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Troupes de la marine, troupes du détachement de la marine, troupes de la colonie, troupes coloniales, troupes du Canada et compagnies franches de la marine sont parmi les dénominations les plus communes pour désigner le contingent militaire français qui arriva à Québec en novembre 1683 et qui fut dissout en juillet 1761.
La compagnie était l'unité de base des Troupes de la Marine. Celle-ci portait généralement le nom du capitaine qui la commandait. De 1683 à 1761, le nombre et la composition de ces compagnies varièrent constamment. Mis à part les premières années d'établissement dans la colonie, le contingent était d'environ une trentaine de compagnies. Le nombre de soldats les composant quant à lui variait selon les époques de 28 à 65. Il faut cependant noter que les effectifs n'étaient jamais complets dus au manque de recrues, à la maladie, la désertion, le congédiement, ... Chaque compagnie comptait également de 1 à 2 tambours et contrairement à la croyance moderne, rares sont celles comptant un fifre, qui servait habituellement dans la compagnie colonelle.
Le soldat était habituellement commandé par 3 anspessades (avant 1750), 3 caporaux et par 2 sergents. Ces grades de bas officiers étaient les seuls accessibles pour lui. Les hauts officiers (enseigne en second, enseigne en pied, lieutenant et capitaine) étaient majoritairement nobles. Selon certaines circonstances (vieillesse, blessures, surplus d'effectifs, ...), leur grade pouvait être 'réformé', c'est-à-dire, qu'ils chutaient d'un échelon hiérarchique, voyaient leur paye réduite à celle du grade inférieur mais pouvaient conserver leur rang d'officier. Quelques années après l'arrivée des troupes au Canada, Louis XIV fit introduire le rang de 'cadet-à-l'aiguillette', généralement réservé à des fils d'officiers canadiens qui pouvaient ainsi faire l'apprentissage du métier de soldat et s'initier au commandement militaire en attendant une vacance au sein du corps d'officiers. Au courant des années 1750, il y avait deux cadets par compagnies, l'un servant comme soldat et l'autre comme officier. Il est intéressant de noter que très tôt, le corps d'officiers subit une 'canadianisation' de ses effectifs, c'est-à-dire que des commissions furent données à des nobles canadiens et des anciens officiers du Régiment de Carigan installés dans la colonie. Ceux-ci étaient considérés comme compétents et aptes au service particulier prévalant en Amérique du Nord. À certaines époques, plus des 2/3 du corps d'officiers étaient canadiens. Pour leur part, les soldats provenaient majoritairement de France (notamment de l'Île de France), de ses pays limitrophes et quelques fois des îles d'Amérique. Moins de 1% des soldats étaient d'origine canadienne, ce qui n'empêcha pas les soldats européens de s'établir dans la colonie une fois leur engagement terminé.
Les soldats s'engageaient pour une période minimale de 6 années et étaient généralement mis au courant de leur destination qu'une fois que leur navire avait quitté l'Île d'Oléron. L'adaptation dut être extrêmement difficile mais les conditions de vie coloniales étaient généralement bonnes. Les soldats étaient logés, nourris, habillés et recevaient une paye minime en comparaison des habitants ou ouvriers qui eux devaient cependant assurer leur propre subsistance. En garnison, lorsque leurs tâches militaires étaient terminées, les soldats pouvaient pratiquer un métier ou être engagés comme journalier sur les différents chantiers des fortifications et de construction maritime. Lorsqu'ils n'étaient pas encasernés, les soldats étaient logés chez l'habitant, offrant à celui-ci une main-d'oeuvre appréciée. C'était la chance idéale pour le militaire de rencontrer sa future épouse, préparer son établissement prochain au Canada et de jouir d'un semblant de vie familiale.
Certains soldats étaient affectés dans les postes de traite des Pays-d'en-haut alors que d'autres prenaient part à des expéditions militaires, apprenant ainsi la façon de se battre dans des conditions bien différentes que celles de la métropole; c'est la petite guerre que les soldats des troupes de la marine apprirent graduellement et pratiquèrent avec succès jusqu'au début de la Guerre de Sept Ans. De 1683 à 1761, ce contingent participa à pratiquement tous les affrontements mineurs ou majeurs sur toute l'étendue du continent (notons qu'il y avait des soldats des troupes de la marine également dans les autres parties de la Nouvelle-France, soit la Louisiane, l'Acadie, Plaisance et les Pays-d'en-haut). On les retrouve à la défense de Québec en 1690, lors de la victoire de Carillon en 1758, sur les Plaines d'Abraham en 1759 et lors de la riposte de Lévis en 1761. Partout, on les jumelle avec des miliciens, des Sauvages et des soldats de l'armée de Montcalm. Ce ne sont pas les meilleurs combattants, mais ils étaient quand même aguerris et répondaient avec succès aux ordres que ce soit dans des tâches offensives (expéditions, raids, ...) ou des tâches plus défensives (sécurité des villes, ...). Les officiers français tentèrent de les commander à 'l'européenne' et d'en former une partie en bataillons à la fin de la Guerre de Sept Ans mais sans remporter le succès espéré.
Bien que la question des drapeaux militaires de ce détachement soit assez mal documentée, on peut croire que leur description correspond à celle donnée lors de la bénédiction et la remise des drapeaux aux Compagnies franches de la Marine de Brest en 1737. Les drapeaux d'ordonnance seraient écartelés (quartiers rouges et bleus), semés de fleurs de lys d'or, croix blanche, foudre au centre et devise: Per Mare et Terras (Par Mer et par Terre). Le drapeau colonel est identique mais les quartiers sont entièrement blancs. Ils seraient utilisés principalement à la fin de la Guerre de Sept Ans ou plusieurs compagnies des Troupes de la Marine furent réunies en bataillons. |
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