25 mai 2004
De tous les athlètes québécois qui ont gagné une médaille aux Olympiques, c'est Bruny Surin qui a su en tirer le plus de profits. .
Michelle Coudé-Lord
Des commandites de 100 000 $ n'étaient pas rares dans son cas. Et en tant que gérant du jeune coureur lavallois Nicolas Macrozonaris, M. Surin risque de devenir encore plus riche car une victoire à Athènes de son client signifie une commandite de un million de dollars, au dire d'un spécialiste de National. Ce qui serait une première au Québec pour un athlète.
Ces déclarations, vous les entendrez à Enjeux ce soir, 20 heures, à Radio-Canada. Intitulé Les athlètes qui valent de l'or, ce reportage du journaliste François Dallaire et de la réalisatrice Mireille Ledoux est fort intéressant et touche une question qu'on aborde peu souvent, soit celle de l'argent et les athlètes olympiques.
Riches, non athlètes ?
On les croit tous riches après leur victoire aux Olympiques ; oui, ils sont accueillis en héros, mais attention, comme le dit avec justesse la championne Sylvie Bernier, « ce n'est pas les Etats-Unis, ici ».
Elle est incapable de chiffrer vraiment les retombées de sa médaille d'or en plongeon, mais elle avoue l'avoir gagnée dans une période où l'argent était moins associé au sport que maintenant.
Oubliez cela, des commandites de plus de 100 000 $ au Québec pour nos champions.
« À peine deux athlètes ont pu en bénéficier. On parle plutôt de montants autour de 20 000 $», assure Jean Gosselin, l'expert.
Alexandre Despatie, une médaille qui vaudra son pesant d'or !
La jeune vedette Alexandre Despatie est un des chanceux. À l'âge de 13 ans, tout simplement parce qu'il avait dit tout innocemment en conférence de presse au retour d'un championnat qu'il avait juste hâte d'aller manger un Big Mac, le géant McDonald l'a mis sous contrat et l'association dure depuis toutes ces années.
Son père vient de quitter sa gérance et a remis la carrière post-olympique de son fils entre les mains du géant américain IMG, la même compagnie qui gère la carrière de Tiger Woods.
Une médaille en plongeon à Athènes pourrait donc lui rapporter gros.
Le plongeon d'Annie Pelletier
Tout comme elle nous l'a confié la semaine dernière, la championne d'Atlanta Annie Pelletier raconte sa douloureuse descente au reporter d'Enjeux.
Une Annie Pelletier qui a repris le contrôle de sa vie, toujours très émouvante, qui avoue avoir perdu le goût de vivre après ces années où « on a véhiculé une image de pitoune peu intelligente qui couche avec tout le monde ».
« Ça fait très mal et mes parents en ont tellement souffert! »
Aujourd'hui, Annie Pelletier est relationniste au Comité olympique canadien et sera commentatrice à Athènes pour la télé de Radio-Canada.
Nicolas Gill : la fierté, mais pas d'argent
Que dire maintenant de la franchise de Nicolas Gill, grand champion en judo ? Il avoue n'avoir pu profiter de ses médailles tout simplement parce qu'il est « trop franc » ? Pas un commanditaire ne peut l'obliger à dire ce qu'il ne veut pas dire.
« Ces médailles ne m'ont rien rapporté, mais ça ne fait rien... », affirme-t-il avec franchise - et on le croit.
Ah ! ces coureurs
Au fait, les plus « baveux » sont les champions en athlétisme.
Les coureurs du 100 mètres à la Carl Lewis nous ont habitués à cette image d'être au-dessus de leurs affaires.
Bruny Surin le confirme dans ce reportage, et son dauphin, Nicolas Macrozonaris, n'est pas piqué des vers non plus.
« Il pourrait être millionnaire », assure l'expert à Enjeux.
Déja associé à Reebok et à Nike, voici que Nicolas, le Lavallois, affirme tout bonnement « je suis beau », ce qui est loin de nuire dans cette course à l'argent.
« Et à Athènes, je serai bronzé, c'est encore mieux ! », ajoute-t-il en riant.
Tout un homme, ce Nicolas. Absolument une histoire à suivre dans son cas : rappelons qu'il pourrait devenir le premier Blanc à courir le 100 mètres sous la barre des dix secondes.
Un reportage fort pertinent qui nous montre bien l'envers de la médaille à quelques semaines des Jeux d'Athènes. Une médaille qui a assurément un prix.
une page mise à jour le 25 mai 2004 par SVP