COMITÉ QUÉBÉCOIS POUR LA RECONNAISSANCE DES DROITS DES TRAVAILLEURS HAÏTIENS EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

 

La Machette

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CQRDTHRD
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Tél. et fax :
(514) 523-2434

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Montréal, le vendredi 30 décembre 2005

 



I. Éditorial

Persona non grata



II. Mot de l’équipe



Joyeuses Fêtes et bonne année à tous et à toutes!



III. Revue de presse



Presse dominicaine



« Perspectives et nouveaux défis dans les relations entre Haïti et République dominicaine » (Cérémonie d’ouverture de la première rencontre juvénile haïtiano-dominicaine, Santo Domingo, 11 novembre 2005)



Presse haïtienne 



« Quatre militaires dominicains arrêtés pour trafic d’illégaux Haïtiens » (Alterpresse, Port-au-Prince, 17 décembre 2005)



« La pression s’accentue
sur les étudiants haïtiens en République dominicaine » (AlterPresse, Port-au-Prince, 16 décembre 2005)



IV. Nouvelles internes du Comité québécois



Bienvenue à notre nouvel agent de liaison et de projets!



Demande de dons et de bénévoles



V. Annonce communautaire



Lisez Référence Magazine International !



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I. Éditorial

Persona non grata

Par Ilionor LOUIS

 

Le 12 décembre 2005, le président dominicain Léonel Fernández était en visite en Haïti. Au cours de cette visite, il devait offrir une réception à la résidence de son ambassadeur située à Pétion-Ville (banlieue est de la capitale) et rencontrer des candidats à la présidence, des intellectuels et professionnels haïtiens. Cette visite s’est soldée par de violentes manifestations organisées par des groupes de la société civile et des étudiants haïtiens. Plusieurs personnes ont été blessées dont un étudiant de la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti, M. Arisma Jean-Pierre atteint d’une balle au cou. Deux autres étudiantes de l’École nationale des infirmières et de l’Université épiscopale d’Haïti ont subi des blessures consécutives à la brutalité policière.

            Les manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus usagés dans diverses rues de la capitale haïtienne. Dans la matinée, une foule massée devant le palais national lançait des slogans hostiles à la présence du président dominicain et faisait un vacarme qui rendait inaudible l’exécution de l’hymne national respectif des deux nations. Le cortège du président dominicain avait essuyé des jets de pierres, et même le véhicule qui transportait le président lui-même n’a pas été épargné (Radio kiskeya, 13 déc. 2005). Sous la poussée des manifestations, Leonel Fernández a annulé certains engagements préalablement planifiés, particulièrement la réception à la résidence de l’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince et la rencontre de quelques invités d’honneur, entre autres, certains candidats à la présidence. Il a dû quitter Port-au-prince en catastrophe, sous haute sécurité, sans aucune forme de protocole. Le peuple haïtien, à travers les manifestants rassemblés devant le palais national, venait de le déclarer :
persona non grata.

             
Qu’est-ce qui explique cette situation? Les mauvais traitements infligés aux ressortissants haïtiens en République dominicaine, particulièrement aux travailleurs, semblent justifier l’accueil qui a été réservé au chef d’État dominicain. Rappelons que la présence de Leonel Fernández avait fait l’objet de plusieurs manifestations réalisées respectivement à Montréal, à Boston et à New York en été dernier par des Haïtiens assistés de Dominicains, de Portoricains et d’autres peuples de la région. Ils profitaient de la visite du président dominicain pour dénoncer les politiques racistes appliquées par le gouvernement dominicain contre la population pauvre à la peau foncée, notamment les travailleurs haïtiens en République dominicaine.

             La journée du 12 janvier 2005 a été une occasion propice pour les Haïtiens d’exprimer leur indignation à celui qu’ils considéraient ce jour-là comme un invité indésirable. Pourtant, certains analystes prévoyaient cette visite comme un moyen pour le président dominicain de faire du capital politique par rapport aux accusations d’application de politiques racistes et xénophobes faites à son gouvernement par des organisations nationales et internationales. En effet, il semblait vouloir profiter de cette visite pour redorer son blason, jeter de la poudre aux yeux des acteurs et observateurs internationaux. En d’autres termes, il voulait faire accroire que tout va bien entre les gouvernements haïtien et dominicain, et que ce sont des organisations subversives minoritaires qui cherchent à faire de la diffamation contre son gouvernement. Il a raté le coup. Des organisations de la société civile haïtienne, des étudiants rejoints par d’autres acteurs du champ politique  ont exprimé leur ras-le-bol au chef d’État dominicain et signifié à l’opinion publique nationale et internationale leur rejet des politiques racistes du gouvernement dominicain à l’égard des travailleurs haïtiens.

            Dans une interview accordée à la BBC de Londres, le président Fernández déclara que « 
lorsque nous exerçons notre droit de procéder à des rapatriements, qu’on ne nous diabolise pas à travers le monde, comme si nous étions un pays où l’on pratique le racisme, la xénophobie parce que cela est tout simplement quelque chose dont personne n’est sûr ». En effet, personne ne peut contester le droit des autorités dominicaines de rapatrier les Haïtiens établis illégalement en République dominicaine. Cela va de soi. Ce que des organisations nationales et internationales de défense des droits  humains, d’autres groupes de la société civile dominicaine, et de la diaspora haïtienne ont toujours dénoncé, ce sont les massacres perpétrés contre des ressortissants haïtiens, les conditions dans lesquelles sont réalisées les expulsions, c’est-à-dire l’expropriation des travailleurs de ce qu’ils ont gagné à la sueur de leur front au moment de leur rapatriement, le viol de nombreuses femmes, le déni de la citoyenneté de la citoyenneté dominicaine à des enfants nés de parents haïtiens en territoire dominicain, la violation systématique des droits des travailleurs haïtiens dans les plantations de canne et dans d’autres secteurs de l’économie dominicaine, le trafic d’enfants notamment des filles pour des activités humiliantes. Ces organismes sont unanimes à reconnaître qu’il existe, en République dominicaine, une nouvelle forme de servitude qui a peu à envier à l’esclavage en ce qui concerne les traitements infligés aux travailleurs haïtiens dans les « bateys ». Elles dénoncent aussi les politiques gouvernementales fondées sur le racisme biologique au sens où l’on se base généralement sur la couleur de la peau des pauvres pour les expulser vers Haïti.

 

Le comité québécois, tout en regrettant certains incidents survenus lors de cette visite, salue le courage et la dignité de tous ces Haïtiens, hommes et femmes, qui ont déclaré à leur manière
Persona non grata, le chef d’État dominicain en visite en Haïti. Ce jour s’effacera difficilement de la mémoire du président Fernández. Il invite tous les acteurs concernés à continuer à se mobiliser pour faire avancer la cause des travailleurs haïtiens en République dominicaine. Le premier des droits fondamentaux de toute personne humaine indépendamment de sa nationalité et de la couleur de sa peau est le droit à la vie, et toute politique qui porte atteinte d’une manière ou d’une autre à la vie et à la dignité de l’être humain mérite d’être systématiquement combattue.



II. Mot de l’équipe

Joyeuses Fêtes et bonne année à tous et à toutes!

Le Comité québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine souhaite à tous ses membres et sympathisant-es une très bonne année!

 



III. Revue de presse



Presse dominicaine

Perspectives et nouveaux défis dans les relations entre Haïti et République dominicaine

Les relations haïtiano-dominicaines marquées historiquement par une certaine méfiance de part et d’autre part ont pris une nouvelle direction à partir de 1996 avec la création, sur l’initiative des présidents Joaquin Balaguer et René Préval, de la commission mixte bilatérale. Ce nouvel espace, conçu pour entretenir des échanges permanents et un dialogue ouvert et franc à propos de thèmes cruciaux et de points conflictuels de l’agenda binational, nous donne sans nul doute un mécanisme officiel pour structurer la disposition mutuelle de passer de la “confrontation à la coopération”.

Neuf années se sont déjà écoulées. Les performances ne sont pas des plus spectaculaires vu les espoirs suscités par la création de la Commission. Quatre réunions formelles et la signature de 9 accords qui seraient la moyenne d’un accord par an :

- Accord phytosanitaire (décembre 1996)

- Accord de coopération touristique (juin 1998)

- Accord de coopération douanière (juin 1998)

- Accord sur les services postaux (juin 1998)

- Accord sur la protection de l’environnement (juin 1998)

- Mémorandum d’entente sur la migration (juin 1998)

- Protocole d’entente sur les mécanismes de rapatriement (décembre 1999)

- Accord sur les conditions de recrutement (février 2000)

Même là encore, plusieurs de ces instruments attendent la ratification par les instances concernées des deux pays pour leur application et, dans d’autres cas, les clauses ne sont pas respectées par les deux parties.

Comme vous pouvez le remarquer, 6 de ces documents ont été signés en 1998, c’était justement à l’occasion de la visite historique du président Leonel Fernández en Haïti, mettant fin à une période de 62 ans au cours de laquelle aucun mandataire dominicain n’avait effectué une visite d’État au pays voisin, la dernière étant celle, datée de mai 1936, du dictateur Rafael Leonidas Trujillo.[1]

Le président René Préval, en accueillant son homologue au palais national, lui exprimait sa joie de recevoir “un frère” et soulignait que c’était la première rencontre de deux chefs d’État de l’île démocratiquement élus tout en ajoutant que “le rapprochement continu entre les deux républiques sœurs est un élément important de la politique extérieure d’Haïti et rejoint également la volonté du gouvernement dominicain”.

La globalisation, la formation de blocs économiques régionaux, l’accès à des fonds de développement pour des projets binationaux, les différents sommets de chefs d’État et de gouvernements, les cérémonies de prestation de serment de nouveaux présidents, la diplomatie directe effectuée par les mandataires sont des facteurs internes et externes qui ont permis que nos différents chefs d’État ou de gouvernement entre 1996-2005 se soient rencontrés en multiples occasions, soit dans l’île ou a l’extérieur, avec une intensité numérique incomparable dans notre histoire, profitant toujours de l’occasion pour renouveler leur engagement de promouvoir des relations harmonieuses et de coopération entre nos deux pays.

Dans les domaines de la santé, particulièrement la lutte contre le SIDA, l’environnement, l’agriculture, la lutte contre la criminalité et le trafic illicite de stupéfiants, avec l’assistance technique de pays amis ou d’organismes multilatéraux, les progrès réalisés dans le cadre d’une coopération dynamique haïtiano-dominicaine sont palpables.

Pour la première fois, nous avons vu par exemple en 2003 deux épouses de chefs d’État, Mildred Trouillot Aristide et Dona Rosa de Mejia, lancer ensemble à la frontière une campagne de vaccination contre des maladies endémiques comme la malaria, la typhoïde, en assumant qu’une gestion intergouvernementale est la meilleure façon de lutter contre ces fléaux.

L’opération Ouragan, la même année, a donné aussi pour la première fois l’occasion d’interaction tactique à des agents haïtiens et dominicains dans chacun de nos deux pays avec des fouilles, descentes de lieu, persécutions directes de trafiquants de drogue, vu l’importance jouée par l’île entière, particulièrement Haïti dans le trafic de la drogue vers les États-Unis d’Amérique. De fructueuses rencontres entre les responsables des institutions policières se sont tenues dès lors, dont la plus récente effectuée la semaine passée à Jimani avec la participation du chef de la Police Nationale d’Haïti (PNdH), Mario Andresol, et son homologue dominicain, le général Bernado Santana Paez.

La présence de plus de 6 000 étudiants, des investissements de l’ordre d’un milliard de dollars d’entrepreneurs haïtiens, selon des données de l’économiste José Serulle, actuel ambassadeur de la République dominicaine en Haïti, l’installation à la frontière de zone franche de capitaux dominicains, le fonctionnement des “marchés binationaux” à Pedernales, Elias Pina et particulièrement Dajabon, et la croissance des petites et moyennes entreprises dominicaines dans la capitale haïtienne sont des aspects positifs qui permettent d’affirmer que les relations haïtiano-dominicaines ont évolué de façon extraordinaire. Réalité qui exige l’élaboration dans nos deux pays de politiques claires répondant aux exigences de l’heure.

L’instabilité politique à laquelle est confrontée Haïti depuis 1986 à la chute de la dictature duvaliériste, il faut le reconnaître, pose de sérieuses difficultés dans les relations entre les deux pays.

Les conséquences néfastes des problèmes de bonne gouvernance en Haïti sont, entre autres, l’émigration accrue des “boat people” vers les îles avoisinantes et la Floride et, naturellement, des travailleurs agricoles vers la partie orientale de l’île dont les conditions de vie sont plus élevées, Cependant, les rapports de groupes de droits humains sur le plan local et international font état de l’impact négatif dans les relations entre les deux pays, du non-respect de la dignité humaine, du refus à la nationalité dominicaine des enfants nés d’Haïtiens et de rapatriements massifs de citoyens haïtiens vivant en terre dominicaine, en dehors des normes internationales et des accords bilatéraux. Sur ce dernier point, le président Fernández s’était prononcé sans équivoque en mai dernier, en reconnaissant les violations des droits humains enregistrées lors de ces opérations tout en prenant l’engagement que “ceci ne se reproduira plus” durant sa gestion.

Face au problème que constitue pour la République dominicaine le passage illégal de la frontière de la part de nos compatriotes de façon massive, nous devons souligner l’approche diplomatique dominicaine, qui consiste à élever la voix dans les forums internationaux en faveur de l’aide au développement pour Haïti, ce qui pourrait réduire le flux migratoire haïtien en terre dominicaine

Cette même détermination est attendue pour retirer tout doute dans certains secteurs de la vie nationale dominicaine à propos d’un plan imaginaire de pays comme les États-Unis, la France et le Canada, qui chercheraient à fusionner les deux peuples de l’île en une seule nation. De même, les suspicions non fondées d’une présumée participation officielle haïtienne dans une campagne internationale contre la République dominicaine avec la complicité d’ONGs haïtiennes et dominicaines, thèse soutenue même par des législateurs.

Il est souhaitable que les responsables des deux pays prennent les dispositions nécessaires pour éviter que les mass media soient utilisés pour des appels à la haine, pour véhiculer des idées racistes et xénophobes, qui induisent à des comportements collectifs ou individuels de violence contre des Haïtiens ou des Dominicains depuis les malheureux événements de Hatillo Palma, en République dominicaine, en mai de cette année, qui ont affecté de façon significative les rapports entre nos deux peuples.

Dans ce sens, les déclarations publiques de fonctionnaires gouvernementaux ou d’influents membres de partis politiques liés au pouvoir qui voient particulièrement en la présence haïtienne “la principale menace” ou un fardeau pour la République dominicaine, associant injustement Haïtiens, délinquance, sorcellerie et maladies, sans tenir compte de la contribution de l’immigration haïtienne depuis près de 90 ans à la vie nationale dominicaine, projettent une ambiguïté des positions officielles face à Haïti et ne sont point favorables à une politique de respect mutuel dans les relations entre les deux pays.

La nécessité de la main-d’œuvre haïtienne est aujourd’hui incontournable a l’économie dominicaine de façon spéciale dans les champs agricoles et l’industrie de la construction, vu l’émigration interne dominicaine des campagnes vers les centres urbains et vers l’île de Porto Rico. Les autorités compétentes de l’île sont dans l’obligation de tout mettre en œuvre en vue de régulariser l’embauche et le statut des immigrants haïtiens et leurs familles déjà installées en République dominicaine ; et les employeurs, de garantir de meilleures conditions de travail et de vie en leur faveur.

D’un autre côté, la question de la sécurité nationale. Selon la déclaration conjointe signée entre les présidents Jean Bertrand Aristide et Hipólito Mejía lors de la visite officielle du chef d’État haïtien en République dominicaine, en 2002, les deux gouvernements s’engageaient à préserver la démocratie en empêchant que leur territoire soit utilisé pour la déstabilisation politique de l’un ou l’autre des deux pays.

La presse dominicaine a cependant dénoncé la présence tolérée dans ce pays d’opposants aux régimes haïtiens passés jusqu’à l’expédition armée de “rebelles” qui ont participé aux événements politiques du 29 février 2004, ayant provoqué une rupture de l’ordre constitutionnel en Haïti, tout en relayant les dénonciations du président de la Chambre de commerce d’Haïti, Reginald Boulos, à propos de la présence en territoire dominicain de présumés mercenaires africains ayant pour objectif l’assassinat d’importantes figures du monde politique et des affaires et le sabotage des élections en Haïti.

Le phénomène migratoire entre les deux pays (haïtiens en RD et dominicains en Haïti) dont les responsabilités sont partagées et les dispositions officielles relatives à la sûreté de l’État constituent deux aspects fondamentaux que les actuels responsables sont appelés à gérer dans le cadre du renforcement de l’État de droit et des principes démocratiques dans l’île entière.

Les problèmes politiques en Haïti sont inévitablement l’une des causes de la léthargie dans laquelle est plongée la commission mixte depuis 5 ans. Malgré l’annonce faite par les deux actuels chanceliers, Don Carlos Morales Troncoso et l’ex-général Herard Abraham, lors de visites réciproques entre mai et juin de cette année dans les deux capitales de l’île, les travaux de la commission mixte n’ont pu jusqu’à présent être formellement relancés.

Alors que nous célébrons cette rencontre juvénile en République dominicaine, l’accord de coopération en matière de jeunesse et l’accord de coopération sportive, dont l’élaboration avait été initiée, restent à finaliser.

Par ailleurs, un dossier de haute importance comme celui du commerce entre les deux pays avec une balance favorable pour la République dominicaine, dont les exportations s’estiment à près de US$ 800 millions dollars l’an, est aussi dans l’attente d’un accord formel de libre-échange entre nos deux États.

Il est tout aussi important de savoir à quel niveau se trouvent les travaux de relocalisation et réaménagement des bornes frontalières. La frontière haïtiano-dominicaine est certes un espace de démarcation légale entre nos deux pays souverains et frères, mais doit être perçue comme un espace de liaison et de communication. La convivialité entre les habitants de cette zone Haïtiens et Dominicains est un exemple à suivre et à préserver face au banditisme transfrontalier (vol de bétails, trafic d’armes, de drogue, d’illégaux et de marchandises de toutes sortes, de véhicules, kidnapping, crimes et délits) qui crée des troubles regrettables entre nos deux peuples.

Une exploitation rationnelle des ressources naturelles à partir d’une gestion bilatérale pour la préservation de l’écosystème, particulièrement dans la zone frontalière, est indispensable face à la détérioration croissante de l’environnement. Dans ce sens, une priorité devrait être accordée à la rivière de l’Artibonite pour la mise en oeuvre de projets d’exploitation communs entre les deux pays. Nos gouvernements ne devraient en aucun cas lancer des initiatives unilatérales dans ce domaine.

Haïti et la République dominicaine, l’on dit souvent, sont deux frères siamois, un mariage sans divorce ou les ailes d’un même oiseau, des figures qui illustrent clairement le type de rapports qui doivent caractériser nos deux nations sœurs. Dans cette optique, la réalité de la cohabitation insulaire de nos deux pays nous oblige à définir une politique d’État de nos relations, nous aidant à renforcer nos liens; à surpasser les préjugés historiques; à gérer nos contentieux avec pragmatisme; à promouvoir la coopération technique, scientifique, culturelle, sportive, et touristique; à créer des espaces de participation pour nos pays dans les initiatives pétrolières et économiques régionales et intercontinentales; à lutter ensemble contre les maux qui rongent nos deux sociétés, particulièrement la pauvreté qui poussent nos compatriotes à chercher de meilleures conditions de vie en dehors de l’île.

Des défis que nous pouvons surmonter. Des engagements que vous aurez à gérer dans un futur pas trop lointain, jeunes des deux pays dans un nouveau cadre que les dirigeants actuels doivent garantir, de respect mutuel, d’amitié et de paix.

_______________________________ 

[1] Le président Salvador Jorge Blanco a cependant réalisé une visite officielle en 1984 à Port-au-Prince en se rendant à la Jamaïque. Si Trujillo a passé la nuit à Port-au-Prince dans un navire de guerre dominicain, Leonel Fernández a passé la nuit dans un hôtel de PV. Durant la visite de Trujillo, une partie de la grand rue a été baptisée Avenue Rafael L. Truillo. 

Source : Edwin Paraison, emph@verizon.net.do, Cérémonie d’ouverture de la première rencontre juvénile haïtiano-dominicaine, Banque centrale de la République dominicaine, 11 novembre 2005, Santo Domingo



Presse haïtienne

Quatre militaires dominicains arrêtés pour trafic d’illégaux haïtiens

L’ancien ambassadeur Guy Alexandre et le GARR opinent sur la question haïtiano-dominicaine



Quatre militaires dominicains ont été expulsés de l’armée et arrêtés pour trafic d’illégaux haïtiens à la frontière avec Haïti, à Dajabon/Ouanaminthe (Nord), a-t-on appris de source officielle ce 17 décembre.



Les militaires dominicains emprisonnés sont un sergent et trois soldats, ont fait savoir des sources militaires à l’agence EFE, sans révéler leur identité.



Le jésuite Regino Martínez, coordonnateur de l’organisation Solidarité Frontalière, a fait valoir dans la presse que le trafic de personnes et la contrebande à la frontière sont difficiles à contrôler, à cause de l’implication de beaucoup de responsables frontaliers dominicains dans ces activités.



La République dominicaine et Haïti partagent une frontière de quelque 335 kilomètres, avec une quarantaine de points de passages informels, selon ce qu’a révélé l’économiste Camille Chalmers, lors d’une journée d’information organisée le 16 décembre dernier à Port-au-Prince par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR).



Lors de cette journée, à laquelle a pris part un reporter d’AlterPresse, le GARR a voulu sensibiliser les acteurs politiques sur les enjeux de la problématique haïtiano-dominicaine.



Invité à intervenir à cette activité, l’ancien ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Guy Alexandre, indique que « le principal contentieux entre les deux pays est le problème migratoire ».



« La seule politique migratoire qui fonctionne entre les deux pays est le rapatriement des Haïtiens, qui devient massif et systématique à partir de juin 1991 », précise le diplomate.



Selon Alexandre, les incidents du 12 décembre, durant la visite perturbée à la capitale haïtienne du chef d’État dominicain Leonel Fernández, démontrent clairement la gravité du problème. Il interprète les événements comme la manifestation de colère du peuple comme suite aux « nouvelles révoltantes » concernant des migrants haïtiens de
mai 2005 lorsque des Haïtiens ont été assassinés et pourchassés à Hatillo Palma (Nord), aux récentes violences contre les Haïtiens à Moca (Nord) pendant les dernières semaines.



Prenant la parole en la circonstance, la coordonnatrice du GARR, Colette Lespinasse a déploré les événements malheureux du 12 décembre. Le GARR « comprend très bien la colère du peuple haïtien qui ne peut digérer les nouvelles d’agressions dont sont l’objet les migrants haïtiens en République voisine », déclare-t-elle. Elle encourage les protestataires à faire valoir leur revendication de manière pacifique.



D’un autre coté, Lespinasse dit regretter les déclarations provocatrices du chef d’État dominicain 48 heures avant sa visite en Haïti.



Pour sa part, Camille Chalmers dénonce l’ « extrême violence » qui caractérise les rapports entre Haïti et la République dominicaine, qui sont « excessivement militarisés ».



Un cahier de charges contenant des propositions relatives à la problématique haïtiano-dominicaine a été remis à des représentants de partis politiques, dont l’Alliance démocratique (ALYANS), le Coumbite pour bâtir Haïti (KONBA), le Grand rassemblement pour l’évolution d’Haïti (GREH) et le Rassemblement des démocrates nationaux progressiste (RDNP).



Himmler Rébu, du GREH, est le seul candidat à la présidence qui a répondu à l’invitation du GARR.

Source : AlterPresse, Port-au-Prince, 17 décembre 2005

La pression s’accentue sur les étudiants haïtiens en République dominicaine

 

La pression s’accentue sur les étudiants haïtiens en République dominicaine après les incidents qui ont troublé la visite du président dominicain Leonel Fernández à Port-au-Prince le 12 décembre, selon des témoignages reçus de Santo Domingo par AlterPresse. Après les injures et les propos hostiles, des tracts menaçants sont jetés devant les appartements où résident des étudiants haïtiens et dans les centres universitaires qu’ils fréquentent. « Rentrez chez vous, nous ne voulons plus de vous », lit-on dans certains de ces tracts. D’autres traitent les étudiants haïtiens de « malditos » (maudits) et de « malagradecidos » (ingrats). Des étudiants qui se sont confiés à AlterPresse par messagerie instantanée indiquent qu’une bonne partie d’entre eux sont en train de récupérer leurs dossiers académiques pour rentrer en Haïti par crainte d’être victimes de représailles. D’autres auraient déjà laissé la République dominicaine sans passer l’examen de cycle. Dès le 13 décembre, au lendemain de la visite perturbée à Port-au-Prince de Fernández, un étudiant souhaitant garder l’anonymat a déclaré à AlterPresse qu’ « on ne peut pas se rendre à l’université et des individus nous lancent des injures et des propos hostiles ». Le jeune a affirmé que, dans la soirée du 14 décembre, deux étudiants haïtiens avaient été arrêtés à leur sortie de l’université UTESA. L’un d’entre eux a été maltraité par des policiers, selon la même source. Port-au-Prince a connu les 12 et 13 décembre des journées de tension, où des jeunes ont protesté contre la politique de la République dominicaine vis-à-vis d’Haïti. Parallèlement, le gouvernement haïtien a confirmé le mercredi 15 décembre la nomination du duvaliériste, Fritz Cinéas, comme nouvel ambassadeur d’Haïti en République dominicaine. L’annonce a été faite par le ministre des Affaires étrangères, Hérard Abraham, qui s’exprimait au cours d’un point de presse au local du ministère de la Culture où le Conseil des ministres présentait son rapport sur les sujets d’actualités et les différents décrets adoptés par le gouvernement. Hérard Abraham affirme que les correspondances avec la République dominicaine pour cette nomination sont en cours, soulignant que le gouvernement est dans l’attente d’acceptation formelle de la part des autorités dominicaines. Le nouvel ambassadeur aura pour mission de s’enquérir de la situation des Haïtiens vivant en République voisine, déclare le ministre Abraham. Ce dernier précise aussi que le diplomate aura pour tâche de poser le problème du rapatriement massif des Haïtiens, des travailleurs migrants et la question des enfants haïtiens nés en République dominicaine.

Source : AlterPresse, Port-au-Prince, 16 décembre 2005.



IV. Nouvelles internes du Comité québécois

Bienvenue à notre agent de liaison et de projets et bonne chance à son prédecesseur!

Le Comité québécois est heureux de vous annoncer l’arrivée de monsieur Xavier Da Silva au sein de son équipe. Il remplace depuis la mi-décembre Doudou Sow comme agent de liaison et de projets. Le Comité québécois remercie Doudou pour son bon travail. Tout au long de sa période de travail, Doudou s’est fait remarquer par un talent hors du commun, une loyauté sans faille et un esprit de collaboration digne des grands esprits. Merci encore et toujours, cher ami Doudou Sow!

 

Demande de dons et de bénévoles

Nous lançons un appel à tous nos membres et sympathisants afin de recueillir vos dons de toutes sortes, matériels ou financiers. En tant qu’organisme à but non lucratif, nous comptons beaucoup sur votre générosité. Si vous préférez plutôt donner du temps, sachez que le Comité québécois est à la recherche de bénévoles pour des tâches en bureautique ou en soutien général. N’hésitez pas à faire circuler le mot dans votre entourage! Pour faire un don au Comité québécois ou pour obtenir plus d’informations, veuillez communiquer avec nous par téléphone au (514) 523-2434. Pour recevoir un reçu de charité, déductible d’impôt, veuillez SVP libeller votre chèque à l’ordre de Comité haïtien / Paroisse Sacré-Cœur.

Nous sommes présentement à la recherche d’un ou une bénévole agissant à titre de commis comptable pour le Comité québécois.

Nous avons actuellement un grand besoin d’un télécopieur, d’un graveur de CD et de photocopieurs.



V. Annonce communautaire

LISEZ RÉFÉRENCE MAGAZINE INTERNATIONAL

Référence est un magazine d'information sociale et culturelle qui se veut un trait d'union dans la mosaïque intercommunautaire du Canada, avec un regard jeté, en particulier, sur les diasporas haïtienne, africaine, latino-américaine et les autres communautés culturelles. Votre abonnement à Référence Magazine International est gratuit jusqu’au 31 décembre 2005, si vous recrutez 5 abonnés.

Pour plus d’informations communiquer avec le rédacteur en chef, M.Pradel Charles au téléphone (514) 374-0215 ou par courriel :
info@referencemagazine.com ou visiter le site http:// www.referencemagazine.com.



Prochaine édition de La Machette

La prochaine édition de La Machette sera publiée le vendredi 27 janvier 2006.

Annonces, questions, commentaires, suggestions? N’hésitez pas à communiquer avec nous!

Pour appuyer l’action du Comité québécois, nous vous invitons à naviguer notre site Web et vous demandons d'encourager vos amis à en faire autant à l’adresse suivante : www.geocities.com/cqrd

Équipe de La Machette

Édition : Pérard Joseph

Éditorial : Ilionor Louis

Mot de l’équipe : Marie-Dominik Langlois et Xavier da Silva

Coordination : Marie-Dominik Langlois, Ann Dominique Morin

Rédaction : Marie-Dominik Langlois

Traduction : Audrey Bélisle, Lynda Maret, Marie-Dominik Langlois, Jason Smith

Révision et correction : Marie-Dominik Langlois, Pérard Joseph

Recherche : Marie-Dominik Langlois, Audrey Bélisle, Noureddine Salhi, Michel Jobin

Collaboration : Ann Dominique Morin, Émile Jean-Gilles, Bonny Jean-Baptiste, Léa Roboam: Ilionor Louis

Conception graphique : Antoine Dang-vu

Documentation site Internet : Maxime Dallaire

Archives des anciens numéros :
www.geocities.com/cqrd







[1] Le président Salvador Jorge Blanco a cependant réalisé une visite officielle en 1984 à Port-au-Prince en se rendant à la Jamaïque. Si Trujillo a passé la nuit à Port-au-Prince dans un navire de guerre dominicain, Leonel Fernández a passé la nuit dans un hôtel de PV. Durant la visite de Trujillo, une partie de la grand rue a été baptisée Avenue Rafael L. Truillo.



 

 

 

 

 

 

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