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Tour de Californie

Trois Québécois en lice au Tour de Californie

Montréal, 17 février 2006 – Le Tour de Californie, une toute nouvelle course par étapes qui amorcera le début de la saison cycliste nord-américaine 2006, aura trois Québécois à la ligne de départ, dimanche, à San Francisco. Dominique Perras et Martin Gilbert auront l’occasion de donner leurs premiers coups de pédale, tandis que Charles Dionne fera sa première apparition en sol nord-américain avec sa nouvelle formation.

Charles Dionne et la grande aventure européenne
L’automne dernier, Charles Dionne a fait un pas de plus vers son rêve de participer un jour au Tour de France en signant avec l’équipe espagnole Saunier Duval-Prodir qui fait partie du Pro Tour, donc qui prend part au Tour de France. Cependant, chaque équipe compte une trentaine de coureurs et seulement neuf sont sélectionnés pour la Grande boucle.

Mais avant de connaître la sélection finale de l’équipe, l’athlète de Saint-Rédempteur sera à San Francisco dimanche, une ville où il a été couronné à deux reprises dans le passé.

« Mon intention n’est pas d’être le leader de l’équipe au Tour de Californie, mais si je peux remporter une étape ou performer, ça serait bien ! » a-t-il indiqué en entrevue à Sportcom. « Ce que mes patrons veulent, c’est que je marche au mois d’avril pour les Classiques. C’est une tâche assez ardue, car ces courses sont longues (entre 250 et 270 kilomètres). Et c’est sans parler des sections pavées comme à Paris-Roubaix, Amstel Gold Race ou la Flèche Wallonne. Ce sont des courses qui ont beaucoup d’histoire et qui sont très difficiles. »

Les équipes espagnoles ne sont pas reconnues pour exceller dans les Classiques qui sont souvent présentées dans le froid et où les sections de pavés sont nombreuses, mais cela ne semble pas déranger Dionne.

« Ils m’envoient là en espérant que je fasse bien dans au moins une course. Je n’ai pas tant d’expérience que ça sur les pavés », poursuit Dionne qui ratera le Tour de Georgie afin de participer à ces épreuves. « J’ai fait un peu de pavés à la course de la Paix, mais ils n’étaient pas en aussi mauvaise condition que ce que je vais voir. J’ai donc demandé à mon équipe des cassettes vidéo pour voir les parcours en plus d’aller faire des reconnaissances sur place. Quand on sait quelle ligne prendre dans telle ou telle section, ça peut être un très bon avantage. »

L’adaptation ne se fera donc pas seulement sur le vélo, mais également dans le mode de vie, comme l’a constaté le principal intéressé qui est en Europe depuis le début de l’année. « À part l’heure du souper (vers les 22 heures), je me suis assez bien adapté. Tout ce que j’ai à faire, c’est de pédaler sur mon vélo. Pour le reste, ils s’occupent de tout. Il y a même quelqu’un qui fait mon lavage ! »

Sur la route, l’adaptation a été plus dure pour Dionne qui a connu son lot de difficultés au Challenge des Îles Baléares, la semaine dernière, en terminant loin derrière les gagnants. « Arrêter, ça ne me sert à rien, tandis que si je continue, à un moment donné je vais être capable de m’accrocher » avait-il lancé après la dernière étape de sa première course de l’année alors qu’il avait fini deuxième avant-dernier, à 34min 06s du vainqueur.

Dominique Perras : la force de l’expérience
Joint la semaine dernière en Californie lors du camp d’entraînement de son équipe Kodak Gallery / Sierra Nevada, Dominique Perras amorce la nouvelle saison avec des ambitions modestes, lui qui a profité de l’entre-saison pour prendre du repos et partir en lune de miel.

« Plusieurs ont beaucoup roulé en novembre et décembre, ce qui n’est pas mon cas. En conséquence, je ne serai pas à mon mieux au Tour de Californie, mais idéalement, j’aimerais faire une bonne étape et même viser une victoire si c’est possible. Pour moi, le Tour arrive trop tôt dans la saison, mais j’espère être en forme », a commenté l’athlète de 32 ans, qui a roulé un mois en Espagne avec le spécialiste du vélo de montagne, le Montréalais Mathieu Toulouse.

Même s’il ne s’attend pas à un début de saison canon, le cycliste de Saint-Lambert croit qu’il aura de bonnes jambes pour les Jeux du Commonwealth, qui seront présentés à Melbourne, en Australie, du 15 au 26 mars.

« Je suis content de ma sélection. Après ma prestation au Sun Tour (ndlr. où il avait terminé deuxième au classement général et avait remporté une étape), je croyais que je méritais pleinement d’y aller. J’ai plusieurs amis à Melbourne, alors ça va être spécial de courir là. À la fin mars, je suis sûr que je vais être prêt. La course devrait être très ouverte, car il y a de six à huit pays forts. L’Australie sera l’équipe favorite. »

Au Sun Tour, j’ai roulé contre les meilleurs Australiens dont Baden Cooke et Simon Gerrans, alors je crois que c’est possible de gagner une médaille. Si ce n’est pas possible, je vais aider Gord (Fraser, meilleur sprinter de l’équipe canadienne) dans l’éventualité d’une arrivée groupée », a souligné celui qui en sera à une première participation à des Jeux multisports « à l’exception des Jeux du Canada », précise-t-il à la blague.

« Les épreuves internationales et plus relevées sont ce qui me motive à m’entraîner fort durant l’hiver. Je sens que je suis encore meilleur à chaque année. Bien sûr, j’ai des moments creux, mais mes sommets sont toujours plus hauts et c’est ce qui est motivant. »

Martin Gilbert, le sprinter désigné
Après avoir roulé sa bosse au sein de l’équipe québécoise Volkswagen-Trek depuis 2001, Martin Gilbert a fait le saut aux États-Unis, l’automne dernier, pour aller rejoindre Dominique Perras chez Kodak Gallery / Sierra Nevada.

Le Châteauguois aura l’occasion de défendre son nouveau maillot au Tour de Californie où il sera le sprinter désigné de l’équipe.

« Ils m’ont sélectionné parce que je suis un bon finisseur. C’est sûr que je n’ai pas encore fait mes preuves au sprint avec l’équipe, mais pour le Tour de Californie, c’est moi qui serai le sprinter de l’équipe », explique celui qui avait amorcé sa carrière d’athlète en triathlon avant de se consacrer uniquement au cyclisme. « Ça met aussi de la pression et c’est bon d’en avoir ! »

Plus je fais de bons entraînements sur la route, plus la force musculaire augmente, ce que je ne peux pas aller chercher avec la piste », a analysé celui qui partage son temps entre la route et la piste. « Mes peurs sont plus de savoir de quoi je vais avoir l’air la septième ou huitième journée du Tour. »

Gilbert, qui est également étudiant en pharmacie à l’Université de Montréal, profite d’une pause printanière dans ses études en raison de la refonte du programme universitaire. Cet arrêt arrive au bon moment pour le cycliste de 23 ans, qui se concentre également sur les épreuves de piste en prévision des Jeux du Commonwealth, où il participera à la course aux points et à la course scratch, en plus d’être un équipier à la course sur route.

« J’ai fait le Tour de Beauce et le Tour de Toona, mais à part ça, je n’ai pas fait de sprints de ce calibre-là, alors j’ai hâte de voir où je me situe là-dessus », a-t-il conclu.

Rédaction : Mathieu Laberge


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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