service de raccompagnement gratuit semblable à Nez Rouge mais en activité toute l'année.


- Arsenault a failli causer un accident avant la tragédie, 24 novembre
- Arsenault avait bu l'équivalent de plus de dix consommations, 25 novembre
- Yvon Arsenault n'a freiné qu'après l'impact mortel, 26 novembre
- Un expert fait un lien direct entre l'alcool et l'accident, 26 novembre
- Yvon Arsenault présentait un risque 45 fois plus élevé, 27 novembre
- Yvon Arsenault, responsable de la mort du jeune cycliste Benoît Dupras, acquitté de conduite avec les facultés affaiblie, 1er février 2005


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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