toutes les infos sur la planaire ( PLANARIA ) le premier site complet et en français sur ces vers plats de l'Embranchement des Plathelminthes Axe spécial sur la régénération et sur polycoelis nigra
Table des matières:

Caractéristiques:

-morphologiques
-évolutives
-anatomiques
-locomotives
-reproductives
-régénératrices


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  Introduction sur le travail:

La régénération des organismes est un des sujets biologiques les plus passionnants et les plus intrigants qui soit. Elle a d’ailleurs été remarquée, observée et étudiée il y a 250 ans déjà par Trembley sur des hydres. La régénération désigne tous les processus de réparation au cours desquels un individu retrouve son intégrité (Encyclopaedia Universalis). Elle a notamment lieu chez l’être humain lorsque le derme est arraché et ne protège plus l’organisme ou lorsque des vaisseaux sont éclatés par exemple. Tout un ensemble de processus de reconstruction est alors mis en marche afin de fermer la plaie et de reconstruire le derme initial (lorsque c’est possible) : On parle alors de cicatrisation. La régénération chez l’humain et chez beaucoup d’organismes complexes se limite à cela mais elle peut avoir lieu à une échelle beaucoup plus grande chez les organismes simples (en règle générale, le pouvoir de régénération diminue à mesure qu’on s’élève dans l’échelle biologique). Elle peut alors permettre une reconstruction totale de l’animal à partir d’une toute petite partie subsistante de celui-ci. L’animal qui se prête le mieux à une observation simple et rapide de la régénération est sans aucun doute la planaire. La planaire est un ver plat ayant un corps très simple qui est ainsi très facile à observer, et dont le pouvoir de régénération est très élevé. De plus on la trouve en abondance dans les étangs et autres sources d’eau douce.
L'étude consiste en une présentation des planaires et de leur caractéristiques générales, centrée sur la régénération, processus qui est le thème du travail. La régénération varie entre les espèces de planaires (vitesse, qualité...); dans notre cas c'est la planaire polycoelis nigra qui a été utilisée pour des raisons pratiques (abondance dans notre région). La collecte d'information a duré près de six mois vu la dissemination de celles-ci!!


1.1 Caractéristiques de la Planaire :

1.1.1
Morphologiques :

taille : la taille de la planaire varie entre 0,5 et 3,5 cm suivant l’espèce et le milieu. La taille de la planaire adulte n’est pas fixe : en effet lors de jeûnes prolongés, celle-ci devient minuscule.



















La planaire a une forme générale plutôt ovale et allongée avec une tête plutôt  triangulaire plus ou moins marquée selon les espèces (avec parfois des "petites cornes", les auricules). Le corps est applati dorso-ventralement. On constate une symétrie bilatérale du corps, c'est à dire que l'ont peut distinguer un côté céphalique, un côté caudal, un côté ventral, un côté dorsal et donc qui en découlent: un côté droite et un côté gauche.Ceci marque la différence évolutive avec les radiaires (ex: méduses). (c.f fig. M5)
Deux ou huitante taches oculaires (selon l’espèce) ornent le devant de la tête (2 fig. M2) côté dorsal ainsi que deux petites fentes latérale au niveau céphalique qui sont les fossettes olfactives (1 fig. M2).  La face ventrale contient le pharynx, avec à son extrémité la bouche (3 fig. M2 + fig. M3) et l’appareil génital (4 fig. M2). Elle est  recouverte de petits cils vibratiles qui servent au  déplacement de l’animal et à son alimentation (c.f. chapitre 1.1.2 régime alimentaire).
Note: le corps de la planaire n'est pas métamérisé (segmenté en proglottis).

La couleur du corps varie beaucoup suivant les espèces. La plupart sont brunes-noires (3+4 fig. M4), d’autres sont jaunes
(2 fig. M4) et certaines même transparentes (1 fig. M4), en l'occurence Dendrocoelum lacteum, qui se porte particulièrement bien à l'étude des structures internes.






























Figure M4 : différents exemples de planaires, avec en 1 Dendrocoelum lacteum, en 2 Polycoelis felina, en 3 Gugesia lugubris et en 4 Dugesia gonocephala. Ces illustrations proviennent du guide Vigot des étangs, (1998) par W. Engelhardt

1.1.2
Ecologiques :

milieu :  les planaires vivent dans des milieux très variés : mer, eau douce et même dans le sol (zones saturées en humidité). On les trouve facilement sous les cailloux dans les cours d’eau ou sous les nénuphars. Chaque espèce a des exigences biologiques spécifiques très strictes. Les planaires sont dailleurs utilisées comme indicateurs biologiques en terme de qualité de l’eau, de taux de CO2, d’intensité lumineuse, de température ou de pH.

Régime alimentaire : les planaires sont des carnivores se nourrissant de petits invertébrés qu’elles capturent avec leurs cils et qu’elles consomment après avoir sécrété un mucus digestif qui tue et prédigère les micro-organismes avant leur absorbtion. Elles supportent de très long jeûnes (parfois plusieurs mois). Certaines ont un régime charognard.


1.1.3
Classification et Evolution :


Classification de la planaire

embranchement: Plathelminthes (plat + helminthes = ver)
classe : Turbellariés
ordre : Triclades
genre: Planaria

Les turbellariés se distinguent des autres plathhelminthes par le fait qu’ils sont les seuls à avoir une existence non-parasitaire . Les triclades diffèrent des autres turbellariés principalement par la taille qui est supérieure, mais aussi par la morphologie  qui est plus « plate ».

Evolutives :

Les planaires occupent  une place importante dans l’évolution des organismes. Ils sont en effet les premiers animaux dits        « complexes ». On peut dire qu’ils ont inventé les organes : premier système nerveux centralisé dans la tête, premier appareil excréteur et premier système génital à proprement parler.
Ce n'est pas une coincidence: les planaires sont les premiers  animaux triploblastiques.












Triploblastiques, ( triplo = 3, blaste = embryon) parce que lors de la gastrulation (c.f fig. E1), c'est-à-dire la mise en place des feuillets embryonnaires, un troisième feuillet apparaît, le mésoderme.
Explications:
Lorsqu'un ovule st fécondé, il forme le zygote, ce qu'on appelle communément "l'oeuf". Ce zygote commence à se développer et subit des divisions mitotiques afin de grandir (segmentation). Puis les cellules du zygote s'arrangent en sphère creuse, ainsi seule la paroi de la sphère est constituée de cellules, c'est le stade blastula représenté en 1. sur la fig E1 (coupe), avec en noir les cellules formant la sphère. Il y a à ce moment là un seul feuillet embryonnaire (une seule couche cellulaire); ce stade est donc haploblastique (haplo=1 blaste=embryon). Puis en 2. (tj fig E1), ce derme s'invagine, c'est le début de la gastrulation. Le tout se ressoude (3.), il y a donc un nouveau derme de formé à l'intérieur du derme initial. On peut dès lors distinguer l'endoderme (5.en rouge) et l'éctoderme (en noir), ainsi qu'une nouvelle cavité formée au sein de l'endoderme, qui sera la cavité gastrique une fois le développement terminé (5.). Comme il y a deux feuillets embryonnaires à cet instant, on dit des des animaux ayant cette structure, qu'ls sont diploblastiques. Dans cette catégorie entrent les radiaires et les éponges (plus primitifs que les plathelminthes). L'évolution des planaires sur ces animaux est d'avoir un troisième feuillet embryonnaire (->triploblastique), le mésoderme (7. en vert) qui provient d'une évagination de l'endoderme et qui est coincé entre les autres dermes (6. et 8.). C'est précisemment à partir de ce mésoderme que vont se former les organes, les muscles, le squelette, l'appareil circulatoire, l'appareil excréteur et l'appareil génital (sauf les gamètes). La présence de ce nouveau feuillet est donc un pas gigantesque dans l'évolution (nous sommes nous- même triploblastiques!).
Les planaires et les plathelminthes en général ont donc eut une "explosion démographique" lors de leur apparition, vu leur avantage certain sur les animaux diploblastiques. Néanmoins ils ont aussi ouvert  "les portes de l'évolution" à des animaux encore plus complexes qu'eux, créant un déclin dans la population des plathelminthes au fur et à mesure que ces compétiteurs évolués sont apparus. Pour palier à cette "invasion", les autres plathelminthes que les Turbellariés (soit 85 % des Plathelminthes) ont trouvé une parade: devenir des parasites, chose impossible avant l'apparition de ces compétiteurs!
Le parasitisme est également une nouveauté apparue avec les plathelminthes (mais pas les planaires, qui sont libres); les plathelminthes avaient dailleurs des caractéristiques les préadaptant au mode de vie parasite:

-forme plate particulièrement adaptée pour se cacher dans les cavités internes
-présence d'un tégument pour échapper au système immunitaire de l'hôte
-transformation de l'épiderme sécréteur en crochets (->fixation sur l'hôte)

Les planaires et les plathelminthes en général, souffrent par contre d'un grand désavantage sur les autres animaux triploblastiques: ils ne possèdent pas de coelome, ont dit qu'ils sont "acoelomates". Le coelome est une cavité intérieure formée par écartement interne du mésoderme, le troisième feuillet embryonnaire. Le corps de la planaire est donc "plein" de tissus issus du mésoderme.(c.f fig E2).
Les organes sont donc "compressés" par ces tissus et cela empêche qu'ils subissent une déformation (ou un mouvement), un système circulatoire par exemple, avec un coeur qui bat ne serait de ce fait pas envisageable, le coeur déformerait la surface extérieure de la planaire à chaque battement!
Les eucoelomates (eu- = "vrai" car il existe des pseudocoelomates, mais ceci n'entre pas dans le sujet) ont donc trouvé un moyen de palier à ce frein évolutif: le coelome justement. Une cavité compressible où "flottent " les organes, leur laissant ainsi une marche de manoeuvre (nous sommes donc des coelomates!). (c.f fig E3)


La notion de « tête » apparaît alors avec la planaire puisque pour la première fois il y a concentration du système nerveux et des organes des sens dans la partie antérieure du corps (céphalisation) comme on le constate en vert sur la fig. E4. Les informations perçues dans tout le corps sont retransmises via un réseau nerveux (c.f. chapitre suivant : anatomie) aux ganglions cérébraux qui les traitent. Notons que la nouveauté n'est pas le système nerveux, car il existe déjà chez des organismes inférieurs diploblastiques, le système nerveux étant issus de l'éctoderme et non du mésoderme. Ce qui est nouveau est bien la centralisation du système nerveux, qui est une évolution par rapport au réseau nerveux diffus des animaux plus primitifs.
















Figure E4 : mise en évidence de la centralisation du système nerveux dans la tête chez la planaire (en vert). Source : site de l’Université d’Ottawa

Cette cérébralisation est dûe à la symétrie bilatérale du corps des planaires: (voir fig. M5)









La différenciation des dermes et la forme en coupe du corps des planaires, dûe notamment à l'absence de système respiratoire (c.f. anatomie), induit pour la planaire a une symétrie bilatérale (c.f. fig E5). L'axe de symétrie  (qui suit l'axe de la cavité gastrique sur E5) impose de nouvelles contraintes: la planaires ne peut plus dès lors, comme les radiaires se déplacer dans n'importe quelle direction, dans n'importe quel sens (déplacement passif, rare, voire parfois absent pour les formes sessiles (ex: anémone)), mais doit structurer ses déplacement suivant cet axe: apparition d'un sens de déplacement (pôle d'orientation). Les structures sensorielles se sont dès lors déplacées vers une extrémité de cet axe (ce qui sera "la tête"), afin de percevoir les changements liés au déplacement (lumière, milieu...) le plus tôt possible.
Les cellules nerveuse qui étaient éparpillées en réseau chez les animaux plus primitifs se regroupent vers ces unités sensorielles, on peut dès lors parler de céphalisation (regroupement des structures nerveuses et sensorielles, c.f. fig. A2). Les cellules nerveuses finiront par former des cordons nerveux et même des ganglions cérébraux: c'est le début de la cérébralisation qui accompagne l'apparition des planaires. (voir ch. anatomie)

1.1.4
Anatomiques :

L’organisation des tissus de la planaire est très spécifique, comme vu précédemment. Ceux-ci son séparés en 3 parties différentes (c.f. fig.A4) :

-l’ectoderme qui comprend les tissus externes de la planaire, ceux qui sont en contact avec le milieu entourant l’animal.
-l’endoderme qui est le groupe de tissus le plus à l’intérieur de la planaire formant le système digestif.
-le mésoderme qui se trouve entre l’endoderme et l’ectoderme et qui contient notamment le système nerveux et les organes.

Les planaires bien que plates ont un espace entre leurs deux couches de cellules (mésoderme), ce qui laisse de la place au développement des organes. Il n’y a néanmoins pas de cavité interne qui permettrait l’apparition d’un système respiratoire entre autre. On appelle cette cavité interne « coelome ». (voir ch. évolution)


L’absence de cavité entraîne comme sus-mentionné l’absence de sytème respiratoire par conséquent chaque cellule se doit de trouver l’oxygène par un autre moyen:
la diffusion de l’oxygène directement dans les cellules (on dit que la planaire respire par diffusion). Ceci oblige chaque cellule a être proche du milieu entourant la planaire pour percevoir l’oxygène. On comprend du coup pourquoi la planaire est plate : c’est la configuration qui est  la plus appropriée pour ce moyen respiratoire puisque chaque cellule est proche ou en contact avec le milieu externe. L'épaississement au milieu du corps est possible parce que la cavité digestive met en contact les cellules de cette zone du corps avec le milieu entourant la planaire, (Fig. A0))










Anatomie générale de la planaire :




























Les yeux : en fait les ocelles: elles donnent à la planaire des informations sur l’intensité lumineuse ainsi que sur la provenance de la lumière (pour l’orientation). Mais pas de distinction d'objet.
Comment marchent les ocelles?



















Fig. A2: disposition des ocelles en fonction du système nerveux (pour marquer la céphalisation), les organes des sens se trouvent eux-aussi centralisés dans la zone des ganglions cérébroïdes. (U. Ottawa)

Les deux fentes olfactives : donnent à la planaire des informations chimiques sur le contenu du milieu notamment.
Les planaires n'ont parfois pas de fentes olfactives, mais des auricules (petites "oreilles") qui fournissent les mêmes informations (->chimiques et pas sonores)

Le système digestif : (fig. A1 en orange, A3 en rouge) celui-ci commence avec la bouche, à l’extrémité du pharynx et n’a pas de fin précise, la planaire n’ayant pas d’anus. Le pharynx est musculé et évaginable.  Le réseau digestif est ramifié afin de nourrir toutes les parties du corps (vu qu'il n'y pas de système sanguin). Les aliments superflus ingérés sont éliminés par excrétion via des cellules spécialisées. Les grosses parties sont régurgitées par la bouche. On parle de tube digestif incomplet, avec une bouche-anus (les animaux ayant un intestin en cul de sac = coelentérés).













Le système nerveux : (en vert foncé fig. A1)
Si les planaires ont le titre de « premiers animaux complexes », c’est aussi grâce à l’apparition d’un système nerveux centralisé. Celui-ci est composé d’une double chaîne de ganglions (appelés nerfs ventraux) qui longe tout le corps de la planaire; les cordons sont reliés entre-eux comme une échelle par les commissures (en bleu. fig A4). Chaque partie du corps est reliée à ce grand réseau de nerfs. Les informations provenant de chaque endroit du corps de la planaire sont ainsi transmises aux ganglions cérébraux de la tête où elles sont traitées, la réponse est ensuite retransmise par ce même réseau.
Les animaux ayant un système nerveux ventral comme les planaires sont dits "hyponeuriens"
















Figure A4: on voit clairement en bleu le réseau de nerfs qui relie chaque endroit du corps de la planaire via des ramifications ou commissures (3) aux deux grands nerfs ventraux (2), qui sont en contact direct avec les deux ganglions céphaliques (1) où les informations sont traitées.

L’appareil génital : on distingue sur la figure A1 la présence d’un appareil génital mâle (en bleu) ainsi que d’un appareil génital femelle (en rose). La planaire est donc hermaphrodite.
Détail de l'appareil génital dans le chapitre reproduction-


Les trois schémas suivants montrent une coupe latérale de planaire, telle qu’on pourrait l’observer lors de nos expériences avec un microscope. La figure A5 met en valeur et en couleur les trois différentes structures de tissus chez la planaire, la figure A6 les divers éléments anatomiques visibles. La dernière figure (A7) est une photo réelle d’une coupe latérale d’une planaire.
















1.1.5 L
ocomotives :

La plupart des espèces de planaires vivent dans l’eau, elles se doivent donc de pouvoir se déplacer aussi bien sur le sol (benthique) que dans l’eau. Pour ce faire, la planaire utilise différentes techniques :

-dans l’eau elle pratique une sorte de « nage » : ses cils ventraux font un rapide mouvement de va-et-vient, ce qui crée de faibles courants d’eau (turbella en latin veut dire agitation, les turbellariés sont les animaux qui se déplacent par « agitation » des cils vibratiles)

-en ce qui concerne par contre la locomotion sur une surface solide, le cas qui nous intéresse dans le cadre de notre rapport, la planaire utilise un moyen plus complexe appelé « reptation ». (Note: les ancêtres des Turbellariés étaient benthiques)

La reptation résulte de l’action simultanée de trois facteurs :

-la sécrétion de mucus par une glande se trouvant sur l’épithélium, formant une trainée visqueuse  (à la manière de l’escargot)
-les mouvements ciliaires dans ce même mucus
-la contraction des muscles longitudinaux entraînant un mouvement ondulatoire à la manière du lombric (c.f. fig.L1)











La figure L1 ci-dessus montre les différentes étapes de la reptation chez la planaire. (dessin personnel)

La colonne A montre une vue de la reptation de dessus alors que la colonne B montre une vue latérale de la reptation chez la planaire.
La planaire n’avance donc pas uniformément, c’est d’abord la partie antérieure du corps qui avance (4=>5), puis c’est la partie postérieure qui la rattrape (1=>2)pour former une boule (3), etc…

Il est à noter que la phase 3 de la figure L1 est aussi la position de défense qu’adopte la planaire lorsqu’elle se sent agressée, notamment à la lumière puisque la planaire a un phototropisme négatif, ce qui ne simplifie pas les mesures des tailles des planaires !

La planaire n’a donc pas une taille stable mais une taille variant tout le temps avec des maxima et des minima. Une exception subsiste à cela, qui nous a été très utile lors de nos expériences: c’est lorsque la planaire est retournée, la face dorsale sur le fond de la boîte de Petri. Elle se retourne alors par un mouvement hélicoïdal qui dure plusieurs secondes. Lorsqu’elle est en phase finale de retournement (c.f. fig. L2 final) elle atteint alors sa taille maximale, supérieure même à son extension lors du déplacement. Durant le retournement, la planaire ne se déplace pas et reste un moment allongée, ce qui est propice à la mesure de sa taille.












                                               source: Encyclopaedia Universalis

Notons encore que les déplacements de la planaire sont lents, ceci couplé à l'absence de d'organes de défense active donne un lourd désavantage face aux prédateurs!

1.1.6
Reproductives :

La planaire se reproduit selon deux méthodes :

-la reproduction sexuée :
Les planaires se reproduisent  en automne, alors que la température ambiante baisse. La planaire est hermaphrodite mais ne peut s’autoféconder (fécondation indirecte). Chaque planaire copule et occupe le rôle de mâle et celui de femelle. Ainsi chaque planaire à la fin de l’automne produit 4 à 6 œufs qu’elle dépose dans un cocon jaune-brun, souvent fixé au substrat par un petit pédoncule. Les larves sortent ensuite au printemps, alors que les conditions sont moins hostiles.
























Détail du système génital de la planaire:




















-la régénération : 

Si une partie d’une planaire est séparée du reste du corps, elle recréera dans son intégralité l’autre partie manquante. Qu’importe la taille de la partie arrachée ou le nombre de découpes effectuées dans la planaire : chaque partie se régénérera car chaque cellule contient la trace génétique du reste du corps et possède « les outils » pour la régénération (on y reviendra plus tard).  Seule une découpe à la hauteur du pharynx inhibe le processus de régénération pour la partie caudale.
Chaque partie régénérée forme alors un clone de la planaire initiale, le code génétique étant le même. Quelques réflexions s'imposent dès lors: la notion d'individu pour commencer: en coupant une planaire en deux, chaque partie se régénère. Elles reconstituent chacunes la partie manquante de l'individu, mais à l'arrivée on en a deux! Laquelle est le "vrai" individu? On peut dès lors dire que les planaires son immortelles puisque par régénérations successives, un individu peut traverser le temps! On parle en fait plutôt de potentiel d'immortalité puisque ce n'est pas réellement un individu qui perdure mais une lignée génomique qui se maintient.

La taille de l’individu régénéré peut varier (elle peut diminuer mais pas augmenter par rapport à la planaire initiale) :

Prenons le cas suivant: on découpe dans la planaire initiale (fig.R2) une partie qui est moins
large et moins longue que les dimensions initiales. Autrement dit une partie dont toutes les
dimensions sont inférieures aux valeurs de la planaire originale. Cette nouvelle petite partie
sera plus petite une fois régénérée puisque ses dimensions avant la régénération étaient plus
petites. Par ce procédé on peut obtenir expérimentalement des planaires jusqu’à 1000x plus petites !
(M. Sire: l’aquarium: ses renseignements, N.Boubée 1973)











Figure R2 : la planaire initiale est la plus grande, marquée par un 1 rouge, la  planaire finale obtenue est la petite planaire  plus foncée marquée par un 2 rouge, le rond en traitillés contenant la flèche représente la partie prélevée dans la planaire 1 donnant après régénération la planaire 2.

Les axes de symétrie de l’individu souche sont conservés chez le nouvel individu.

L’orientation de la planaire reste malgré tout conservée : à la place de la tête s’est régénérée une tête et à la place de la queue s’est régénérée une queue ; il y a donc une polarisation qui permet à chaque cellule de  «connaître » son orientation dans la planaire. Nous avons d’ailleurs pu l’observer expérimentalement lors de la coupe en 2 parties des planaires : la partie caudale une fois isolée garde son orientation lors de ses déplacements (elle avance encore du côté céphalique). Ce phénomène marque donc la polarisation du corps de la planaire.

Le mécanisme de régénération est très complexe et reste encore controversé. Nous nous limiterons à la version la plus courante, retrouvées dans la plupart des ouvrages :
(Lab. Sanchez, Précis de Zoologie tome1, Universalis….)
Le corps de la planaire contient des cellules non-différenciées appelées néoblastes (ou cellules souches). Les néoblastes peuvent donc se transformer en n’importe quelles cellules du corps. Ces cellules sont fusiformes et basophiles, elles se trouvent à l’état normal dans le mésoderme, entre l’épiderme et les tissus musculaires (1 fig. R4). Elles sont  « activées » par un processus chimique complexe. Lors de la régénération, elles migrent vers la plaie ouverte où va avoir lieu le processus de régénération (0 fig. R3). La plaie est d’abord fermée, sorte de cicatrisation qui permet la création d’un épiderme temporaire (1+2 fig. R3.)  Sous ce nouvel épiderme vont s’accumuler les néoblastes (2 fig. R4) qui vont rapidement se diviser et proliférer jusqu’à atteindre la taille initiale de la planaire(3+4+5 fig. R3).  Suit alors la formation des organes manquants (par différentiation spécifique des néoblastes) qui a lieu dans la phase finale de la régénération, alors que la planaire a presque retrouvé sa taille initiale (6 fig. R3). Les ganglions céphaliques sont les premiers éléments à être différenciés et donc reformés lors de la régénération.


















Le pouvoir de régénération est la facilité qu’a un organisme à se régénérer. Plus celui-ci est élevé plus l’organisme en question se régénère rapidement. Chez un même individu, le pouvoir de régénération peut varier selon l’endroit de la coupe. On parle dans ce cas de gradient de régénération : chez la planaire, plus on se rapproche de la tête, plus le gradient de régénération est élevé donc plus la régénération est rapide (fig. R5).


























Les traits rouges montrent la localisation des différentes sections effectuées (fig. R5 en bas source : the planarian home page) puis le temps de régénération en jours (fig. R5 day = D) marqué par un point noir (fig. R5 en haut). On constate que plus la coupe est effectuée près de la tête, plus le pouvoir de régénération est haut. Le gradient de régénération est donc à son maximum du côté antérieur de planaire puis décroît pour arriver à son minimum à l’extrémité postérieure de la planaire ( fig. R6)










Fig.R6 : gradient de régénération chez Dendrocoelum lacteum en fonction de la zone. En noir le gradient le plus élevé (tête), en blanc le gradient le plus faible (queue).


Ce gradient influencera les expériences sur la régénération. La durée moyenne de régénération d'une planaire (sans plus d'informations) est d'environ un mois selon Universalis. De 20 à 45 jours selon la coupe dans nos expériences.


Coupe selon nos expériences:

-coupe latérale unique au dessus du pharynx
(la plus facile à effectuer)

















2 exemples de régénération en photo obtenus lors de nos expériences avec des photographies en macro:

-régénération d'une partie céphalique (haut gradient)
-régénération d'une partie caudale (bas gradient)


 
série 1:




















série n°2: (partie caudale)




















Ce que l'on peu tirer de ces clichés
:

Certes le nombre de planaires qui vous est présenté ici est très restreint (2!) et ne peut de ce fait être considéré comme représentatif de l'espèce, mais ces photos vont dans le sens de nos expériences qui se sont déroulées à plus large échelle (limitée tout de même) et dans celui de la théorie.

C'est à dire que :

-
il y a polarisation du corps de la planaire: chaque cellule "sait" où elle se situe par rapport au corps de la planaire, ceci est observable par le fait qu' à la place d'une tête coupée, se régénère bien une tête, mais à partir des cellule de la queue. Egalement lors de leur déplacements, où les segments coupés conservent une direction " céphalique"

-on peut constater la présence de
gradient de régénération, le pouvoir de régénération est fonction de l'endroit de la coupe, une coupe suivie de l'étude dans la partie caudale (~40 jours de régénération série 2) et dans partie céphalique (~22 jours, série 1) nous indique que le gradient (de régénération) est plus élevé dans la tête que dans la queue (c'est aussi ce que dit la théorie).

Ainsi plus la coupe est du côté céphalique, plus rapide et efficace est la régénération.

Il est à noter que dans nos expériences, pour une même coupe (donc une planaire coupée en deux morceaux que l'on étudie), la partie caudale met toujours plus de temps que la partie céphalique pour se régénérer et ce malgré le fait que le gradient (spécifique à la zone de coupe) soit le même pour la partie céphalique que pour la partie caudale. Nous n'avons pas trouvés d'informations sur ce sujet.
photo de planaire tiré de Britannica.com

Bibliographie
: (incomplète, la complète viendra)

Daynes A. et Lacroix J. (1974) les cours d’eau, coll. Etudie ton milieu Mc Graw Hill
Grassé P.P, Poisson R.A. et Tuzet O. (1970) Précis de zoologie, (tome1) Invertebrés, Masson
Sire M. (1973)  L’aquarium:  ses renseignements, N.Boubée
De Beauchamp, P.(1936) Turbellaries et Bryozoaires. Mis. Sci.
Bronsted H.V (1942) Further experiments on regeneration problems in planarians
Engelhardt W. (1998) Guide vigot de la vie dans les étangs

env. 50 sites internet prochainement accessibles.
Les planaires et leur capacité de régénération.
A. Chevalier
fig. M1
polycoelis nigra, avec ses 80 yeux disposés en périphérie du côté céphalique.
fig. M2
fig. M3
fig. M4
fig. A1
fig. A5
fig. A6
fig. A4
fig. L1
fig. L2
fig. R2
Fig R3: Etapes de la régénération d'une "tête" de planaire en images, jour après jour
fig. R4
Si la suite vous intéresse, donc la phase expérimentale (sans garantie mais richement illustrée en photos et graphiques) , ou si vous désirez des infos, des images de bonne qualité ou carrément le rapport complet, envoyez moi un mail!

litelet@caramail.com
mis à jour en Juin 2002
Jour 3 après la coupe:
la fente sur la partie caudale de l'animal est la plaie, qui est encore ouverte
Jour 8 la phase de "cicatrisation" de la plaie a commencé et la plaie se referme.
Jour 15 la plaie a cicatrisé, la régénération a déjà commencé, elle est particulièrement bien visible ici puisque la zone régénérée est translucide (plus claire sur la photo)
Jour 18 la planaire est déjà presque totalement régénérée, sa partie régénérée reste claire  ce qui indique que les processus interne de régénération (des organes notamment) ne sont pas terminés
Jour 22 la planaire a atteint son stade final de régénération, avec une taille et une morphologie standards et une "repigmentation" de son corps, qui indique la fin du processus interne
Jour 2 après la découpe, la partie caudale forme une boule repliée difficilement observable (et mesurable).
Jour 10 premiers mouvements observables à la binoculaire, la plaie s'est bien refermée mais la régénération n'est pas encore observable.
Jour 15 on voit nettement le début de régénération de la partie céphalique (en clair à gauche), premiers déplacements orientés dans le sens céphalique-> polarisation.
Jour 22 très belle photo, celle où la régénération est la plus visible: la tête régénérée translucide retrouve gentilment sa taille initiale et sa morphologie triangulaire.
Jour 40 cette photo est assez mauvaise puisque la planaire est en train de se déplacer sur les bords de la boîte de pétri, néanmoins elle a retrouvé sa taille initiale et sa pigmentation.
Il semblerait que l'impression du document pose quelques problème, si vous désirez une VERSION IMPRIMABLE au format word, sélectionnez le lien ci dessous avec le bouton droite de la souris puis choisissez dans le menu apparaissant "enregistrer la cible sous". Désignez ensuite le dossier ou sera téléchargé le document puis cliquez OK. Cette version a des images de qualité et en plus grand nombre par rapport à la version htm.
(essayez de limiter les téléchargements car au delà d'un certain nombre de téléchargements (limités!), le site sera fermé pour une période d'un mois par yahoo).
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fig. E2
fig. E3
Coelome
fig. E4
Fig. A1:
en rose: appareil génital femelle
en bleu: appareil génital mâle
(->hermaphrodisme)
en vert: système nerveux
en orange: système digestif
fig. A2
fig. A3

source U. Ottawa
fig. A7
fig. R1
Fig. R1 : scène de printemps, alors que l'eau est plus chaude et la nourriture abondante.
fig. R5
fig. R6
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vous l'avez sûrement constaté: beaucoup d'illustrations viennent de l'Université d'Ottawa qui met gratuitement à la disposition du public (des étudiants en fait) un site très complet sur la zoologie systématique. Ce n'est donc pas une page spécifique aux planaires en l'occurence, mais à l'Embranchement des Plathelminthes, richement illustré. Cliquezsur le lien pour y accéder.

Lien à:   
Site de  Zoologie de l'Université d'Ottawa (en français)
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fig. M5
Fig. M5: symétrie bilatérale chez la planaire.
(si vous distinguez la planaire en 3D). Une seule coupe longitudinale par le centre du corps est possible pour obtenir deux moitiés identiques. Cette morphologie est à la base de la cérébralisation. (voir le ch. Evolution)
photo de la partie centrale d'une planaire avec au centre en plus clair le pharynx
fig. E1
fig. E1: la gastrulation
fig. E5
Fig. A0: Les traits rouges montrent les distance maximales entre les cellules et le milieu. On remarque ainsi comme la forma plate est la plus appropriée, elle augmente le rapport Surface/Volume à son maximum
La page commence à être un peu longue à charger avec toutes ces illustrations...
J'essaierai de fractionner bientôt!!
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