2 mars 2004
OTTAWA - Les excuses offertes à Myriam Bédard n'ont pas suffi. Le gouvernement a destitué hier le président du conseil d'administration de Via Raily M. Jean Pelletier. Les conditions de séparation de M. Pelletier demeureront toutefois confidentielles.

L'ancien chef de cabinet de Jean Chrétien est ainsi devenu la troisième «victime» du scandale des commandites.
La semaine dernière, il a fallu attendre plusieurs semaines et une réunion du conseil des ministres pour suspendre deux autres présidents de sociétés d'État impliquées dans les commandites. Pour d'autres raisons, un troisième a été suspendu.
Réactions
Mais cette fois-ci, compte tenu des propos «tout à fait inacceptables», des réactions et de la nature des allégations, le bureau du premier ministre a pris promptement les choses en main.
« J'ai demandé aux personnes qui ont connaissance de possibles actes répréhensibles de se manifester, a expliqué le premier ministre Paul Martin. Et je m'attends à ce qu'elles soient traitées de manière appropriée lorsqu'elles le font. Ce qui, en l'occurrence, n'a pas été le cas.
« Mon gouvernement est arrivé au pouvoir avec l'engagement de changer la façon de faire les choses, a poursuivi M. Martin. La décision que nous prenons aujourd'hui entend refléter cet engagement. »
Hier, le secrétaire de cabinet du premier ministre, Francis Fox, a rencontré Mme Bédard pour en savoir davantage sur les irrégularités qu'elle dit avoir constatées à l'époque où elle était au service de Via Rail.
Conditions
Pendant ce temps, le ministre des Transports, Tony Valeri, sanctionnait le président de Via Rail.
« Il est tout à fait inapproprié pour le président d'une société d'État de tenir des propos de la sorte à l'égard de quelqu'un qui a mis en lumière des actes répréhensibles en milieu de travail », a fait valoir M. Valeri.
La destitution de M. Pelletier prend effet immédiatement. Les conditions de séparation, avant la fin de son contrat le 31 août 2006, figurent dans une annexe « Confidentielle de son contrat », a expliqué hier un porte-parole du Bureau du Conseil privé.
Médaillée olympique, Mne Bédard soutient avoir été congédiée de Via Rail en 2002 après avoir dénoncé des «factures gonflées» provenant de l'agence de communication Groupaction. « Une fille sans conjoint qui fait pitié », avait rétorqué M. Pelletier.
page mise en ligne le 2 mars 2004 par SVP