25 janvier 2004

Vive la Canadienne !
Une conduite d'eau s'était rompue à quatre heures du matin dans le centre-ville - inondé - où absolument plus rien n'allait. À la radio, ils expliquaient par ailleurs ce que j'avais sous les yeux : une heure et demie d'attente sur l'autoroute des Laurentides, direction sud. Il tombait une petite neige légère et il faisait autour de -7, seule journée douce d'une quinzaine annoncée glaciale.
Roulant direction nord, je me félicitais d'avoir pris off, ça me donnait un peu de temps pour me rendre au bureau d'Oxygène, dans le bois. Je filais à contre-congestion en me désolant pour mes amis de Laval et des Basses-Laurentides qui entraient en ville ce matin-là.
Quelques minutes plus tard, je me retrouvais au pavillon d'accueil du Centre de ski de fond du Parc des campeurs de Sainte-Agathe-des-Monts, cette fois pour une randonnée en ski qui allait nous conduire jusqu'à Saint-Adolphe-d'Howard.
Ayant tergiversé sur les planches à favoriser pour cette sortie en terrain accidenté à souhait - vous rappelez-vous notre Randonnée mollo en vélo de montagne, le 12 octobre ? Eh bien ! c'était à peu de choses près la même route - j'ai finalement opté pour mes skis de randonnée ordinaires, des Fischer ultralégers, plutôt que pour ceux à carres de métal.
C'était un pari risqué, car mes compagnons étaient chaussés en carres de métal et leur avis n'était pas à négliger puisqu'ils avaient vu neiger plus que moi. Mais bon, il tombait une neige si floconneuse, si légère, je me disais que j'allais pouvoir freiner sans mal dans les descentes anguleuses de La Canadienne. Une piste au demeurant tracée mécaniquement.
Une brochette...
Au départ du pavillon, nous prenons à gauche pour monter dans la Didi et ainsi éviter le paysage extraterrestre des roulottes en hibernation dans leur camping d'hiver.
Quelle équipée, quand même ! Ouvrant la marche, il y a Paul Larue, cofondateur de l'Auberge du P'tit Bonheur; Fernand Vanier, qui a longtemps dirigé les destinées du réseau de ski de fond du Parc des campeurs et qui connaît personnellement chacun des cailloux que cache la neige sur laquelle nous glissons ; Sylvain Vaillancourt, nouvellement promu directeur des services récréotouristiques de Saint-Adolphe-d'Howard et qui va sûrement me remercier de l'avoir sorti de son budget pour la journée; Pierre Poisson, mon vieil ami bien nommé puisqu'il a commencé comme guide de pêche avant de devenir géologue. Derrière moi, Bertrand et François ont manifestement vu beaucoup d'arbres dans leur vie, mais ils vont nous quitter à la dernière photo pour accompagner le photographe de La Presse qui rentre en bouclant la Didi.
À cette fourche, il y a un poteau portant la signalisation du réseau du Parc des campeurs et celle du réseau du Club de plein air de Saint-Adolphe.
« Sur le même poteau, parce que nous sommes deux organisations qui collaborent, qui se complètent », insiste Sylvain Valiquette.
Après quelques ascensions, nous navigons sur de belles ondulations à travers une forêt magnifique et changeante. Aujourd'hui, l'hiver est à son plus joli et le vent, très léger, est quand même suffisant pour faire tomber ici et là des branches des arbres des nuées de flocons.
Sans blague, il neige comme dans un conte de fées.
Après le site de la cheminée - vestige d'une demeure disparue, là où les traceuses des deux centres ont suffisamment d'espace pour faire demi-tour - les premières vraies descentes commencent.
Ma foi, elles sont plus faciles en ski qu'en vélo de montagne ! Il faut dire que la neige est toute fraîche, elle n'a même pas encore commencé à se tasser, si bien que le freinage à l'approche des angles serrés dans les descentes est un jeu d'enfant. Voilà qui valide mon choix de planches, un choix qui resterait bon, j'en suis maintenant convaincu, dans une poudreuse un peu tassée qui exigerait plus d'effort en chasse-neige. Par contre, dès que la neige vieillit et que le fond fait une croûte, seuls des skis à carres de métal permettent une bonne maîtrise sur ce genre de terrain.
Paul et Fernand, qui font presque 140 ans à eux deux, nous ont semés dans le paysage. De vrais jackrabbits !
Rien ne presse. La forêt dans sa poudrerie et son silence est incomparable de beauté. Respirer le froid, se tenir au chaud d'un mouvement léger... Le temps inverse peut-être son cours pour nous permettre de rajeunir.
Il n'y a de sûre que la magie. Être ici, maintenant, c'est le bonheur.
Sylvain a des phrases parfois étranges que j'accepte sans discuter : « Ça, c'est le marais qui monte jusqu'au refuge. » Je ne vois évidemment pas le marais, mais c'est vrai qu'on monte un peu avant d'arriver en vue du refuge Charles D. Campbell. Nous avons bien fait de prendre notre temps puisque, à notre arrivée, une petite fumée blanche sort déjà de la cheminée de la cabane de bois rond. Paul et Fernand nous ont préparé l'accueil.
Le temps de mordre dans nos sandwiches et d'avaler un peu de café, la chaleur commence à peine à s'installer dans le refuge, qui sera juste confortable pour les autres skieurs ou pour les adeptes de la raquette qui se présenteront plus tard.
Le moment est venu de nous quitter. Je ne vous avais pas dit que Paul et Fernand faisaient l'aller-retour. De vraies machines, ces deux-là, qui auront parcouru 24 km lorsqu'ils rentreront au pavillon du Parc des Campeurs vers le milieu de l'après-midi.
Sylvain, Pierre et moi allons dévaler le reste de La Canadienne jusqu'au stationnement, en bordure du lac Sainte-Marie, à Saint-Adolphe-d'Howard.
Cela nous fera une rando de 14 km, généralement descendante.
Parce que les trois plus jeunes du groupe sont aussi les plus pépères.
| REPÈRES |
Centre de ski de fond du Parc des campeurs de Sainte-Agathe-des-Monts
819-324-0482 www.parcdescampeurs.com
Accès : Autoroute des Laurentides (15 Nord), sortie 83 à gauche, direction 329
sud. Le pavillon d'accueil est situé à l'intersection de la 329 et de la montée Alouette.
Club de plein air Saint-Adolphe d'Howard
819-327-3519 pleinair.stadolphedhoward@citenet.net
Accès: Autoroute des Laurentides (15 Nord), sortie 60, route 364 ouest puis 329 nord jusqu'à Saint-Adolphe. On trouve l'accueil, dans le village, tout de suite après la fontaine sur la droite.
page mise en ligne le 25 janvier 2004 par SVP