MAJAZZ

Le premier festival jazz international de Constantine

 

Du 25 au 27 Mars Constantine a accueilli son premier festival international de Jazz « MAJAZZ » à la maison de la culture « Malek Haddad » grâce à l’association musicale LIMMA. Ce festival était une occasion pour le public constantinois de découvrir ce genre de musique, souvent considéré à tort comme une musique complexe destinée à un public vieux et restreint, pour cela les organisateurs ont eu la bonne idée d'aménager des masterclass tout les matins alors que les concerts ont eu lieu le soir. Pour les masterclass je n ai pas grand-chose à dire car personnellement je n y ai pas assisté, mais d’après le programme et les oui dire ça s’est très bien passé, le mastercalass est divisé en 4 ateliers où des musiciens exposent et partagent leur savoir faire avec le public qui est invité à participer soit par des questions ou des suggestions et même en jouant avec les professionnels, le premier atelier « rencontre des cultures » comme son nom l’indique est destiné aux échanges et à la découverte du Jazz. Le deuxième atelier est consacré à la batterie et aux percussions, il est présenté par le batteur Christophe Lavergne du groupe THOT et du percussionniste Habib Samandi. Le troisième atelier est dédié à la guitare et à la basse dirigé par le guitariste Gilles Coronado et le bassiste Hubert Dupont tout deux du groupe THOT qui a vraiment marqué ce festival. Le dernier atelier était consacré à la musique électronique.
Le soir place aux concerts, la soirée commence à 19h l’ambiance avant les concerts était cool, dans le haul du palais de la culture le public était relativement nombreux, il y avait les habitués mais aussi des jeunes, des nouvelles têtes et ce qui m a surpris le plus c’est le nombre impressionnant de filles qui ont assisté. Des représentants de l’édition « BELDA » ont exposé leur produit sur place à la vente, à l’occasion j’encourage et je remercie fortement cette édition d’exister car c’est grâce à elle que ce magnifique genre de musique qu’est « la fusion algérienne » a commencé à trouver et à rencontrer un public de plus en plus large, alors merci l’édition BELDA est bonne continuation. Parlons un peu du prix des billets qu est de 300 DA la soirée, et pour ceux qui ont décidé de participer aux trois concerts, comme moi, les organisateurs ont pensé à eux en mettant en vente un billet pour les trois soirées pour le prix de 700 DA, y en a qui ont trouvé que ces prix sont chers mais après avoir assisté aux spectacles ils ont vite changé d’avis, néanmoins je connais pas mal d’amis qui n’ont pas pu assister à ce festival faute de moyen, je ne l’ai blâme pas mais ils ont dû emprunter, par contre d’autres ont eu peur d’investir et n’ont pas cru à la réussite du festival, d’ailleurs ils ont tellement regretté, je n arrive pas à les comprendre car se sont eux que d’habitude dénoncent l’absence d’activités culturelles et qui prétendent de s’ennuyer à mourir dans cette ville inerte, et quand vient l’occasion ils la ratent, bref passons.
Le premier soir, je suis allé avec mon ami Anouar, le concert a débuté vers 20h, le groupe qui a inauguré le festival est « Ethnoacoustic Trio » composé de Ouajdi Cherif au piano, Habib Samandi à la percussion et Peter Giron à la contre basse (le violon familial comme l a surnommé un individu du public) Ce groupe de jazz d’origine tunisien à tendance orientale est guidé par un talentueux pianiste qui a su ajuster les rythmes jazzy avec une retouche orientale, c’est ainsi que le groupe nous a interprété des classiques du patrimoine arabe et surtout tunisien en version jazz s’il vous plait. Le public par contre n’interagissait pas trop, c’était le début du festival il était un peu timide en plus pour la plus part c’est la première fois qu’ils assistent à un concert jazz, ou peut être le public épargnait son énergie pour le prochain groupe « Sinouj ». Sinouj le groupe jazz constantinois par excellence, avec ses deux leaders locaux le batteur Djammame Aziz et le guitariste Dahkall Kheireddine ainsi que le bassiste Zahi amar, le pianiste et percussionniste Benyoussef Sofiane et le violoniste Sassi Arbi tous deux tunisiens et le saxophoniste espagnol Pablo Hernandez, a littéralement chauffé la salle avec les magnifiques solo de batterie de Aziz et de l’énergie insoutenable du bassiste sans oublier les touches exotiques de Sofiane qui nous sort quelques fois son tambour indien (je ne sais pas comment on l’appelle) pour nous interpréter des aires pakistanais un peu à la Nusrat Fateh Ali Khan. Pendant le spectacle le groupe nous a offert des moments magiques à l’instar des improvisations où d’autres musiciens ont rejoint la scène pour participer à la fête comme le percussionniste Habib Samandi et le saxophoniste du groupe Thôt Stéphane Payen. On n’a pas vu le temps passer que la soirée s’est déjà terminée, tout le monde était satisfait, le show était magique grâce à une sono parfaite et à une lumière magnifiquement ajustée et synchrone avec la musique ; chapeau messieurs les ingénieurs.
Le deuxième jour était consacré à la star du festival « Karim Ziad » mais à première vue devant l’entrée il y a moins de monde qu’hier ! En ce qui me concerne j’ai pu convaincre des amis a assister, il y avait bien sûr Anouar mais aussi Salim, Bilal, Meyssara, Yasmine, Kahina et Mimou on était 8, donc on s’est approprié tout une rangée de siége à l’intérieur de la salle, l’ambiance était bonne. Les lumières s’éteignent, un silence s’installe puis karim Ziad et ses deux musiciens entrent sur scène et là le public a réservé un accueil très chaleureux aux musiciens qui sont Karim ziad à la batterie et chant, David Aubaile au piano et à la flûte et le dynamique Michel alibo à la basse. Signalons que c’est la première fois que Karim Ziad joue à Constantine et pour cela il a choisi de commencer sont concert avec la chanson Constantine qui ne figure pas sur son album IFRIKIA que je conseille tout le monde d’ailleurs de l’écouter. Les titres s’enchaînent parfaitement bien interprétés avec la super performance du bassiste Michel Alibo qui a presque volé la vedette à Karim, le public interagissait très bien avec les musiciens surtout sur des titres chantés comme « Ya Rijal » où il on a tous participé à la chanson en chantant le refrain, moi et quelques amis on a même dansé à la fin du spectacle on pouvait pas se tenir. Quand le show s’est terminé on a tous applaudie les musiciens pendant des minutes que nos mains ont gonflé, mais ça a payé car Karim et ses musiciens ont rejoint la scène pour nous offrir un autre titre sublime « Sallou ala nabina ». A la fin du concert je me suis dirigé vers Aziz (le batteur de Sinouj et organisateur) et je lui demandé de m’arranger le coup pour que je puisse prendre une photo avec Karim, et effectivement grâce à la complicité de Aziz et de quelques autres organisateurs, qu au je remercie énormément, j’au pu avec mes amis accéder à la loge des musiciens on les a rencontré dialoguer un peu et bien sûr prendre quelques photos souvenirs ils étaient sympas surtout Michel avec qui j ai gardé un très bon souvenir, on était très excité et content surtout quand on a vu que dehors des gens se bousculer pour donner un bout de papier aux gens de la sécurité pour espérer avoir un autographe de Karim Ziad. Bref c’était une soirée inoubliable.
Le dernier jour, la clôture du festival, les groupes qui vont passé nous sont tous inconnus, tout ce qu’on savait c’est que le premier est tunisien alors que l’autre c’est une bande de parisiens. En effet, vers 20h la soirée commence avec la formation tunisienne de Fawzi Chekili un sexagénaire virtuose de la guitare jazz un peu à la George Benson accompagné par Djamel Benhaj Khlifa à la basse, Yacine Ayari au ney et l’incontournable Habib Samandi à la derbouka, la formation nous a un fouée un répertoire varié magnifiquement interprété à l’instar de Faouzi Chekili qui a enchaîné des solos de guitare qui ont séduit le public qui applaudissait chaque solo, sans oublier Habib Samandi le percussionniste, c’est la première fois que je voie quelqu'un joue de la derbouka avec une partition ! Le groupe nous préparé une surprise, il a amené avec lui une fille « Äber », effectivement c’est la seule fille du festival, elle était très bien accueilli par le public certainement séduit, en plus elle a une voix sublime, tout le monde l a comparé à Aretha Franklin, une vraie Diva.
Le prochain groupe c’est Thôt, une perle, les aliens comme je les ai surnommé. Au début on ne savait rien de ce groupe sauf que se sont des parisiens et ils font du jazz avant-gardiste, les gens qui ont vu ce groupe au masterclass savent bien que musicalement se sont des vrais pros. Les membres du groupe entrent sur scène, le saxophoniste Stéphane Payen très ému prend le micro et nous parle, il remercie Constantine de son accueil chaleureux et présente les autres musiciens ; Gilles Coronado à la guitare, Hubert Dupont à la basse et Christophe Lavergne à la batterie. Puis il nous dit qu’il est désolé de ne pas pouvoir nous donner les titres des morceaux qu’ils vont interpréter car ça va être un enchaînement de titres et d’improvisations, personnellement, rien que par cette présentation j’étais impressionné, je ne savais pas que ça n’était que le début. Le groupe commence son show, le son est magnifique, dès le début le public est très chaud, on était comme ensorcelé par ces notes par ce rythme, aucun d’entre nous n a jamais écouté auparavant une musique pareille, une musique psychédélique parfaitement interprétée par les membres du groupe que chacun excelle à son instrument, personnellement j’étais séduit le plus par le guitariste, peut être parce que je joue un peu de la guitare ! des solos qui viennent d’une autre planète quand on l’écoute on voit tout de suite qu’il a fait beaucoup de recherches dans le son de sa guitare des sons bizarres y sortent de son instrument, des sons heavy s’intercalent de temps en temps en plus comme les autres musiciens il s’amuse vraiment sur scène et il le montre, bravo Gilles et merci pour ton show. Les autres membres aussi nous ont tous prouvé qu’ils étaient des virtuoses des jeux de basses hallucinants, des solos de saxophones qui nous emmènent au-delà, quand au batteur Christophe Lavergne, celui qui a séduit le plus le public, il nous a tous laissé accroché et bouche bai devant son jeu très dynamique, pour l’anecdote, j’était assis devant Aziz (le batteur de Sinouj) il était très admiratif chaque minute il se retournait vers moi et il me lançait des commentaires bizarres tel que « mais c’est un homme ou un poulpe ? » ou « il lui arrive de se fatiguer ce mec ? » bref, comme leur musique, ils étaient tous venus de l’espace, c’était des ALIENS je vous le dit. Quoique je dise je ne peux pas vous expliquer l’ambiance qu y régné, il faut y être pour le comprendre. Comme pour Karim Ziad après la fin du concert on a tous réclamé un autre titre, et généreux comme ils étaient, ils ne pouvaient pas nous refuser ça. A la fin du spectacle on était tous debout, les membres de l’association LIMA entraient sur scène la main dans la main, Aziz a tenu le micro, il a remercié tout le monde ; les musiciens, les organisateurs, le public les ingénieurs … Moi et mon ami Anouar, on a pas raté l’occasion de faire quelques photos avec le groupe Thôt et discuter un peu avec eux, ils étaient très gentils et très surpris par ce public, quand j’ai remercié Christophe Lavergne il m a dit : mais merci à toi et tout le public vous étiez géniaux, ça m a vraiment fait plaisir d’entendre ça. Gilles m a promis de revenir il m a même dit « Inchallah ».
Voila, c’était les moments forts de « MAJAZZ » le premier festival international de jazz à Constantine, j’ai gardé un magnifique souvenir de ces trois jours magiques, j’espère que cette édition du festival ne restera pas orpheline, et vivement l’année prochaine, et merci LIMMA.

voici quelques photos du festival

               

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