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Le Symbole : le mot est tiré du grec sumbolon qui signifie signe de reconnaissance entre deux personnes.
Mais le symbole c'est aussi l'être ou l'objet qui représente une chose abstraite, qui est l'image d'une chose. Exemple : le chien est le symbole de la fidélité.
Le Symbolisme : c'est le système de symboles exprimant une croyance. Exemple : «Le symbolisme de la Croix», titre d'un livre de René Guénon.
Mais le symbolisme se dit aussi d'un système de signes écrits dont l'agencement répond à des règles. Exemple : l'écriture.
La Symbolique : c'est l'ensemble des symboles propres à une religion, à un peuple, etc. Exemple : la symbolique égyptienne.
On notera que la symbolique est aussi la science qui explique les symboles.
En d'autres termes, et pour fixer les idées, on pourra dire que la symbolique est l'étude de la signification de l'ensemble des symboles alors que le symbolisme en est la méthode.
À l'origine, le symbole était un langage secret des initiés de l'ancienne Egypte et de l'Assyrie (aujourd'hui l'Irak). C'était un moyen de communication réservé à une minorité de "sachants" (= ceux qui savent).
Puis, le symbole est devenu signe de reconnaissance comme indiqué par son étymologie, signe utilisé par les membres d'une minorité, d'une secte ou d'une société secrète.
Exemple des premiers Chrétiens qui dessinaient avec le doigt ou une brindille une courbe dans le sol. L'autre personne devait dessiner la sienne de telle sorte que l'ensemble représente un poisson, emblême primitif du Christ.
Certains symboles ont une forte charge affective et sont immédiatement reconnaissables. Exemple l'Étoile de David pour les Juifs, la Croix pour les Chrétiens, le Croissant de Lune pour les Musulmans. Autre exemple : chacun se reconnaît dans son drapeau national, symbole de sa communauté d'appartenance.
Connaître un symbole, c'est étudier son nom, la raison qui se trouve à l'origine de cette attribution, analyser son aspect, son nombre et éventuellement le son qui lui est propre (valeur vibratoire du mot prononcé).
Aucun symbole n'est simple car il recouvre le plus souvent une réalité complexe qu'il est difficile d'exprimer instantanément.
Tout peut devenir symbole. Peuvent devenir symboles des objets, des emblèmes, des concepts abstraits, des mots, des lettres prises isolément (exemple J, B, G, ...) ou des nombres considérés individuellement (exemple symbole du 3).
En fait, le support importe peu : c'est le sens qui crée le symbole. Le symbole est donc plus qu'un simple signe car le symbole "ouvre" en permettant l'accès à des niveaux de réalité qui autrement demeureraient cachés.
Le symbole est irremplaçable pour ouvrir l'esprit.
Le symbole n'est pas éternel. D'une certaine manière, il a sa propre vie. Il apparaît, venu d'on ne sait où, quand l'univers ou la société qui l'intègre sont prêts à révéler toute sa dimension. Mais il peut se mettre en sommeil ou perdre de sa force si sa réalité demeure sans écho.
Ainsi l'Équerre des anciens maçons opératifs sera remplacé à l'Orient par le Delta avec l'arrivée des maçons spéculatifs.
Il faut différencier les symboles ordinaires et profanes des symboles qui ressortent du Sacré. Ces derniers demeurent illimités car il se rapportent au fondement ultime de l'être qui existera tant que l'homme vivra. Il suffit alors qu'un seul initié sur des millions perçoive la réalité d'un emblème pour que le symbole rayonne dans toute sa grandeur.
Une méthode d'approche du symbole consisterait à :
- laisser s'exprimer son intuition, Dans la démarche symbolique, l'important n'est pas la connaissance elle-même mais l'assimilation de cette connaissance. Autrement dit, c'est l'amélioration de la personnalité qui est recherchée. On parlera ainsi de démarche "ésotérique" : il s'agit de révéler ce que nous sommes en nous-mêmes, nos possibilités, nos limites.
Le symbolisme est un état d'esprit et non un découpage plus ou moins artificiel de mots ou de valeurs à qui on donnerait un sens particulier et arbitraire qui serait d'ailleurs très vite oublié.
S'arrêter à la signification primaire d'un symbole n'a pas un grand intérêt en soi.
Ainsi, dire que les gants blancs symbolisent la pureté ou que l'équerre symbolise la rectitude est sans doute vrai mais, finalement, insuffisant.
Par définition, un symbole ne peut être totalement expliqué. Il est, pour partie, incommunicable, car il passe par la vie intérieure de l'être, il s'adresse au coeur, à l'âme et à l'esprit.
Prenons un exemple cité par Jean Ferré dans son «Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-Maçonnerie» et tiré du Rituel de Réception.
Dans le Cabinet de Réflexion le candidat ou la candidate se trouve face à un crâne. On dit que celui-ci symbolise la mort. Cette signification première est évidente, mais aussi assez pauvre.
En revanche, le même crâne peut devenir authentique symbole si le candidat ou la candidate qui séjourne dans le Cabinet de Réflexion cherche en lui ou en elle les réponses au problème posé par cette tête.
- Vais-je mourir physiquement ? Lorsque le candidat ou la candidate aura médité, le crâne sera devenu pour lui ou elle le symbole de sa mort profane pour une re-naissance dans le sacré. Ces moments, il pourra en parler, bien sûr, il pourra les décrire à travers ses "Impressions de Réception", mais jamais il n'arrivera à transmettre ce qu'il aura vécu.
Ceci fait penser à l'émotion que l'on peut ressentir devant une oeuvre d'art. On ne peut expliquer cette émotion. On perçoit un choc et un changement s'opère en nous. Mais une telle expérience ne peut se partager que dans une communion silencieuse.
(...) "Le symbole, explique Jean-Pierre Bayard dans sa «Grande Encyclopédie Maçonnique des Symboles», ne peut être enfermé dans une définition rigoureuse de mots au cadre précis ; il doit être ressenti par chacun, comme le miroir de ce que nous possédons en nous ; il est un outil qui permet d'approfondir notre recherche de la connaissance. Le symbole n'est pas sacré en lui-même mais, par les références qu'il suggère, il conduit à la sacralisation de ce qu'il représente.
Le symbole, expression du sacré, est un langage universel, une communication spirituelle établissant les relations entre tous les êtres humains, de chaque époque et de tous les lieux de la terre. (...) Il réalise l'harmonie entre toutes les contradictions et comble toutes les différences."
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