Biographie...
Durant 30 de carrière, Dalida a eu une vie faite de joies mais également de profondes déceptions... histoire d'une artiste mais aussi d'une femme blessée...
C'est le 17 Janvier 1933 que voit le jour la petite Yolanda Gigliotti au Caire en Egypte de parents Italiens. Son père est premier violoniste à l'Opéra du Caire et sa mère est femme au foyer. Sa petite enfance pourrait être heureuse si une terrible maladie des yeux allait lui gâcher son existence. L'enfant souffre d'une maladie et à la suite d'un mauvais traitement, la jeune Yolanda est obligée de porter des lunettes à cause d'un strabisme persistant. Ce calvaire survivra tout au long de sa vie. Malgré cela, l'enfant au caractère determiné ne cache pas ses goûts et ses attirances. Elle veut réussir et estime que seule la voie artistique lui permettra de s'exprimer totalement. L'Egypte est alors sous protectorat anglais et le père, Pietro, est contraint de se rendre dans un camp. La mère reste seule avec ses trois enfants. A son retour, Pietro n'est plus le même homme, il est blessé et ne peut plus assurer sa fonction de premier violon à L'Opéra. Il sombre peu à peu et devient violent; Yolanda ne l'apprécie guère. En 1945, il meurt. Yolanda a 12 ans. Dalida prend de plus en plus goût au spectacle. A 14 ans, elle doit quitter l'école pour assurer un poste de secrétaire mais elle sait pertinemment que cela ne sera jamais sa vocation. A 16 ans, Elle se présente à l'Election de Miss Ondine: Elle emporte l'élection... L'année suivante elle remporte l'élection de Miss Egypte. La jeune italienne se croyait laide, elle gagne deux concours de beauté... A la suite de dernier concours, Dalida est alors très courtisée par le cinéma Egyptien qui veut faire d'elle une vedette locale. La jeune miss tourne alors dans quelques longs métrage : "Un verre, une cigarette" où elle joue une infirmière qui charme son patron, "Le masque de Toutakamon" où elle danse, elle devient la doublure de Joan Collins dans "Joseph et ses frères"... Et, la chance lui sourit... Lors d'un tournage, Marc de Gastyne, est subjugué par sa voix. Il lui conseille de venir tenter sa chance à Paris où il pense qu'elle pourra décrocher quelques auditions et triompher dans la chanson. Séduite et n'attendant que la réussite Yolanda dite Dalila s'envole vers Paris un 24 Décembre 1954... Elle arrive à Paris avec comme cadeau de Noel la neige. Dalila est confrontée à ce Paris qu'elle ne connaît pas, ce Paris d'après guerre... son travail commence. Elle démarche les maisons de disques et les producteurs, s'essuyant à la fameuse phrase habituelle "Merci on vous écrira". Elle ne se décourage pas et est engagée au célèbre cabaret parisien "La Villa d'Este" ainsi qu'au drap d'or afin de chanter tous les soirs... C'est lors d'une soirée que Dalida rencontre l'écrivain Alfred Machard qui lui conseille, pour éviter toute assimilation à Samson, de remplacer le deuxième L de son nom de scène par un D comme Dieu le père. Le personnage de Dalida voit le jour... Un soir, Bruno Coquatrix vient écouter Dalida à la Villa d'este. Subjugué par le personnage et fasciné par la voix de la jeune femme, il lui conseille de se présenter aux "Numéro 1 de demain", concours qu'il organise dans sa salle de spectacle, "L'Olympia", et où se présente les jeunes talents. Dalida tente sa chance à tout hasard et interprète "Etrangère au paradis" de Gloria Lasso. Ce soir là deux hommes l'ont entendue. Eddy Barclay, producteur des disques Barclay qui cherche absolument une vedette pour affirmer le support 45 et 33 tours ainsi que Lucien Moriss, directeur artistique de Europe numéro 1. Les deux hommes, convaincus du talent de l'artiste, font enregistrer à Dalida son premier disque: "Madona". La voix chaude, teintée d'Orient est prometteuse mais le disque ne récolte qu'un succès d'estime. Un deuxième suivra "Le torrent" qui lui aussi rencontrera qu'un maigre succès... Eddy et Lucien ne se découragent pas, ils savent que Dalida est capable de donner une couleur et une teinte particulière aux chansons qu'elle interprète... Pour eux, le succès est iminent. En Automne 1956, Eddy Barclay et Lucien Moriss ont trouvé le titre pour Dalida, celui qui suscitera l'intêret, celui qui permettra aux gens de dire "C'est la chanson de Dalida"! L'enregistrement se fait en cachette, la nuit. "Bambino" envahit alors les disquaires et résonne sur toutes les radios... Dalida devient "Mademoiselle Bambino". Le succès est au rendez-vous. Les gens s'arrachent le 45 tours. Dalida enchaîne les succés: "Miguel", "Tu n'as pas très bon caractère", "Histoire d'un amour", "Gondolier", "Romantica", "Ciao ciao Bambina", "Je pars"... Sur scène, Dalida arrive comme un volcan, chantant, dansant... Elle devient la première chanteuse des jeunes... et est la première artiste à avoir un fan-club ! En 1961, Dalida épouse Lucien Moriss. Le couple paraît heureux et fait la une des magazines. Pourtant, Dalida prend conscience qu'elle s'est mariée avec lui par "devoir"et que l'amour qu'elle lui porte est tout autre. Dalida ressent pour Lucien beaucoup plus de reconnaissance, d'affection et de respect qu'un amour passionnel. La rupture est annoncée quelques mois après leur union. Dalida fait alors la connaissance de Jean Sobieski, un peintre avec qui elle s'installe dans un hôtel particulier du 18 ème arrondissement, à Montmartre... Le yéyé déferle, tout le monde se trémousse sur Johnny, Sheila, Sylvie...Dalida n'a pas 16 ans et doit faire face à ce nouvel engouement. En 1961, alors qu'elle s'apprête à faire l'Olympia en vedette, une campagne contre elle se met en place. Cela commence par des critiques visant à la destabiliser. Dans la presse des phrases comme "Dalida c'est terminé, la place est aux yéyés" apparaissent... Mais le phénomène prend de l'ampleur. En effet, on commence à interroger les gens dans la rue à propos de l'artiste et pour savoir s'ils sont pour ou contre elle . Cette odieuse cabale qui se forme contre elle devient alors incontrôlable. Ses détracteurs attendent sa fin artistique à l'Olympia, certains n'hésitent pas à lui souhaiter la mort... Le soir de la première, son public et ses détracteurs sont dans la salle. Avant de monter sur scène elle reçoit une couronne mortuaire. Elle monte sur scène sans ressentir le moindre tract. Dalida ne craquera pas. Elle réalise son tour de chant et au bout de la troisième chanson, le public l'acclame, la cabale est anéantie. Elle ressort de cette expérience plus forte, Dalida a résisté à la pression médiatique... Dans les années 60, ses chansons sont sur toutes les lèvres: "La danse de Zorba", "Itsi bitsi petit bikini", "Le jour le plus long", "Et et"... Elle devient une véritable chanteuse populaire. En 1967, Dalida participe au Festival de San Remo accompagnée d'un chanteur italien: Luigi Tenco. Entre eux, il existe une profonde histoire d'amour et c'est pour cette unique raison que Dalida accepte d'aller défendre sa chanson au Festival de San Remo qui s'intitule "Ciao amore ciao". Paralysé par le tract, Luigi Tenco perd ses moyens durant l'interprétation; Dalida a, au contraire, suscité une ovation... Le jury délibère: La chanson n'est pas citée au Palmarès et par conséquent cette dernière n'ira pas en finale. Désespéré, Luigi rentre dans la chambre d'hôtel et se tire une balle dans la tête laissant une lettre d'adieu dénoncant le choix commercial du jury. Dalida découvre le corps, deux hommes doivent l'en séparer. Dalida blessée et désemparée, veut elle aussi mourir. Elle prépare alors son départ... Quelques mois plus tard, Dalida se réfugie dans une chambre d'hôtel et absorbe une forte quantité de barbituriques. Elle est sauvée in extremis. Après 5 jours de coma entre la vie et la mort, rien ne sera plus jamais comme avant... Dalida tente de se comprendre elle-même, elle lit beaucoup et entreprend une analyse. Elle commence à aller mieux. Mais son chagrin est immense quand elle apprend le suicide de Lucien Moriss en 1970. Tous ces drames successifs se ressentent dans son répertoire. En 1971, elle affronte son public à l'Olympia avec un nouveau répertoire. Les chansons à texte sont nombreuses. Elle chante à cette époque les plus grands: Brel, Férré, Legrand, Lama... Elle s'avère une très grande interprète. En 1972, elle rencontre le comte de St Germain. Ce personnage assez étrange se fait nommer ainsi et dit avoir 17000 ans. Cela fait sourire Dalida et elle le rencontre. C'est le coup de foudre, ils resteront ensemble durant 9 ans. Les chansons de Dalida sont alors sur toutes les lèvres: "Paroles Paroles", "Parle plus bas", "Darla diraladada"... En 1974, c'est l'année de tous les succés pour Dalida. Les chansons "Gigi l'amoroso" et "Il venait d'avoir 18 ans" deviennent vite numéro 1 dans de nombreux pays. Les deux chansons seront chantées en 6 langues. Elle devient plus que jamais une vedette internationale, où ses chansons sont fredonnées dans le monde entier. Dalida devient une véritable légente vivante... En 1976 elle enregistre le premier disco français "J'attendrai", en 1977 elle enregistre la première chanson raï qui s'intitule "Salma ya salama" et en 1978 elle est la première française à réaliser un clip et un medley de tous ses succès avec Bruno Guillain dans "Génération 78". Ce succés la conduit aux Etats-Unis où depuis ses débuts elle est très appréciée. En 1978 elle chante au Carnegie-Hall de New-York. C'est le triomphe ! Les journaux la surnomment "La french diva", "La Supreme Star"... Elle adapte pour l'occasion un spectacle traditionnel, ponctué toutefois, de "clins d'oeil" à l'Amérique... Les Etats-Unis lui ont donné le goût du show et du spectacle. Elle veut montrer une autre facette de sa personnalité. Elle décide de se lancer un défi: faire un show au Palais des sports . Le pari est risqué car aucune femme n'a encore chanté sur cette scène. Cependant ce désir est profond et Dalida se lance dans la danse avec exaltation. Les chorégraphies sont réglées par Lester Wilson, chorégraphe de John Travolta dans "La fièvre du Samedi soir". Le 5 Janvier 1980, soir de la première, le succés est au rendez-vous. Strass, paillettes, lumières, décor époustouflant, robes de lumières, nouvelles chansons... Dalida étonne, surprend et réussit une fois de plus son défi. L'année 1981, est importante sur le plan artistique puisqu'elle faite ses 25 ans de carrière à L'Olympia. On invente pour elle le disque de diamant, elle a vendu plus de 85 millions de disques à travers le monde. Mais sur le plan sentimental sa vie s'avère un échec. En effet, cette même année, Dalida et St Germain se séparent. Dalida est désormais seule pour affronter sa vie. De plus, l'année 1981 est aussi celle où l'on reproche à Dalida son amitié à François Mitterand... Sur le plan professionnel, il n'y a pas de problèmes, Dalida rencontre toujours de grands succés: "Mourir sur scène" en 1983, "Confidences sur la fréquence" en 1982, "Soleil" en 1984, "L'innamorata" en 1984, "Femme" en 1983... Cette carrière éblouissante étonne, et Dalida voyage dans le monde entier transportant son spectacle: Moyen Orient, Allemagne, Etats-Unis, Espagne, Italie... En Juillet 1983, Dalida apprend le suicide du Comte de St Germain. Ce dernier disparaît comme Lucien Moriss et Luigi Tenco tout aussi tragiquement. Cependant, Dalida est de plus en plus présente sur les écrans de télévision dans les shows des Carpentier notamment mais dans les émissions de Guy Lux, Michel Drucker... Elle est même la vedette consacrée du show "Dalida Idéale" réalisé par Jean-Christophe Averty qui passe à la télévision en 1984. Cette popularité hors du commun fait qu'en 1982, le magazine "Rock 'n Folk" titre "Dalida est culte". Elle devient une figure de la chanson française et conserve toujours sa place dans les trois premières pour le sondage des personnalités féminines préférées des français. Lors de l'été 1984 , Dalida part sur les routes de France afin de retrouver son public de Province, cette tournée connaîtra un immense succès, Dalida possède son métier parfaitement et devient une véritable réfèrence dans la variété française. En 1986, Youssef Chaîne lui propose un rôle tragique au cinéma dans "Le sixième jour". Elle incarne une grand-mère qui tente de sauver son petit- fils du choléra. Dalida apparaît grande comédienne et nous montre, là encore, une autre facette de sa personnalité. Mais ce dernier succés au cinéma ne permettra pas à Dalida de la rendre complétement heureuse. Elle enregistre son dernier 45 tours: "Le sixième jour", la chanson inspirée du film. Puis elle donne en Novembre 86 deux galas aux Etats-Unis et chantera pour la dernière fois en Turquie à Antalya. Sa vie privée s'avère un échec, elle est seule et n'a pas d'enfant. Malgré la présence de ses amis et de ses proches, elle devient de plus en plus dépressive, ne dort plus la nuit, regarde vidéos sur vidéos pour tenter de s'endormir. Dalida prépare son départ, elle corrige son testament et rencontre pour la dernière fois en Avril 1987 ses admirateurs au cours de la réunion habituelle organisée par son fan-club. Dalida est très émue et leur demande de l'aimer encore et toujours dans l'avenir, ses paroles seront prémonitoires. Elle décide de partir, sans déranger personne, "à sa manière"... Jouant des circonstances, elle fait tout pour se retrouver seule dans sa maison de Montmartre lors du week-end du premier Mai. Elle s'allonge sur son lit et absorbe 120 cachets de barbituriques. Dalida laisse un petit papier, à côté d'elle, sur lequel est écrit "La vie m'est insupportable, pardonnez-moi" Dalida est partie à l'âge de 54 ans, ne pouvant plus supporter ce manque intérieur... A Paris une place porte son nom à Montmartre où elle a vécu pendant 25 ans.