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mardi 17 septembre 2002, 19h47
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Michel Houellebecq devant la justice pour injure à l'islam
Poursuivi à l'appel de trois organisations musulmanes (les grandes mosquées de Paris et de Lyon et la Ligue islamique mondiale), Houellebecq répondait devant la 17ème chambre correctionnelle de propos tenus en septembre 2001 dans le mensuel littéraire Lire. "La religion la plus con, c'est quand même l'islam", avait-il notamment estimé. "Effondré" par la lecture du Coran, il qualifiait l'islam de "religion dangereuse, et ce depuis son apparition". Mardi, Houellebecq, 44 ans, apparaît tel qu'en lui-même, en chemise grise à carreaux, emprunté, maladroit. Mais diablement efficace lorsqu'il s'amuse avec les mots. "Autant mettre des points-virgules, je le fais mieux que quiconque dans la littérature française, autant me demander un avis d'ordre général, quand on me connaît, c'est presque absurde", explique-t-il au tribunal. "Je change beaucoup d'avis", ajoute-t-il. Dans la salle comble, les rires sont fréquents. Mais pas chez l'écrivain. Pince-sans-rire ou authentique cynique ? Imprécateur ou provocateur inconstant ? Il ne nie pas mais tempère, il ne se déjuge pas, mais dédramatise. "Tout le ton général de l'entretien, c'était du mépris, pas de la haine", précise-t-il. "L'acte d'accusation est présenté sous un jour assez grandiose. On dirait que le monde entier attendait mes déclarations. Mais ça n'a pas été une onde de choc", ironise-t-il. Mais ni le président du tribunal, Nicolas Bonnal, ni les parties civiles ne se satisfont de cette banalité revendiquée. "Vous prenez les musulmans pour des cons ?", le provoque un avocat des parties civiles. "Je n'ai jamais dit ça. J'ai dit qu'ils suivaient une religion qui m'apparaît comme stupide", répond l'écrivain. "Il existe un discours convenu qui consiste à dire que les textes fondamentaux ne prêchent que la paix. Mais dans la réalité, les textes monothéistes ne prêchent ni la paix, ni l'amour, ni la tolérance: ce sont des textes de haine", affirme-t-il. Et d'ajouter: "je n'ai jamais manifesté le moindre mépris pour les musulmans, mais j'ai toujours autant de mépris pour l'islam". Lorsqu'il se rassoit, c'est Pierre Assouline qui vient témoigner à la barre. Le rédacteur en chef de Lire a écrit un éditorial dans lequel il condamnait "l'aversion pour les Arabes" de Michel Houellebecq, qui se situait selon lui "dans un au-delà de la provocation littéraire (...)", pour atteindre "la vengeance". L'avocat de Houellebecq l'apostrophe violemment. Me Emmanuel Pierrat accuse le magazine d'avoir tronqué des citations, modifié des phrases, amplifié l'importance des propos. Dans les procès en diffamation, l'auteur des paroles attaquées et le journal qui les a publiées sont souvent solidaires. Mais cette fois, l'ambiance se fait délétère. "Houellebecq a eu vingt fois la parole juste après la parution de l'entretien. Jamais il n'a condamné Lire dans sa façon de rapporter ses propos", se défend Pierre Assouline. "Il est curieux que vous attendiez l'audience pour dénier des propos que vous n'aviez jamais déniés", renchérit Me Jean-Marc Varaut, un des avocats de la grande mosquée de Paris. Les écrivains Philippe Sollers, Michel Braudeau ou encore la journaliste du Monde des Livres, Josyane Savigneau, devaient ensuite témoigner à l'appel de la défense de Houellebecq. Le réquisitoire du parquet était attendu dans la soirée. |
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Culture
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