Voici donc qui je suis
du point de vue théologique
Dans un âge comme aujourd'hui il est difficile de se décrire sans utiliser certaines étiquettes. Je réalise qu'elles sont habituellement inadéquates et laisse souvent à désirer. Par contre, elles ont leurs utilités. C'est pour cette raison que j'ai décidé de choisir certaines de ces étiquettes pour me décrire. Il est clair, cependant qu'elles ne suffisent pas. C'est pour cette raison que la pluspart des étiquettes utilisées dans ce texte sont "cliquables" et vous amène à une brève explication.
Premièrement je suis chrétien. Je le suis par choix. C'est le chemin que j'ai choisi de parcourir. Je crois que le christianisme, tel qu'il est décrit dans la Bible, offre la meilleure explication pour l'existence de notre univers. Cependant, le terme chrétien est un terme qui es devenu très ambigu. Je devrais donc le décrire plus précisément. Si vous voulez en savoir plus sur ce qu'est d'être chrétien, vous pouvez cliquez sur le mot «chrétien», qui vous mènera à une page explicative.
Certains diraient que je suis un évangélique «fondamentaliste». Bien que ce terme soit également très ambigu et qu'il soit souvent considéré comme un synonyme de radicalisme, je suis particulièrement fier de cette étiquette. Loin d'être une insulte il s'agit pour moi d'un très beau compliment. D'ailleurs, si l'on regarde la manière avec laquelle j'approche mon étude de la Bible je suis littéraliste.
Si on me demande ce que je crois sur les évènements de la fin, je pourrais me décrire comme :
Prémillénariste
Prétribulationiste
Dispensationaliste
Par contre, si l'on considère ce que je crois sur le salut, certains penserait que je sui calviniste alors que d'autres me diraient arminiens. Pourtant ce sont là deux positions adverse.
Pour faciliter les choses, disons que sur la question du salut je suis sécuritiste, alors que sur la question de l'élection, je peux difficilement être catégorisé. Mais théologiquement je pourrais être décrit comme un infralapsarien.
Pour aller à la fin du document.
Le fondamentalisme
Contrairement à ce que plusieurs pensent, ce terme dénote premièrement un mouvement théologique formé, au début du XXesiècle, dans le but de décrire, enseigner et défendre les fondements de la foi chrétiennne. Ce mouvement s'est développé en réponse à un courant théologique applelé modernisme. Ce mouvement visait donc à maintenir les vérités essentielles du message chrétien et en particulier celles qui sont communes aux différentes branches issues de la réforme.
Le fondamentalisme trouva son forum littéraire (ainsi que son nom) dans la publication, entre 1910 et 1915, d'une oeuvre intitulée «The Fundamentals : A Testimony to the Truth». Ce texte, en douze volumes, était envoyé gratuitement aux pasteurs, missionnaires, et autres ouvriés chrétiens. Pendant cette période, trois millions de volumes furent distribués!!!
Les auteurs visaient à mettre par écrit ces vérités essentiels à l'orthodoxie protestante. Le Fondamentalisme prit de l'essor en tant que mouvement à la suite d'une conférence intitulée «World Conference in Christian Fondamentals qui se tint à Philadelphie en mai 1919 où 6000 personnes se rassemblèrent.»
L'organisation demandait à ses membres d'adhérer aux neuf points suivants :
1. L'inspiration et l'inérance de la Bible;
2. La Trinité;
3. La déité et la naissance virginale de Christ;
4. La création et la chute de l'homme;
5. L'expiation en tant que substitution;
6. La résurrection corporelle et l'ascension de Christ;
7. La régénération du croyant;
8. Le retour imminent et personnel de Christ;
9. La résurrection de tous les hommes et leur assignation à une félicité éternelle ou à un tourment éternel.
M'attachant donc à ces neuf points de doctrine, je me considère donc comme un fondamentaliste.
Le prémillénarisme
Croyant au retour imminent et personnel de Christ, il me faut définir ce que je veux dire par le terme prémillénariste. Ce terme est dérivé du mot millénium. L'enseignement biblique concernant le millénium se trouve en Apocalypse 20:1-10 :
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main.
Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans.
Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps.
Et je vis des trônes; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.
Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection.
Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.
Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison.
Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer.
Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora.
Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.
Ainsi, le terme millénium désigne cette période de 1000 ans qui est mentionnée six fois dans ces dix versets. Je dois avouer que le débat concernant ce passage en est un qui perdure de longue date. Les différentes interprétations de ce passage se divisent généralement en deux.
Premièrement par la relation du retour de Christ avec cette période de 1000 ans et parfois quant à la signification du millénium lui-même. En ce qui concerne la relation du retour de Christ avec la période de mil ans, Il existe deux positions différentes. Il y a ceux qui, comme moi, croit que Christ reviendra avant cette période de 1000 ans - d'où le terme Prémillénariste. Puis, il y a ceux qui croient que le retour de Christ se fera après le millénium - ceux-ci sont généralement appelé Postmillénaristes.
Les prémillénariste croient généralement, comme je le crois d'ailleurs, que cette période de 1000 ans sera une période de restoration pour la nation d'Israël.
Les Postmillénaristes croient parfois que le millénium sera une période de temps pendant laquelle l'église dominera sur le monde.
Une troisième école de pensée est appelée Amillénariste, puisqu'elle ne croit pas qu'il y ait un millénium ou qu'il soit associé au retour de Christ.
Le prétribulationisme
Le prétribulationisme est l'une des trois écoles de pensée sur l'enlèvement de l'Église. Selon ces trois écoles de pensée, il viendra sur la terre une période de bouleversement très intense que la Bible appèle La Grande Tribulation. Cette période durera sept ans.
Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles. - 1 Thessaloniciens 4:17
Pour le prétribulationnisme, cet enlèvement de l'Église aura lieu avant la Grande Tribulation. Une seconde école, les Mid-Tribulationnistes, l'enlèvement aura lieu au milieu de la période de sept ans. Alors qu'une troisième école enseigne que cet enlèvement aura lieu après cette période de tribulation - ce sont les post-tribulationnistes.
Personnellement, je crois que les écritures milites en faveur d'un enlèvement qui précèdera la période de Grande Tribulation. Cependant, je ne crois pas que cette dernière suivra immédiatement l'enlèvement, mais qu'elle le précède d'une période de temps y, qui nous es totalement inconnue.
Ainsi, comme nous le représente le graphique suivant, l'enlèvement aura lieu d'ici un temps x, soit : 2003 + x. Puis il s'écoulera un temps y avant le début de la Grande Tribulation.
Bien que je ne prendrais pas le temps de l'expliquer maintenant, ce n'est pas l'enlèvement qui marque le début de la grande tribulation, mais bien la signature d'une alliance entre l'antéchrist et le peuple d'Israël. Pour revenir à notre graphique, la signature de cette alliance aura donc lieu en S et le retour de Christ en R.
Le dispensationalisme
Je suis également dispensationaliste. Premièrement, il faut dire que les dispensations, sont en quelque sorte, le déploiement du royaume de Dieu dans l'histoire humaine.
Il n'est pas du ressort de cette brève section de démontrer le fondement biblique du dispensationalisme je me bornerai donc à en offrir une bonne définition de base. Une dispensation est une administration particulière que l'on peut distinguer dans le déploiement du dessein de Dieu dans l'histoire.
Il existe trois caractéristiques qui nous permettent de distinguer une économie d'une autre dans le plan de Dieu :
Un changement dans la relation gouvernementale de Dieu avec l'être humain ;
Un changement de responsabilité de la part de l'homme ;
Une révélation additionnelle de la part de Dieu.
Il existe également trois aspects, sans lesquels le dispensationalisme n'existerait pas :
Le dispensationalisme fait une distinction fondamentale entre Israël et l'Église. Ceci est, en fait, le test théologique le plus simple pour déterminer si un homme est un dispensationaliste ou non.
Le dispensationalisme fait ressortir cette distinction entre Israël et l'Église par un système conséquent d'interprétation littérale.
Le dispensationalisme croit que le but premier de Dieu dans le monde est doxologique et non sotériologique. C'est à dire que le but fondamental de Dieu dans l'histoire est de se glorifier. Le fait que Dieu sauve est un moyen par lequel il se glorifie, mais le salut n'est pas Son objectif premier.
Combien de dispensations ?
La plupart des dispensationalistes s'accorde pour dire qu'il y a sept dispensations. Ce nombre peut varier, et les sept peuvent ne pas être les même sept. Cependant en considérant la définition donnée ci-haut, il est relativement facile d'en déduire le nombre de dispensation.
Trois sont rapidement découverte. La Bible nous parle du millenium, en voilà une qui est certainement une économie que l'on peut facilement distinguer dans le déploiement du plan de Dieu. Il y a l'âge actuel, qui se distingue facilement de l'âge précédent de la Loi, ce qui nous en donne trois. Si l'on considère que la Loi ne fut donnée qu'en Exode 20, et que l'homme à été créé parfait pour ensuite chuté en Genèse 3:6, le nombre d'économie qui se distingue s'élève à cinq : 1- l'avant-chute; 2- l'après-chute; 3- la loi; 4- l'âge actuel; 5- le millenium.
Si nous nous attardons au temps de l'après-chute, nous voyons qu'avant Abraham, l'administration de Dieu s'adresse à l'ensemble de l'humanité, alors qu'après, il se limite à une nation. En ce qui concerne le temps de l'après-chute jusqu'au temps d'Abraham, il semble que le déluge fait une démarcation dans la manière que Dieu traite l'homme avant et après le déluge. Nous arrivons donc à sept dispensations :
1- L'avant chute, habituellement appelé innocence, parceque l'homme n'avait pas encore péché;
2- L'après chute, appelé conscience à cause de Romains 2:15;
3- L'après déluge, appelé le gouvernement humain puisque Dieu donne à l'homme de gouverner l'homme;
4- L'économie des patriarches, aussi appelé dispensation de la promesse, à cause de l'alliance Abrahamique
5- La loi
6- L'âge actuel, aussi appelé la Grâce, puisque Dieu révèle sa grâce d'une façon particulière (quoique non exclusive à cet âge) dans l'économie actuelle
7- Le millenium
La sécurité du croyant
Lorsque l'on considère le thème de la sécurité du croyant, on se rend rapidement compte que trop de spéculations humaines y entrent quand on en discute. Et comme toute autre doctrine biblique, elle n'est pas une question de spéculations mais de révélations. Il faut donc revenir à ce que dit Paul en Galates 4:30a : «...Mais, que dit l'Écriture».
Dieu en Galates 3:20b est un seul, de plus il est immuable et ne change donc pas (Ex 3:14; No 23:19-20; Ma 3:6; Ro 3:4; Hé 13:8; Ja 1:17). Conformément à sa nature, la révélation de Dieu esl elle aussi unique. Ainsi, la Bible ne peut enseigner deux doctrines contradictoires, elle ne peut enseigner que le chrétien est éternellement en sécurité et que le chrétien peut perdre son salut. Une seule doit être vraie.
En approchant cette doctrine, on ne peut que s'apercevoir de la tendance à prendre soit le parti appelé calviniste (ceux qui disent qu'un chrétien ne peut pas perdre son salut) ou encore le parti des Arminiens (ceux qui disent que l'on peut le perdre), mais il y a un grand danger en l'étudiant de cette manière: c'est de s'irriter contre l'erreur (Ps 37:1-8; Pr 24:19,20), de faire une réaction qui nous ferais retomber dans la spéculation. Mais que dit l'Écriture (Ga 4:30a) afin de savoir dire les choses qui sont conforme à la saine doctrine (Ti 2:1)?
En fait, comme le lecteur verra dans la prochaine section, je ne suis ni calviniste, ni arminien et pourtant je crois à la sécurité éternelle.
Avant d'aller plus loin, il est important que le lecteur sache exactement de quoi nous parlons. Que voulons nous dire, lorsque nous employons le terme: sécurité éternelle.
La doctrine de la sécurité éternelle, pourrait se définir comme suit:
Toute personne, qui a réellement cru en Jésus Christ et qui a été sauvé, ira au ciel à sa mort. Cette personne ira aux ciel, peut importe le nombre d'oeuvres qu'elle à faites ou qu'elle n'a pas faites. Rien ne pourra la séparé de Dieu, que ce soit les péchés ou l'infidelité, ni même l'incrédulité. Rien ni personne (que ce soit le chrétien lui-même) ne pourra la séparé de Dieu.
Certains lecteurs, auront peut-être entendu l'expression `La Persévérance des Saints'. Cette expressions est tiré de plusieurs confessions de foi protestante comme celle de Westminster qui dit :
Ceux que Dieu a accepté dans son bien-aimé, efficacement appelé et sanctifié par son Esprit, peuvent ni totallement, ni finallement déchoire de l'état de grace; mais y perséverons certainements jusqu'a la fin, et être sauvé éternellement.
En effet, il y en a plusieurs, parmi ceux qui croient qu'un chrétien ne peut pas perdre son salut, qui préfèrent voir l'expression "Persévérance des Saints" être utilisé plutôt que le terme "Sécurité Éternelle". Et Beaucoup détestent l'expression "Une fois sauvé toujours sauvé" (bien qu'affirmant la vérité de celle-ci). Ce que ces gens veulent préserver, c'est l'idée de la "Persévérance" des "Saints" jusqu'à la fin et ils ne veulent pas mettre l'emphase sur l'aspect inconditionnel du salut de tout ceux qui disent être sauvé.
Bien que leurs intentions soient certainement très bonnes, il faut souligné que personne ne s'oppose au fait que les saints qui persévèrent seront sauvés : le problème concerne précisément ceux qui ne persévèrent pas.
J'affirme donc que :
Ceux que Dieu a acceptés en son Bien-Aimé, qu'il a efficacement appelés et sanctifiés par son Esprit, ne peuvent compromettre le salut qu'ils ont gratuitement reçus au point de perdre la vie éternelle .
Cette sécurité dépend non pas de la persévérance du croyant, mais de l'immutabilité de la résolution de Dieu qui intervint par un serment afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, le croyant puisse trouver un puissant encouragement, lui dont le seul refuge a été de saisir l'espérance qui était proposée . Cette promesse repose sur l'amour du Père, de l'efficacité de l'oeuvre de la croix , de l'intercession du Fils, de la permanence de l'Esprit et de l'incorruptibilité de la semence de Dieu : bref, de tout ce qui résulte du caractère certain et infaillible de ce que Dieu a fait.
Néanmoins, à cause des tentations de Satan, et du monde, de la prédominance de ce qui reste en eux de corruption, et de leur négligence des moyens de sauvegarde, les saints peuvent tomber dans de grave péchés et y demeurer un certain temps; ils provoquent de la sorte le déplaisir de Dieu et attristent son Saint-Esprit; ils en viennent a se priver, en quelque mesure, de leurs grâces et de leurs soutiens; ils ont le coeur endurci et la conscience meurtrie; ils blessent et scandalisent les autres, appellent sur eux-mêmes des jugements temporels, et compromettent leurs récompenses éternels.
L'élection
Depuis la publication en 1610 des cinq remontrances et la réponse en 1619 du synode de Dodrecht, le débat entre Arminiens et Calvinistes n'a fait qu'augmenter en intensité. Depuis lors, nombre de débats, de calomnie de parts et autres et d'écrits de toutes sortes ont vu le jour et ont servi à mettre, non pas plus de lumière, mais bien plus de confusion sur tout le sujet de la prédestination de l'homme.
Pour les uns, les arminiens, Dieu par un décret éternel et immuable en Jésus Christ son fils, avant la fondation du monde, a déterminé de sauver, en dehors de la race déchue et pécheresse des hommes, de sauver en Christ, pour Christ et par Christ, ceux qui par la grâce du Saint-Esprit, croiraient à Son fils Jésus; laissant les incorrigibles et non croyants dans le péché et sous la colère, et les condamner comme aliéné de Christ, d'après la parole de l'évangile dans Jean 3:36 : "Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui", et d'après d'autres passages des Écritures aussi.
Pour les autres, les calvinistes, l'élection est le décret immuable de Dieu, par lequel, avant la fondation du monde, il a, par pure grâce, d'après le souverain bon plaisir de sa volonté, choisi, de toute la race humaine, qui était déchu par sa propre faute de son état premier de rectitude, dans le péché et la destruction, un certain nombre de personnes pour la rédemption en Christ, lequel de toute éternité fut appointé médiateur et tête des élus, et la fondation du salut. D'après ce décret, il assouplit le cœur des élus, quel qu'en soit l'obstination et les inclines à croire. Alors qu'il laisse les non élus dans son juste jugement dans leur méchanceté.
Plusieurs arguments ont été avancés pour les deux points de vue, et lorsque bien compris, les deux systèmes offrent une certaine cohérence interne.
Pour résumer, je dirais qu'il existe trois positions principales sur l'élection : La première, celle que Jean Calvin décrit dans son Institution Chrétienne dit ceci :
Et nous appelons prédestination le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu'il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, et les autres à l'éternelle damnation. Selon la fin pour laquelle est créé l'homme, nous disons qu'il est prédestiné à la mort ou à la vie.
Nous disons donc, comme l'Écriture le montre évidemment, que Dieu a une fois décrété par son conseil éternel et immuable, lesquels il voulait sauver et qui il voulait vouer à la perdition. Nous disons que ce conseil, quant aux élus, est fondé sur sa miséricorde sans aucun regard de dignité humaine; au contraire, que l'entrée de la vie est forclose à tous ceux qu'il veut livrer à la damnation : et que cela se fait par son jugement occulte et incompréhensible, bien qu'il soit juste et équitable. Davantage, nous enseignons que la vocation des élus est comme une montre et un témoignage de leur élection. Pareillement, que leur justification en est une autre marque et enseigne, jusqu'à ce qu'ils viennent en la gloire en laquelle gît l'accomplissement de cette élection. Or comme le Seigneur marque ceux qu'il a élus en les appelant, en les justifiant, aussi au contraire, en privant les réprouvés de la connaissance de sa parole ou de la sanctification de l'esprit, il démontre par tel signe quelle sera leur fin, et quel jugement leur est préparé.
Selon Calvin, Dieu veut vouer certains à la vie éternelle, et d'autre à la damnation éternelle. En fait, même Calvin affirme que le concept lequel l'élection des uns n'implique pas la réprobation des autres est "[...] trop sot et puéril, vu que l'élection n'existerait point, si elle n'était mise à l'opposé de la réprobation. " Un peu plus loin sans son Institution, il dira que Dieu rejette les réprouvés "non pour une autre cause, sinon qu'il veut les exclure de l'héritage qu'il a prédestiné à ses enfants. "
Laissons maintenant Calvin décrire et commenter la seconde position :
Certains recourent ici à la différence entre volonté et permission, disant que les iniques périssent, Dieu le permettant, mais non pas le voulant. Mais pourquoi dirons-nous qu'il le permet, sinon parce qu'il le veut? Car cela n'est point de soi vraisemblable, que c'est pas la seule permission, et non par l'ordonnance de Dieu, que l'homme s'est acquis la damnation, comme si Dieu n'avait point ordonné de quelle condition il voulait que fût la principale et la plus noble de ses créatures.
Pour Calvin, Adam était prédestiné à pécher :
Les adversaires allèguent qu'on ne trouvera point ceci exprimé mot à mot, que Dieu eût déterminé qu'Adam dût trébucher en une ruine mortelle [...] Ils disent qu'Adam a été créé avec son franc arbitre pour se donner telle fortune qu'il voudrait, et que Dieu n'avait rien déterminé de lui, sinon de le traiter selon ses mérites. Si une si froide invention est reçue, où sera la puissance infinie de Dieu, par laquelle il dispose toutes choses selon son conseil secret, qui ne dépend point d'ailleurs?
Ainsi, selon Calvin, l'élection des élus célèbre la gloire de sa grâce alors que la réprobation illustre sa gloire dans la damnation .
Je viens donc de décrire, par les paroles même de Jean Calvin, deux positions sur l'élection. Il est interessant de noter qu'aujourd'hui, la première, celle de Jean Calvin lui-même, est appelée Hyper-Calvinisme alors que la seconde (celle que Calvin trouve sotte et puérile) est souvent appelé simplement calvinisme.
La troisième position dit que Dieu a, dans sa prescience, vu qui croiraient en lui et les a élus. Cette troisième position est attribuée aux arminiens.
Voici une série d'illustration, qui nous permettra de mieux comprendre les différents points de vue sur l'élection. L'illustration originale vient de Norman Geisler, je l'ai modifié pour mieux l'adapter à la réalité des trois positions sur l'élection :
Un père avait cinq fils, à la naissance du dernier, il décida que seulement deux de ses fils recevraient son héritage. Pour accomplir son dessein, il acheta une grande terre, sur laquelle passait une rivière tumultueuse - Il l'avait choisi, parce que cette rivière comportait une piscine naturelle qui paraissait calme à la surface, mais qui était très dangereuse à cause des sous-courants qui amenait à sa perte tout nageur qui osait s'y aventurer - le piège était parfait. Il dit aux cinq garçons que le jour où ceux ci s'y baigneraient ils mourraient. Il dit aussi à ses fils qu'il avait préparé une manière de les sauver en fabriquant une grande houlette pour les y en sortir. Un jour où la chaleur était particulièrement torride, ce que le père avait prévu, arriva : Les cinq garçons voyant les poissons nager sans danger décidèrent qu'eux aussi pouvaient s'y aventurer sans danger. Pris par le courant, les cinq garçons étaient sur le point de se noyer quant le père arriva et sortit à l'aide de sa houlette deux des garçons - le second et le dernier. Il pris alors sa carabine et logea une balle dans la tête des trois autres garçons. Les deux garçons regardèrent la scène, horrifiés, mais leur père dit que c'était juste puisqu'il leur avaient dit que le jour où il se baigneraient, ils mourraient. Pour eux, ils devaient être reconnaissants puisqu'il leur avait fait la grâce de les sauver.
Dans la seconde illustration, le père avertit les fils de la conséquence d'une baignade dans la piscine naturelle, les y découvrent et décide de ne sauver que deux des cinq frères en laissant les trois autres se noyer, sans intervenir pour les y en sauver.
Dans la troisième illustration, lorsque le père vient pour sauver les cinq fils, deux d'entre eux seulement tendent la main pour saisir la houlette alors que les trois autres finissent par se noyer.
Je dois avouer que plusieurs me dirait arminien. Mais je ne le suis pas. En fait je crois personnellement que le Seul élu de Dieu est Jésus-Christ son Fils bien aimé. Et, comme l'église est le corps de Christ, l'Église est elle même élue. Finalement, puisqu'en tant que croyant, nous sommes baptisés dans le corps de Christ - dans l'Église - nous participons donc à l'élection de Christ et sommes donc par le fait même élu.
Pour terminer cette brève section de l'élection, je désire simplement citer les paroles de l'apôtre Paul dans l'épitre aux Ephésiens :
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ! en lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption (voir Ro 9:4) par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté (Éphésiens 1:3-5).
Interprétation littérale de la Bible
La question de méthode est l'une des questions les plus importantes en théologie. C'est ainsi que je me défini comme littéraliste. L'approche littérale des écritures, souvent appelé méthode historico-grammaticale, s'efforce de déterminer la signification exacte qu'avait chaque mot lors d'une utilisation normale et ordinaire qu'il soit employé dans des écrits, en parole ou en pensée. Elle est appelée méthode historico-grammaticale pour mettre l'emphase sur le fait que la signification du terme est déterminée par des considérations historiques et grammaticales. Notons que l'interprète qui emploie cette méthode, ne nie pas l'existence de figures de style, mais qu'il les affirmes en insistant qu'elles doivent être interpréter de façon à préserver la vérité littérale visée par leurs utilisations.
Le sens normal
L'objectif ultime d'une interprétation historique et grammatical est de déterminer l'usus loquendi, c'est à dire le sens normal et courant de l'époque où il fut exprimé. En particulier, l'usus loquendi dénote le sens voulu par l'auteur.
Hors, l'exégète, s'il veut rester fidèl au texte, doit s'efforcer de savoir non seulement ce qu'a voulu dire l'auteur mais il doit premièrement trouver ce que ce dernier a dit. En d'autre terme, l'observation doit précéder l'interprétation.
Fondamentalement, il faut établir que les mots, les syntagmes, les propositions et les phrases ne peuvent avoir, à un endroit donné du texte, qu'une seule signification. Le texte ne peut vouloir dire qu'une seule chose.
On ne peut rejeter le sens normal d'un texte à moins d'avoir d'excellentes raisons qui découlent du texte et non de nos a priori théologiques.
L'analogie de la foi
Puisque l'on réalise que Dieu ne peut pas mentir et qu'il ne peut y avoir de contradiction en Dieu, étant donné aussi que toute écriture est inspirée de Dieu il est donc valable de vouloir harmoniser tout ce que les écritures ont à dire sur un sujet donné. Non seulement est-ce valable, mais est-ce également nécessaire et même essentielle pour comprendre l'ensemble de la pensée de Dieu sur un sujet particulier.
Les anciens, comme Origène, avaient donné à ce principe le nom d'analogie de la foi (analogia fidei) en s'appropriant l'expression de Romains 12 :6 - même si dans ce contexte Paul ne parle pas de l'ensemble des vérités théologiques mais bien de l'utilisation du don de prophétie selon la proportion de foi - toujours est-il que les réformateurs firent une utilisation intensive de cette expression. Pour eux, elle signifiait que l'Écriture interprète l'Écriture (Scriptura Scripturam
Interpretatur). L'analogia fidei, pour les réformateurs, était surtout une expression qui s'élevait contre l'idée que la tradition interprétait la Bible.
Cependant il est inévitable que chaque personne qui approche les écritures, le fasse avec une panoplie de présuppositions sur Dieu et sur la révélation de Dieu, elle voit tout et comprend tout ce qui est dans les écritures à travers ses "lunettes" particulières. Ainsi plus souvent qu'autrement, l'interprétation des Écritures est contrôlée par la théologie de l'interprète.
De ce fait, au travers les âges, les érudits ont souvent développé ce qui était, selon eux, des systèmes théologique cohérents pour, subséquemment, interprétés tous les passages bibliques en relation avec ces systèmes.
Mais pour moi, il s'agit là d'une très mauvaise approche de l'Écriture. Voici donc comment, selon moi, on doit approcher l'Écriture.
Une fois, et une fois seulement, le sens réel de la phrase déterminée peut-on alors procéder à établir des corrélations avec d'autres textes de la Parole. C'est là l'essence même du Sola Scriptura des réformateurs et de leur Scriptura Scripturam Interpretatur. L'essence même de l'analogia fidei.
Il nous faut aussi réaliser que lorsque l'exégèse d'un passage semble être contradictoire avec l'exégèse d'un autre passage on ne peut modifier l'exégèse de l'un pour accommoder l'exégèse de l'autre. En effet, qui détermine ce qui doit être changer ? Non, Dieu sait pertinemment bien ce qu'il dit. Si nous ne pouvons réconcilier les deux passages, c'est que nous ne les comprenons pas.
De plus, il est important de toujours commencer les corrélations avec les textes chronologiquement antérieurs au texte étudier, de façon à ne pas importer la signification d'un texte ultérieur. Il faut en autant que possible respecter la notion de révélation progressive puisque Dieu lui-même, dans sa sagesse à choisi de nous bâtir sa révélation une notion y sur le fondement d'une révélation antérieure x.
Le but premier de l'herméneutique (l'art et la science de l'interprétation), est donc de retrouver ce que Dieu à dit. Plus précisément, le but est de découvrir ce que Dieu à dit dans la Bible. Si l'on pouvait s'arrêter quelques minutes, pour considérer l'ampleur de la tâche; découvrir ce que Dieu à dit... Pour reprendre les paroles d'un autre, c'est avec crainte et tremblement, que l'on devrait s'approcher des Saintes Écritures, pour en interpréter le contenu. A chaque fois que notre interprétation d'un texte est inadéquate, nous avons substitué à la voix de Dieu la voix d'un homme. Veillons donc à ne pas traiter Dieu comme un vieillard sénile qui ne sait pas ce qu'il dit. Dieu sait exactement ce qu'il a dit, et c'est à lui que revient l'entière responsabilité de ses Paroles.
Nous nous devons de connaître et de maîtriser les principes d'herméneutique, si ce n'est que pour nous préserver de ce cœur qui est tortueux par-dessus tout, et qui est méchant. Le prophète Jérémie nous pose la question suivante, concernant le cœur de l'homme: Qui peut le connaître? (Jérémie 17:9).
Un homme dit un jour que Satan, était passer maître pour prendre un verset hors contexte, et en faire une cathédrale de fausses doctrines.
Fin