COMITÉ QUÉBÉCOIS POUR LA RECONNAISSANCE DES DROITS DES TRAVAILLEURS HAÏTIENS EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

 

La Machette

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Montréal, le 30 janvier 2004.

Chers membres et sympathisants [1],

Le Comité québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine vous renouvelle tout d’abord ses vœux pour la nouvelle année et espère que les fêtes ont été joyeuses pour chacun d’entre vous.

En 2004, le Comité québécois est toujours habité des meilleures intentions du monde quant à la cause qu’il défend et que vous soutenez.

De nouveaux défis nous attendent donc en 2004, à commencer par le projet de mettre sur pied un Réseau international de la diaspora.

Car, comme nos démarches vont vous le démontrer dans ce bulletin, notre organisme se penche sur le rôle que pourrait jouer la diaspora haïtienne, notamment canadienne, pour aider Haïti à sortir de la crise dans laquelle elle est enfoncée. Le climat socio-politique se dégradant considérablement ces six derniers mois, le Comité québécois en est venu à la conclusion qu’il fallait avant toute chose essayer de favoriser une solution pacifique à la crise en Haïti, avant d’entreprendre de nouveaux projets. Or, la stabilité politique en Haïti demeure un déterminant majeur qui influe indubitablement sur la réalisation de nos projets et de ceux des autres organismes œuvrant dans le milieu haïtien ou en Haïti.

Cette nouvelle édition de notre bulletin d’information mensuel, vous explique tout sur nos projets en 2004.

I. REVUE DE PRESSE

PRESSE DOMINICAINE

Ce mois-ci, la presse dominicaine ne s’est pas fait l’écho de la situation dans les bateyes.

PRESSE HAÏTIENNE

République dominicaine : Pro Enfance dénonce le travail des enfants (Haïti Progrès, volume 21, n°44, du 14 au 20 janvier 2004)

Au cours d’une conférence de presse tenue le 5 janvier dans la cathédrale de San Juan à Porto Rico, le « Comité Pro Enfance haïtienne » (« Comité pro Niñez Haitiana ») de Porto Rico a demandé au gouvernement dominicain de mettre fin à la politique de refus d’enregistrement à l’État civil des enfants nés d’immigrants haïtiens. Hilda Guerrero, une dominicaine établie à Porto Rico et porte-parole du Comité, s’est en cette occasion interrogée sur l’attitude passive de l’Unicef face à cette question. Car ils sont des milliers, ces enfants, répartis dans les bateyes, presque sans aucune communication avec l’extérieur, qui n’ont pas droit aux services de santé et à l’éducation. N’ayant pas de documents, ces enfants ne peuvent pas s’inscrire à l’école. Le gouvernement dominicain « devrait se montrer sensible face à cette situation », a conclu Mme Guerrero.

Le bicentenaire d'Haïti inaugure l'année de commémoration de la lutte contre l'esclavage et de son abolition (www.haïtipressnetwork.com, le 4 janvier 2004, par J.E.C.)

Le bicentenaire d'Haïti revêt « une signification profonde pour toute l'humanité et une façon « idéale » pour commencer l'année internationale de commémoration de la lutte contre l'esclavage et de son abolition.

C'est ce qu'a indiqué mercredi le Secrétaire général des Nations unies. Dans une déclaration transmise par son porte-parole, le 31 décembre 2003, le Secrétaire général Kofi Annan a salué l'étape importante du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti et a souhaité que le pays sorte de l'impasse politique actuelle pour trouver la voie du développement.

M. Annan a également félicité le peuple haïtien et a rappelé que la proclamation de l'indépendance de la République d'Haïti, le 1er janvier 1804, a initié la « fin de l'esclavage dans les Amériques »

Le Secrétaire général a exprimé l'espoir que les Haïtiens, tout en se rappelant l'esprit qui a animé leurs ancêtres, trouveront une issue à l'impasse politique dans laquelle se trouve actuellement leur pays.

M. Annan a souligné la nécessité d'établir « un consensus qui permette de poursuivre plus vigoureusement les objectifs de bonne gouvernance, de respect des droits humains, de rétablissement économique et social et de régénération humaine et environnementale »

Le Secrétaire général a ajouté que l'ONU « se tenait prête à prendre sa part de l'aide apportée au pays pour façonner un avenir meilleur pour tous les Haïtiens »

II. NOUVELLES INTERNES DU COMITÉ QUÉBÉCOIS

Lancement d’un Réseau international de la diaspora.

Devant l’aggravation de la situation en Haïti ces dernières semaines, et devant l’importante diaspora haïtienne répartie dans le monde, le Comité québécois a décidé d’agir en proposant aux groupes de cette diaspora d’unir leurs forces en un Réseau de solidarité. Ce réseau serait composé d’Haïtiens de la diaspora et son principal objectif serait de regrouper les forces vives désireuses de conjuguer leurs actions pour aider Haïti à trouver une issue à la crise.

Notre but est donc de réunir sur une base organisationnelle la majorité des Haïtiens vivant à l’extérieur autour d’un intérêt commun : « trouver une solution pacifique à la crise haïtienne et œuvrer pour le développement d’Haïti ». Ce développement aura comme fin et moyen : « l’homme haïtien et la femme haïtienne ». Il vise à permettre à tous les organismes et à toutes les personnes de bonne volonté, de sensibiliser la diaspora haïtienne, notamment du Canada, des États-Unis, d'Europe et de partout ailleurs, à la situation d’Haïti et de l’inciter à contribuer au développement du pays. Cela peut se faire par l’échange, la réflexion afin de susciter un large dialogue sur les aspects concrets de développement d’Haïti. Car il faut avant tout faire circuler l'information.

Stagiaires. Notre stagiaire en secrétariat, Mme Délivrance Alexandre, nous a déjà quitté après nous avoir rendu bien des services. Nous lui remercions pour son travail et sa bonne humeur communicative et lui souhaitons bonne chance dans sa recherche d’emploi. Comme les stagiaires se suivent et ne se ressemblent pas au Comité québécois, c’est au tour de Mme Jessica Missongo de se joindre à notre équipe. Étudiante en communication, Mme Missongo travaille déjà sur le projet du Réseau international de la diaspora. Nous lui souhaitons donc bienvenue parmi nous.

À l’instar du mois dernier, nous avons une nouvelle naissance à annoncer. Julieta est arrivée chez Sebastian Moreno, ancien collaborateur du Comité québécois, et chez sa compagne Alexandra. Nous souhaitons à tous trois beaucoup de bonheur et nous les remercions d’alimenter ainsi notre nouvelle rubrique « naissances au Comité »

III. ANNONCES COMMUNAUTAIRES

Parution du dictionnaire bilingue Haïtien-Français, Français –Haïtien de Prophète Joseph, aux Éditions Combit.

Si vous vous posez des questions grammaticales et orthographiques sur votre créole, vous trouverez sûrement les questions dans le dictionnaire Français –Haïtien ou le diksyoné Ayisyen-Franse du linguiste Prophète Joseph. Véritable outil sur la langue et la culture haïtienne, vous pourrez vous procurer cet ouvrage pour la somme de 29,95$, en communiquant avec les Éditions Combit via leur site : www.combithaitien.com ou encore en effectuant votre achat en ligne sur www3.sympatico.ca/creolefrancais.

Deux expositions sur l’esclavage, de l’artiste Guy Giard, à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance d’Haïti et dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs, à la maison de la culture Rivière-des-Prairies, du 6 février au 11 avril 2004.

La première exposition, nous amène tout d’abord a réfléchir sur la réalité tant passée que contemporaine, de l’esclavage. De la Grèce antique aux 300 000 enfants esclaves Restaveks d'Haïti, l'esclavage existe toujours. Qui sont ceux qui entretiennent cette relation de maître/esclave et quelles sont leurs motivations ? Cette installation multimédia aborde les suites de l'esclavage, qui encore aujourd’hui se manifeste sous de multiples facettes. Cinq conférences gratuites, animées par des historiens, des auteurs ou des intervenants d’organismes humanitaires viennent compléter ce premier volet.

Cette exposition est présentée dans la salle d'exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies, 9001, boulevard Perras.

La seconde activité proposée est une exposition photos sur une réalité peu connue de l'histoire de Montréal, celle de la présence d'esclaves africains et autochtones aux 17ème et 18ème siècles. Qui étaient-ils, d'où venaient-ils, que sont-ils devenus ? Très peu de documents existent pour nous renseigner sur le sujet. Toutefois, on a pu retracer le parcours de Marie-Joseph Angélique, jeune esclave qui sera exécutée sur la place publique le 21 juin 1734. Son histoire constitue le cœur du projet de Guy Giard qui invite le public à réfléchir à ce quelle et des milliers d’autres ont pu vivre à cette époque.

Cette exposition est présentée à la salle de diffusion de la maison du Bon-Temps, 8000, boulevard Gouin Est.

Pour tout renseignement, veuillez contacter la Maison de la Culture Rivière des Prairies, 9001, boulevard Perras, Métro Henri-Bourassa, www.haiti2004.fr.fm

www.extremis.tv, un site d’information sur l’esclavage moderne.

Dès le 4 février prochain, vous pourrez lire sur le site d’Extremis.tv des informations concernant un documentaire sur l’esclavage moderne qui sera diffuser sur Télé Québec, le 4 mars 2004 à 20h00. « La colère des parias » présentera les témoignages de personnes subissant des conditions de vie humiliantes en Inde, en Floride et en République dominicaine. Mais dès le mois de février des renseignements sur la manière dont a été tourné le documentaire et sur les personnes rencontrées, notamment dans les bateys, seront disponibles sur le site. Nous vous invitons à en prendre connaissance et, d’ors et déjà, à noter dans vos agendas la date de diffusion de ce documentaire.

Publication d’un article sur les travailleurs migrants et sur l’esclavage dans Ici, avec notamment une retranscription des propos de Sonia Pierre, présidente du Mouvement des femmes dominicano-haïtiennes (MUDHA).

Par l’intermédiaire du Comité, la journaliste Lise Parent a réalisé une entrevue de la présidente de MUDHA, Sonia Pierre. Ses propos seront retranscris dans un article sur les pratiques douteuses à l’égard des migrants et sur l’esclavage moderne dans divers pays du monde. Via Sonia Pierre, la journaliste aborde le problème des Haïtianos-Dominicains dépourvus de papiers d’identité et victimes d’expulsions arbitraires vers Haïti. Cet article devrait paraître dans l’édition de Ici, journal gratuit de Montréal, du jeudi 5 février 2004.

N’hésitez pas à communiquer avec nous tant au sujet du travail du Comité que pour formuler des remarques ou obtenir des renseignements sur les activités proposées en amont.

La prochaine édition de La Machette paraîtra le vendredi 27 février 2004.

ÉQUIPE DE LA MACHETTE

Édition : Pérard Joseph
Coordination et Rédaction : Isabelle Dubois
Collaboration : Adler Aristilde, Christian Agbobli
Conception graphique : Antoine Dang-Vu


 

 

 

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