TAO TE KING



Pour un Chinois avisé, assimiler entièrement le Tao-te-king, c'est l'œuvre d'une vie. Un traducteur recherche en général une gratification plus rapide: les compilations se multiplient et, avec le temps, un confortable consensus s'établit. Ce sont les missionnaires jésuites qui, au dix-septième siècle, ont tenté les premières traductions, et on n'a pas beaucoup progressé depuis lors.
Il résulte de tout ceci que de nombreux Occidentaux estiment que le Tao-te-king est un ouvrage collectif, ce qui est manifestement une erreur. Lao-tseu (Vieil-Enfant) est un nom d'emprunt, mais c'est bien la pensée d'un grand philosophe qui s'exprime dans ce texte.
Comme introduction au Tao-te-king, il est indispensable de lire Tchouang-tseu, beaucoup plus explicite.
Olivier Nyssen
La voie qui pourrait être une voie
n'est pas la voie éternelle.
Le nom qui pourrait la nommer
n'est pas un nom éternel.
Sans nom¹,
elle est le commencement du ciel et de la terre.
Ayant un nom,
elle est la mère de milliers d'êtres.
Ainsi, Toujours-sans-Désirs²,
parce qu'il contemple son excellence,
et Toujours-avec-Désirs,
parce qu'il contemple ses limites.
Ces deux sortent de la même façon,
mais leurs noms sont différents.
Ensemble ils s'appellent profondeur,
obscurité plusieurs fois cachée,
accès à toutes les merveilles.
1. avant l'avènement de l'homme
2. "Toujours-sans-Désirs peut être un nom chez les
petits" (chapitre 34)
Sous le ciel, ils savent tous ce qui est joli et
ils agissent de façon
charmante.
C'est probablement mauvais.
Ils connaissent tous la bonté et pratiquent la
bonté.
Ce n'est probablement pas de la bonté.
Ainsi, avoir et n'avoir pas s'engendrent l'un
l'autre.
Le difficile et le facile se transforment l'un en l'autre.
Le durable et l'éphémère se forment
l'un l'autre.
Le haut et le bas s'inclinent l'un vers l'autre.
La voix et le ton s'accordent l'un l'autre.
L'avant et l'arrière se suivent l'un l'autre.
C'est pourquoi l'homme sacré se
débrouille sans agir, sans affaires.
Il marche sans parler, sans enseigner.
Des milliers d'êtres produisent ici
sans faire de commencement,
engendrent sans posséder,
agissent sans fiabilité.
Le mérite est accompli, mais il n'est pas
résident.
L'époux qui est seul n'est pas résident,
c'est pourquoi il ne part pas.
Ne pas estimer la compétence,
c'est dire au peuple de ne pas rivaliser.
Ne pas admirer les biens qui sont difficiles à obtenir,
c'est dire au peuple de ne pas commettre de vol.
Ne pas voir ce qu'on pourrait désirer,
c'est dire au peuple de ne pas troubler l'esprit.
C'est pourquoi le gouvernement de l'homme
sacré:
son esprit est vide, son abdomen est dur,
son ambition est faible, ses os sont solides.
Toujours s'adresser au peuple sans savoir, sans désirs.
Également dire à l'époux de ne pas
oser faire le sage.
Agir sans agir,
sans règles, pas de gouvernement.
La voie est rincée mais praticable.
Il n'est peut-être pas plein,
l'abîme qui ressemble à l'ancêtre de
milliers d'êtres.
Pousser sa pointe,
délivrer sa confusion,
adoucie sa lumière,
uni à sa poussière.
Une profondeur qui ressemble peut-être
à un entrepôt.
Je ne sais de qui est l'enfant,
il ressemble au premier des dieux.
Le ciel et la terre sont inhumains,
ils utilisent des milliers d'êtres pour faire le chien de
paille¹.
L'homme sacré est inhumain,
il utilise une multitude de noms pour faire le chien de paille.
L'espace entre le ciel et la terre,
est comme celui d'une cornemuse.
Il est vide, mais ne plie pas.
Il bouge, mais dépasse ce qui est sorti.
De nombreux mots calculent la pauvreté,
pas comme la défense du centre.
1. "Avant l'offrande, on met les chiens de paille dans des coffres ou des corbeilles, enveloppés de broderies de couleur, tandis que le représentant du défunt et le prieur se purifient par l'abstinence pour les présenter. Après l'offrande, les passants marchent sur leurs têtes et leurs troncs, les ramasseurs d'herbes les prennent et s'en servent pour allumer le feu, et c'en est fait d'eux" Tchouang-tseu
L'esprit de la vallée ne meurt pas.
Elle est justement appelée Femelle-Profonde.
L'accès à Femelle-Profonde
est justement appelé Racine-de-Ciel-et-Terre.
C'est doux et soyeux, comme une
protection¹.
A pratiquer² sans assiduité.
1. Cun est également
utilisé au chapitre 4, pour entrepôt.
2. Yong est également
utilisé au chapitre 4, pour praticable.
Le ciel est durable et la terre dure longtemps.
Le ciel et la terre sont des endroits
qui permettent d'être durable,
et en outre, de durer longtemps.
Ils ne le sont pas pour grandir eux-mêmes,
ainsi ils peuvent engendrer durablement.
C'est pourquoi l'homme sacré est
à l'arrière de son corps, pourtant le corps
est premier,
il est hors de son corps, pourtant le corps se conserve.
Il ne l'est pas pour des raisons personnelles douteuses,
ainsi il peut devenir lui-même.

La bonté supérieure est
comme l'eau.
L'eau est bonne et favorable envers des milliers d'êtres,
sans rivaliser.
Elle s'accommode avec de nombreuses personnes d'endroits douteux.
Ainsi elle est presque sur la voie.
Réside sur un bon terrain,
l'esprit dans un bon abîme.
Donne de bonne grâce
les mots de bonne confiance.
La droiture est un bon gouvernement,
une profession de bon niveau.
Bouge au bon moment.
L'époux qui est seul ne rivalise pas,
ainsi il est irréprochable.
Il tient ce qui est plein,
ce qu'il n'est pas lui-même.
Il tâte ce qui est tranchant,
ce qui ne peut protéger la permanence.
Un salon rempli d'or et de jade
ne peut certainement pas être défendu.
Qui est riche et de grande valeur, mais fier,
se perdra soi-même par sa propre faute.
Se retirer lorsque le mérite se fait corps,
c'est la voie du ciel.
Peut-on emplir la caserne d'âme et
en arrêter une, sans la quitter ?
Le fils nouveau-né peut-il atteindre une vitalité
unique en douceur ?
Peut-on laver et ôter l'obscurité du regard sans
erreurs ?
Peut-on aimer le peuple et gouverner le pays sans savoir ?
L'oiselle peut-elle ouvrir et fermer l'accès au ciel ?
Peut-on pénétrer les quatre clartés
blanches¹ sans agir ?
S'engendrer, se nourrir,
croître sans posséder,
agir sans en dépendre,
être durable sans être un fonctionnaire,
on dit justement que c'est la vertu obscure.
1. le brouillard
Trente rayons se partagent un moyeu,
qui doit être vide,
pour avoir un véhicule utile.
On forme l'argile pour faire un
récipient,
qui doit être vide,
pour avoir un récipient utile.
On perce une porte et une fenêtre
à barreaux pour faire une chambre,
qui doit être vide,
pour avoir une chambre utile.
Ainsi il faut avoir pour faire des faveurs,
être vide pour faire des choses utiles.
Les cinq couleurs rendent l'œil
aveugle,
Les cinq tons rendent l'oreille sourde,
Les cinq saveurs rendent la bouche vorace.
La course rapide, le travail agricole et la chasse,
rendent le cœur si fou qu'il en sortirait.
Les biens difficiles à obtenir
rendent la marche heurtée.
C'est pourquoi l'homme sacré forme
son abdomen, pas son œil.
Ainsi il quitte cela et prend ceci.
Faveur et défaveur sont comme une
frayeur.
Apprécier un grand malheur comme son corps.
Que signifie: faveur et défaveur sont
comme une frayeur ?
La faveur abaisse.
L'obtenir, c'est comme une frayeur.
La perdre, c'est comme une frayeur.
Tel est le sens de: faveur et défaveur sont comme une
frayeur.
Que signifie: apprécier un grand
malheur comme son corps ?
Pour avoir un grand malheur,
je dois avoir un corps.
Quel malheur pourrait m'atteindre
si je n'avais pas de corps ?
Ainsi, apprécier son corps pour qu'il forme le
monde¹,
comme pour pouvoir résider dans le monde.
Aimer son corps pour qu'il forme le monde,
comme pour pouvoir être confiant dans le monde.
1. Littéralement: pour qu'il forme sous-le-ciel.
Qui regarde sans voir son nom,
on dit que c'est un étranger.
Qui écoute sans entendre son nom,
on dit qu'il est étrange.
Qui s'est battu sans se faire un nom,
on dit qu'il est minuscule.
Ces trois ne peuvent être interdits,
ainsi ils se mélangent et font un.
Sa partie supérieure n'est pas
éclairée,
Sa partie inférieure n'est pas cachée.
Le cordon qui retient et que l'on ne peut nommer,
se retourne et revient à l'intérieur sans
l'être.
Il est justement appelé forme sans forme,
Il ne ressemble à aucun être.
Il est justement appelé incertitude, confusion.
On le rencontre sans voir sa tête,
On le suit sans voir son dos.
Tenir la voie ancienne,
pour conduire le présent et le posséder.
Pouvoir connaître l'origine ancienne,
est justement appelé la voie fondamentale.
Dans le passé, on traitait bien celui
qui est sur la voie,
celui qui traverse ce qui est caché, subtil, obscur,
si profond qu'on ne peut le reconnaître.
On ne peut reconnaître l'époux qui est seul,
ainsi il a l'air d'agir avec force.
Avant, ici, c'était comme patauger dans une
rivière en hiver,
comme par crainte de ses quatre voisins¹.
Il est solennel comme un visiteur,
il se dilate comme la glace, ce qui défie les explications,
il est honnête comme un simple²,
il est vaste comme la vallée,
il dérive comme la boue.
Qui peut être boueux pour devenir lentement limpide en
s'arrêtant, immobile ?
Qui peut être calme pour grandir lentement en se
déplaçant longtemps ?
Protégez celui qui est sur la voie,
qu'il ne soit pas plein de désirs.
L'époux qui est seul n'est pas plein de désirs,
ainsi il peut s'abriter mais pas devenir neuf.
1. pays voisins
2. Pu signifie également
tronc d'arbre abattu, ébranché et recouvert de
son écorce; matière première; brut,
grossier, naturel.
Atteindre le sommet vide.
Protéger un calme sincère.
Des milliers d'êtres forment des
combinaisons.
Je me suis retourné pour regarder:
l'époux est un être nuage-de-parfum.
Chacun se retourne et revient à sa racine.
Revenir à sa racine, on dit que c'est le calme.
On dit justement que ça retourne la vie.
Le retournement de la vie, on dit que c'est permanent.
Connaître en permanence, on dit que c'est brillant.
Ne pas connaître la permanence rends faux, féroce.
Connaître en permanence, c'est apparence,
apparent, puis public,
public, puis roi,
roi, puis Ciel¹,
Ciel, puis voie,
voie, puis longtemps.
Le corps est mort, mais il n'est pas en danger.
1. voir chapitre 59.
Le plus grand supérieur sait qu'il a
des inférieurs.
Son second est un parent, mais il dit des louanges,
et son second a peur,
et son second dit des insultes.
La confiance ne suffit pas ici,
n'ayez pas confiance ici.
Il s'attriste de son mot qui lui coûte cher,
devenir méritoire est remplacé par une affaire.
Une multitude de personnes s'appellent tous moi, bien sûr.
La grande voie est abandonnée,
on a une justice pleine d'humanité.
L'intelligence sort de la sagesse,
on a de grandes falsifications.
Les six parents¹ ne s'entendent plus,
on a la piété filiale bienveillante.
Le pays et la famille sont en
désordre au crépuscule,
on a des officiels loyaux.
1. Le père et le fils, le frère aîné et le frère cadet, le mari et la femme.
Réduis le sacré, abandonne
la pensée,
le peuple en profitera cent fois.
Réduis l'humanité,
abandonne la justice,
le peuple transformera la piété filiale en
bienveillance.
Réduis l'habileté,
abandonne les profits,
le voleur vole sans posséder.
Ces trois ne suffisent pas pour faire une
culture,
ainsi ordonne-leur d'avoir une appartenance à un endroit.
Vois simple, embrasse un simple,
peu d'égoïstes désirent peu.
Réduis l'étude sans
inquiétude,
seul ou accompagné de flatteurs.
Les uns se débarrassent de quelques
"quelle bonté est accompagnée de mal ?"
Les autres se débarrassent de
"quels hommes et quels endroits craindre ?"
On ne peut pas ne pas craindre
les endroits incultes, où il faut presque mendier, en effet !
De nombreux hommes sont brillants et florissants,
comme s'ils jouissaient de la plus grande écurie,
comme si l'amour montait sur scène.
Moi seul suis à l'ancre, comme en attente d'un signe,
comme le fils nouveau-né, pas encore enfant,
qui accumule et entasse,
comme s'il n'avait pas d'endroit où retourner.
Tous les hommes ont des surplus,
moi seul suis comme un perdant.
Je suis un idiot,
dont l'esprit est également confus et chaotique !
L'homme commun brille et illumine,
moi seul suis un crépuscule sombre.
L'homme commun examine et observe,
moi seul m'ennuie et déprime,
calme comme la mer,
un vent fort qui semble ne pas s'arrêter.
Tous les hommes ont un usage,
moi seul suis bête comme un village isolé.
Moi seul diffère entre les hommes,
mais ma mère¹ est un précieux repas.
1. voir le premier chapitre.
La vertu creuse est apparence.
Seule la voie suit correctement
la voie, et fait un être
aux pensées confuses, aux pensées incertaines.
Incertitude ... confusion ...
Son centre possède une ressemblance,
confusion ... incertitude ...
Son centre possède un être,
renfermé ... et sombre ...
Son centre possède une essence.
Son essence qui est réelle.
Son centre possède la confiance en soi ancienne qui atteint
le présent.
Elle ne se débarrasse pas de son nom
pour vivre de nombreux commencements.
Pourquoi ai-je connu de nombreux commencements et formes ?
Pour ceci.
Règles
détournées, règles intactes.
Règles malhonnêtes, règles
honnêtes.
Règles creuses, règles pleines.
Règles dépassées, règles
nouvelles.
Adopter peu de règles.
Un grand nombre de règles rend perplexe.
C'est pourquoi l'homme sacré embrasse un type d'actions sous
le ciel.
Il ne s'exhibe pas, ainsi il voit clair.
Il ne se donne pas raison, ainsi il se révèle.
Il ne se scinde¹ pas lui-même, ainsi il a du
mérite.
Il ne s'apitoie pas sur lui-même, ainsi il est durable.
L'époux qui est seul ne rivalise pas,
ainsi il ne peut rivaliser dans ce qu'il offre sous le ciel.
Dans le passé, un endroit s'appelait "règles
détournées, homme intact".
Paroles creuses !
Il est intact, en effet, mais il y retourne.
1. voir chapitre 28, dernier paragraphe.
Parler peu est correct envers soi-même.
Un vent tourbillonnant n'achève pas l'aurore,
une averse soudaine ne supprime pas le soleil.
Qui fait ces choses ? Le ciel et la terre.
Néanmoins le ciel et la terre ne peuvent les faire longtemps,
à plus forte raison pour l'homme.
Ainsi engage-toi comme celui qui est sur la voie.
Celui qui est sur la voie est le même que sur la voie.
Le vertueux est le même que dans la vertu.
Le perdant est le même que dans la perte.
De la même façon, la voie est également
agréable à obtenir
pour celui qui est sur la voie.
De la même façon, la vertu est
également agréable à obtenir
pour le vertueux.
De la même façon, la perte est
également agréable à obtenir
pour le perdant.
La confiance ne suffit pas ici,
n'ayez pas confiance ici.
Qui se tient sur la pointe des pieds ne se tient
pas debout.
Qui fait de grandes enjambées ne marche pas.
Qui s'exhibe ne voit pas clair.
Qui se donne raison ne se révèle pas.
Qui se scinde¹ soi-même est sans mérite.
Qui s'apitoie sur soi-même n'est pas durable.
Eux aussi se tiennent sur la voie,
ils disent que marcher sans nécessité est un
repas superflu.
Ils sont peut-être de mauvais êtres,
ainsi ils ne s'entendent pas avec celui qui est sur la voie.
1. voir chapitre 28, dernier paragraphe.
Posséder un être, c'est
devenir le mélange
qui a engendré le premier ciel et la terre.
Solitaire et silencieux,
il se tient debout seul et sans changer,
il fait la ronde, sans être en danger,
il le peut, parce qu'il fait la mère du monde.
Je ne connais pas son nom,
ce mot, on dit que c'est "la voie",
le nom de celui qui agit avec force, on dit que c'est "grand",
être grand, on dit que c'est mourir,
mourir, on dit que c'est distant,
être distant, on dit que c'est s'opposer.
Ainsi la voie est grande,
le ciel est grand,
la terre est grande,
l'homme aussi est grand.
La région centrale possède les quatre grandeurs,
mais l'homme réside dans celle-ci:
la terre est la loi de l'homme,
le ciel est la loi de la terre,
la voie est la loi du ciel,
la voie est sa propre loi.
Actions lourdes, racine
légère,
actions immobiles, monarque imprudent¹.
C'est pourquoi:
L'accomplissement de l'homme sacré, on dit que c'est un
voyage.
Il ne part pas avec un lourd chariot,
mais il possède l'honneur que l'on peut contempler.
D'excellente façon il fait face au festin,
ce moyen par lequel la multitude grimpe vers le maître,
mais, pour un corps léger sous le ciel:
règles légères, perte de la racine,
règles imprudentes, perte du monarque.
1. Tsao signifie également impétueux.
Bien marcher, sans ornières et sans
traces.
Bien parler, sans erreurs et sans blâmes.
Bien calculer ne nécessite ni baguettes¹, ni
planche.
Bien fermer sans barrière, mais le verrou ne peut
être ouvert.
Bien lier sans corde, mais l'accord ne peut être
délié.
C'est pourquoi l'homme sacré est
toujours un bon homme de sauvetage,
ainsi l'homme n'est pas abandonné.
Il est toujours un bon être de sauvetage,
ainsi l'être n'est pas abandonné.
On dit justement qu'il a
hérité la luminosité.
Ainsi celui qui est bon,
n'est pas l'enseignant de ceux qui sont bons.
Celui qui n'est pas bon,
soutient ceux qui sont bons.
Son enseignant n'est pas cher,
et il n'aime pas son soutien.
Quoique la grande sagesse rende confus,
on dit justement qu'elle exige l'excellence.
1. On effectuait les calculs en manipulant des baguettes de bambou d'une longueur d'environ 10 cm, sur une planche quadrillée.
Connaître son puissant,
défendre son oiselle,
faire le ruisseau sous le ciel,
faire le ravin sous le ciel,
ne pas quitter la vertu permanente,
se retourner et revenir au fils nouveau-né.
Connaître son blanc,
défendre son noir,
faire le modèle sous le ciel,
faire la mode sous le ciel,
ne pas s'écarter de la vertu permanente,
se retourner et revenir sans extrêmes.
Connaître son honneur,
défendre sa défaveur,
faire la rivière sous le ciel,
faire la vallée sous le ciel,
la vertu permanente, c'en est assez,
se retourner et revenir au simple.
Le simple éparpillé et des
normes font des ustensiles
que l'homme sacré utilise.
Les règles font le guide durable,
ainsi la grande administration ne scinde pas.
Manier le désir, c'est saisir sous le
ciel, ainsi qu'y agir.
Je vois qu'il cesse de ne rien obtenir.
Il ne peut pas faire non plus
le réceptacle de l'esprit sous le ciel.
Ce qui fait celui qui est vaincu,
qui tient ce qui perd.
Ainsi l'être
peut marcher ou suivre,
soupirer ou souffler,
être fort ou maigre,
être soumis ou détruit.
C'est pourquoi l'homme sacré
quitte le sommet,
quitte le somptueux,
quitte la sécurité.
Emprunter la voie pour aider un homme
à être un maître,
à ne pas utiliser les soldats pour être fort sous
le ciel.
Ses affaires ont un bon rendement,
il maîtrise l'enseignant et l'endroit.
Des ronces et des buissons épineux poussent ici,
et derrière, une grande armée.
On aura certainement une année féroce.
Les bons ont des fruits, mais ils
s'arrêtent,
ils n'osent pas utiliser les forts pour les cueillir.
Des fruits, mais pas de pitié.
Des fruits, mais pas de coupe.
Des fruits, mais pas de fierté.
Des fruits, mais ils cessent de ne rien obtenir.
Des fruits, mais pas la force.
L'être est gros, les règles
sont vieilles,
on dit justement que ce n'est pas la voie.
Ce n'est pas la voie, qui s'arrête un matin.
L'époux qui est seul est un soldat,
il n'est pas l'instrument de la chance.
Son être est peut-être mauvais,
ainsi il ne s'entend pas avec celui qui est sur la voie.
À gauche, le fils du monarque réside selon des
règles coûteuses,
à droite, il utilise les soldats selon des règles
coûteuses.
Le soldat n'est pas l'instrument de la chance,
le fils du monarque n'est pas son réceptacle.
Il cesse de ne pas l'obtenir, mais l'utilise,
le calme et l'indifférence font le supérieur.
Cette victoire n'est pas belle,
mais cette belle personne
s'amuse à tuer des hommes, en effet.
L'époux s'amuse à être un tueur,
il est probablement incapable des règles
qui introduisent la volonté sous le ciel.
À gauche, on estime les affaires chanceuses,
à droite, on estime les affaires féroces.
À gauche réside l'armée qui incline
à défier,
à droite réside l'armée que le
supérieur incite à l'action
par des paroles qui s'occupent des funérailles.
Nombreux sont ceux qui tuent
pour gérer leur peine et leur douleur.
La guerre, la victoire,
pour s'occuper de leurs funérailles.
La voie éternelle est sans
renommée.
Sous le ciel, elle non plus ne peut soumettre
le simple, bien qu'il soit petit.
Les nobles et les rois semblent pouvoir le défendre
contre des milliers d'êtres qui se comportent en
invités.
Le ciel et la terre s'unissent
pour faire descendre la douce rosée.
Le peuple ne leur commande pas, mais il est leur égal.
Une administration qui débute
possède un nom,
elle possède également la renommée
depuis lors.
L'époux également maîtrise la science
de l'arrêt,
il peut connaître l'arrêt pour rester hors de
danger.
Compare la voie avec celles qui se situent sous
le ciel,
comme les rivières et les vallées qui sont dans
le fleuve et la mer.
Qui connaît les hommes est sage,
qui est lui-même un sage est lumineux.
Qui vainc les hommes possède la puissance,
qui se vainc soi-même est fort.
Qui sait assez est riche,
qui marche avec force possède la volonté.
Qui ne perd pas sa place dure longtemps,
qui meurt mais ne s'enfuit pas vit longtemps.
La grande voie¹ déborde !
Elle le peut à gauche comme à droite.
Des milliers d'êtres en dépendent,
mais ils grandissent sans élocution.
Ils deviennent méritoires sans avoir de nom.
Elle pourvoit des milliers d'êtres de vêtements,
mais elle ne fait pas le maître.
Toujours-sans-Désirs
peut être un nom chez les petits.
Des milliers d'êtres reviennent ici,
mais elle ne fait pas le maître.
Elle peut rendre un nom grand,
pour l'achever, pas pour se rendre grande elle-même.
Ainsi elle est en mesure de devenir sa grandeur.
1. le fleuve Jaune
Ils tiennent la grande image¹,
tout le monde y va.
Ils s'y rendent sans nuire,
tranquilles, plats, paisibles.
Joyeux, ils offrent des gâteaux:
"visiteur, arrête-toi ici."
Leur voie sort de la bouche,
fade, elle n'a pas de goût.
Les regarder sans voir suffisamment,
les écouter sans entendre suffisamment,
leur utilité n'est pas suffisante depuis lors.
1. une procession
Incite tes désirs à se
contracter,
ta fermeté certainement s'étendra.
Incite tes désirs à faiblir,
ta solidité certainement se renforcera.
Incite tes désirs à renoncer,
ta résolution certainement prospérera.
Incite tes désirs à saisir,
ta fermeté certainement offriras.
On dit justement que le minuscule est brillant.
Le doux, le faible vainc le dur, le fort.
Le poisson ne peut s'échapper d'un profond étang,
son pays est le réceptacle des profits.
Il ne le peut pour montrer l'homme.
La voie reste toujours sans agir,
mais sans elle rien ne se fait.
Les nobles et les rois semblent pouvoir la défendre
contre des milliers d'êtres qui changent leur comportement.
Ils changent, mais créent des désirs.
Moi, je les maîtrise et les réprime
pour qu'ils soient simples, sans renommée,
simples, sans nom.
L'époux également manœuvre sans
désirs,
il ne désire rien, pour rester immobile.
Sous le ciel, la maîtrise de soi est déterminante.
La vertu supérieure n'est pas la
vertu,
c'est pourquoi elle possède la vertu.
La vertu inférieure ne perd pas la vertu,
c'est pourquoi elle est sans vertu.
La vertu supérieure reste sans agir,
donc pour agir, elle n'est rien.
La vertu inférieure est pratiquée,
donc pour agir, il faut la posséder.
L'humanité supérieure est pratiquée,
mais pour agir, elle n'est rien.
La justice supérieure est pratiquée,
donc pour agir, il faut la posséder.
Le rite supérieur est pratiqué,
mais ne leur répond pas.
La règle résiste du bras, mais elle est
jetée.
Ainsi, perdre la voie, mais après la
vertu,
perdre la vertu, mais après l'humanité,
perdre l'humanité, mais après la justice,
perdre la justice, mais après le rite.
L'époux est un homme de rites,
sa loyauté et sa confiance sont insignifiantes,
mais elles lui embrouillent la tête.
Devant l'homme de savoir,
fleurit sa voie,
mais au début, il est idiot.
C'est pourquoi l'époux, grand par la taille,
se débrouille avec son épaisseur,
ces choses insignifiantes n'y demeurent pas,
se débrouille avec sa solidité,
ses fleurs n'y demeurent pas.
Ainsi il quitte cela et prend ceci.
Autrefois, on obtenait une seule chose.
Le ciel obtenait une seule chose pour s'éclaircir.
La terre obtenait une seule chose pour être paisible.
L'esprit obtenait une seule chose pour être efficace.
La vallée obtenait une seule chose pour être
pleine.
Des milliers d'êtres obtenaient une seule chose pour
croître.
Les nobles et les rois obtenaient une seule chose pour être
inébranlables sous le ciel,
et ils y parvenaient.
Pour s'éclaircir sans elle,
le ciel manœuvre en craignant les crevasses.
Pour être paisible sans elle,
la terre manœuvre en craignant d'émerger.
Pour être efficace sans elle,
l'esprit manœuvre en craignant de se reposer.
Pour être pleine sans elle,
la vallée manœuvre en craignant de se fatiguer.
Pour croître sans elle,
des milliers d'êtres manœuvrent en craignant de
périr.
Pour être à une hauteur coûteuse sans
elle,
les nobles et les rois manœuvrent en craignant de tomber.
Ainsi, ils sont coûteux, pour établir à
peu de frais une racine,
ils sont hauts, pour établir en bas des fondations.
C'est pourquoi les nobles et les rois eux-mêmes
disent qu'ils sont orphelins, peu de chose, non distingués.
Ne le seraient-ils pas pour établir une racine à
peu de frais ? Impossible !
Ainsi, ils parviendraient à compter des chars sans qu'il y
en ait.
Comme des bijoux, ils ne désireraient rien qui ressemble
à des bijoux comme les jades.
Un collier, un pendentif serait comme une pierre.
