1) Notre vie a de la valeur, où que nous soyons
nous n’avons pas à avoir honte de notre position.
2)
C’est nous qui connaissons le sens de ce que nous vivons. Nous n’avons
pas a nous laisser dicter le sens de notre expérience par un discours dominant.
3) La théâtralité, la vie est une pièce de théâtre où chacun joue un rôle, se cache
derrière un masque. Nous pouvons jouer nos rôles de diverses façon sans nous
laisser dicter les scénarios qu’on nous a appris. Les outils : le culot –
la métaphore – la surprise -
4) L’authenticité : nous assumons ce que nous ressentons, ce que nous pensons, ce
que nous imaginons. Même si nous sommes contraints de jouer des rôles
divers, nous les jouons avec le maximum de sincérité. , c’est là le paradoxe
du comédien.
5) Le droit de rêver et de prendre son temps.
Nous ne nous laissons pas imposer le rythme ambiant.
6) L’échange, la réciprocité. Nous construisons
de l’intelligence collective. Si je reconnais que ma vie a de la valeur, dans
le même mouvement, je vais reconnaître
celle de l’autre.
7) La métamorphose : nous pouvons changer de forme, changer de vie, changer de
croyances…. Rien n’est joué une fois pour toute.
Le philosophe Diogène, contemporain de
Platon vivait au cinquième siècle avant Jésus-Christ. Pour des raisons que l’on
ignore, bien qu’issu d’une famille aisée, il se retrouva dans la rue et y vécu toute sa vie comme un clochard.
L’image de Diogène vivant dans son tonneau est d’ailleurs passée à la postérité
et fait partie du patrimoine mondial de l’humanité. Comment un simple clochard
a-t-il pu acquérir une telle célébrité ?
Tout d’abord Diogène accepta sa
position. Plutôt que de se lamenter de son mode de vie, il se dit qu’après
tout, il n’avait pas à sacrifier à la tendance du moment qui voulait qu’on
consacre l’essentiel de son énergie à l’acquisition de biens divers. Il
entreprit donc de vivre en ascète et de réduire ses besoins. Néanmoins Diogène
ne fut pas un ascète aigri, il acceptait le rire et vécu sans complexe sa
sexualité ; parfois d’ailleurs sur un mode qui ne manquait pas de choquer
ses contemporains. Le personnage avait tendance à se moquer des conventions. Il
su non seulement donner de la valeur à sa position (et on ne pouvait pas trouver
plus basse), mais il su également accepter la valeur de ce qu’il vivait dans
son corps, ses émotions, ses pensées.
Première clef : FIERTE,
REDRESSER LA TETE , ACCEPTER SA
POSITION
Ce n’est pas parce que quelqu’un a une
haute position sociale, qu’il « parle à la télé », qu’il est bardé de
diplômes que cela lui donne le droit de décréter le sens de ce que nous vivons.
Aujourd’hui tout un tas d’experts de toute sorte défilent sur les plateau de
télé, publient des livres par milliers, cela ne leur confère aucun pouvoir de
décréter ce que signifie notre expérience. S’affranchir des discours dominants,
tel est le deuxième point de cette méthode « itérative » (elle
se déploie comme une spirale le long de laquelle on peut se déplacer librement.
Ce qui veut dire qu’on peut être au point 4 et revenir au 1 ou au 7 et passer
au 2 ou bien même se situer sur plusieurs point à la fois). La plupart des
rapports sociaux sont marqués par la domination. Diogène n’hésitait pas à
contredire Platon, grand philosophe auprès des puissants de son temps. Même si
je n’ai pas des mots élaborés pour le dire, si je sens que ce qu’on veut me
faire accepter n’est pas correct pour moi, j’ai le droit d’oser le dire. Cela
peut commencer par déclarer : « docteur, ne vous cachez pas
derrière des mots, utilisez un langage compréhensible ».
La
deuxième clef se nomme : OSER, INTREPIDITE
Le sens, dont on nous rabat les
oreilles actuellement, ça commence par ça : les sens, « Est-ce que
je le sens ou est-ce que je le sens pas ?» ça se passe au niveau de
mes sens : le fameux « ressenti » des formateurs. Les autres
dimensions du sens, l’orientation et la signification s’ancrent d’abord dans le
corps et dans les sens. Le corps est ma « boussole intérieure » qui
va me permettre de trouver la bonne direction et d’accéder à la signification.
Cette dernière dimension qui renvoie au savoir est également ancrée dans le
corps. Le savoir n’est pas dans les livres, à l’université, chez les
« savants ». Ce savoir là n’existe pas si je ne suis pas là pour le
faire exister. Le savoir premier est donc le savoir de notre expérience intime.
Les tonnes de savoir formel qu’on fait ingurgiter aux collégiens d’aujourd’hui n’ont bien souvent aucun sens pour eux,
il ne rejoint pas leur expérience intime. Pire ce savoir est souvent une
négation de l’expérience intime de l’élève et
une destruction de son estime de soi. Si vous pouvez lire ces lignes
c’est que vous avez su rester en vie jusqu’à aujourd’hui, donc vous SAVEZ.
Alors, si quelqu’un vous renvoie à la sensation d’être ignorant, méfiez-vous,
peut-être cherche-t-il à vous dominer d’une façon ou d’une autre. Il n’ y a
pas à proprement parler de
« réalité » de mon expérience. Il y a ce que j’en fait dans l’instant
de la rencontre, dans l’ici et maintenant. Je réécris ma propre histoire en
permanence,j jusqu’à ce que je trouve son sens et sa valeur. Cela se fait aussi
dans la rencontre, dans la relation à l’autre qui m’aide à l’élaborer. C’est
une co-production disent certains chercheurs.
La troisième clef ici se nomme PRESENCE ATTENTIVE.
…se cache derrière un
masque. Nous pouvons jouer nos rôles de diverses façon sans nous laisser dicter
les scénarii qu’on nous a appris. Les outils : le culot – la métaphore –
la surprise -
la
scène – les masques – l’émotion – le silence – le rire – le plaisir – le jeu….
La vie quotidienne nous met la « tête dans le guidon » et nous prenons les choses de « plein fouet », ce qui nous use et nous fatigue. En imaginant d’autres façons de jouer nos rôles et en prenant conscience de la « mise en scène de la vie quotidienne », nous pouvons prendre le recul nécessaire (celui du spectateur) qui nous aide à nous mettre dans l’habit de l’acteur ou dans celui du metteur en scène qui fixe le cadre, qui rappelle les objectifs, qui rassure et qui cherche avec les autres la meilleure façon de jouer la pièce.
L’auteur, lui, nous permet de renouer avec la nouveauté. Il nous aide à ne pas nous enfermer étroitement dans un rôle prescrit en inventant de nouveaux personnages et de nouveaux scénarii. L’imaginaire source d’invention n’est pas l’imaginaire qui « s’oppose » au réel. Car le réel et l’imaginaire sont beaucoup plus complices qu’on ne le pense. Dans cette opposition classique, l’imaginaire est disqualifié par « l’évidence » du réel. L’imaginaire dont nous parlons ici est « pouvoir créateur ». Pour pouvoir inventer de nouvelles façons de jouer nos rôles, il nous faut les imaginer. Ce pouvoir créateur d’images vit en nous, c’est lui qui produit les rêves et qui nous permet de nous relier au monde par le biais de nos « représentations ». Il ne s’agit donc pas de « rajouter » quelque chose de plus, mais de simplement prêter attention à quelque chose qui est déjà là, en nous, et que nous taisons soigneusement par notre croyance en un « monde réel », donné une fois pour toute. Le monde n’est pas « donné », il est crée par les hommes. Etre auteur, c’est prendre part à cette création.
L’entreprise, monde concret par excellence est en fait plein d’imaginaire : le « Géant IBM » (Big Blue), le « village global », la « toile » (d’araignée), la souris, le serveur (on peut le voir avec un plateau dans la main)… D’autre part, l’entreprise devient mouvante, elle est prise dans un monde qui évolue très rapidement. Pour pouvoir continuer à nous adapter à ce mouvement incessant, il nous faut développer la souplesse identitaire du caméléon. La rigidité excessive est notre ennemi, un peu comme dans l’histoire du chêne et du roseau. C’est cette souplesse identitaire qui va nous permettre de nous glisser d’un personnage à l’autre… un peu comme un serpent qui se joue des obstacles. Pour parvenir à cette souplesse, il nous faut cesser de penser par paires d’opposés : le bien et le mal, le réel et l’imaginaire. Il nous faut convoquer des « logiques floues » ou des logiques paradoxales comme dans le chêne et le roseau où l’on voit bien que : « la faiblesse, c’est une force ».
Considérons un de ces paradoxes. Comment peut-on à la fois être acteur et spectateur en même temps par exemple ? Je réponds au téléphone à un client et je me vois en train de répondre au téléphone à un client. Le client est insatisfait et me fait sentir toute sa « hargne », comment puis-je « voir » qu’il ne s’adresse pas à moi en tant que personne ? Qu’il transfert sur moi une insatisfaction qui peut être liée à des expériences passées ? Les psychothérapeutes parlent de la capacité à développer un « moi observateur ». « Il est en colère, mais ce n’est pas à moi qu’il en veut. » Cette observation peut-être faite par le spectateur qui regarde de son balcon, le « moi observateur ». Dans les moments de formation, comme celui que nous venons de vivre , et lorsque nous échangeons entre collègues, nous donnons de l’épaisseur à cet « espace symbolique », (le balcon ?) ou va se loger le spectateur.
En fait, chaque personnage peut-être un des autres personnages en même temps. Il s’agit de leur donner de la chair, du corps et en même temps, de les imaginer, de les penser…
Le je(u) se joue dans un cadre ou sur une scène où se distribuent les rôles. Mais combien y a t-il de scènes ? Il y a bien cette scène là où les choses se passent qui se déroulent sous nos yeux. Mais il y a aussi cette « autre scène » (la scène intérieure) où se jouent et se rejouent les scénarii de notre histoire. Tout comme la conque de mer, la scène intérieure s’ouvre sur la scène extérieure… et la scène du dehors résonne dans la scène du dedans…
En prenant tour à tour les différents rôles, nous prenons conscience de nos
scénarii inconscients. En nous
« voyant » depuis le balcon, nous pouvons désormais agir sur notre jeu pour que la représentation devienne un succès, source de plaisir pour
soi et pour les autres.
La
clef ici : LE PLAISIR DE JOUER, LA SURPRISE DE CE QUI ADVIENT
Même
si nous sommes contraints de jouer des rôles divers, nous les jouons avec le
maximum de sincérité. , c’est là le paradoxe du comédien.
« Un je(u) ne sais
quoi et un presque rien » :
l’authenticité, c’est accepter ce que je suis, ce qui me traverse, même si ça
paraît bête, pas en phase, insignifiant. « je me sens bête je n’ai rien à dire…. » est une
merveilleuse façon de rentrer en scène et de déjouer la peur qui me tenaille.
Si c’est ça : je me sens bête, démuni, impuissant face à vous, je n’ai
rien à dire… alors je le dis. C’est un paradoxe n’est-ce pas, si je dis que je
n’ai rien à dire, je suis en train de dire quelque chose. Là, la clef c’est le
jeu, être authentique c’est jouer un tour à sa peur… en l’acceptant.
Nous
n’allons pas chercher à maîtriser notre peur, à la contrôler, (voire à la
gérer), nous allons l’apprivoiser, cheminer avec, l’accompagner. La caresser
avec la main comme on caresse un chien près de soi. Un animal dompté me menace
toujours dès que j’ai le dos tourné, un animal apprivoisé est mon ami (la
référence savante : le Petit Prince de St Exupéry).
Nous faisons avec ce
qui est là, si nous nous sentons faible, nous l’acceptons, cela devient notre
force. C’est un paradoxe, un oxymore comme dit Boris, « Un merveilleux
malheur ». Là, je peux vous faire rire avec mon malheur. J’ai donc pris le
pouvoir sur ce malheur, j’en ai fait autre chose, une création originale que
nous partageons dans ce moment de rire ou d’émotion.
Alain Delon maîtrise
parfaitement ses émotions, Alain Delon n’a jamais fait rire personne. Charlie
Chaplin se prend sans cesse les pieds dans le tapis. On s’en souviendra bien
plus longtemps que le premier.
Une autre proposition
d’entrée en scène : « Je me sens vraiment con…. Je ne sais pas
quoi vous dire… ah si !
tiens hier soir …. »
La clef ici : ACCEPTER
MA FAIBLESSE, UTILISER MA SOUFFRANCE
« En régime de
paresse, pour tuer le temps qui nous tue seconde par seconde, il y aura des
spectacles et des représentations théâtrales toujours et toujours… » Lafargue, Le droit à la paresse.
-
relaxation
-
faire face au stress
-
pauses
-
siestes
-
visualisation
Ça pourrait aussi être le
premier point de la méthode
LA CLEF ICI : REVER
Si je reconnais que ma vie a
de la valeur, dans le même mouvement, je vais reconnaître celle de l’autre.
Les clefs ici : LE DON, LE PARTAGE, LA
RENCONTRE, RESEAU
- faire mourir mes
certitudes, mes croyances, changer d’habit comme l’Arlequin
La clef ici : LE POUVOIR DE MOURIR, LE POUVOIR
DE RENAITRE
Et pour boucler la boucle : la dernière
clef : ETRE HUMBLE DEVANT LA VIE