Mathias' Production 97
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I ) Leon Walras: fondateur de l'Ecole de Lausanne
A. Elements bibliographiques
B. L'Equilibre General
A. Elements bibliographiques
B. Optimum de Pareto
C. Theorie des Elites
La contribution des Marginalistes fut le remplacement de la théorie de la valeur travail par celle de l'utilité marginale... Les deux théories placent au coeur de leur analyse la question de la formation des prix . Elle repose pour les Néoclassiques sur le comportement du consommateur avec l'aide du concept de valeur à la marge, c'est-à-dire de la valeur de la dernière unité. Cette vision basée sur le comportement humain fut par la suite plus largement admise et exploitée que la valeur utilité des Classiques. C'est d'ailleurs l'utilisation du marginalisme qui marque la ligne de séparation entre Classiques et la théorie néoclassique (ou marginaliste). L'approche classique considère l'économie comme la prévision des effets engendrés par les variations de la quantité de capital et de travail sur le taux de croissance de la production nationale... L'approche marginaliste insiste plus sur les conditions sous lesquelles ces facteurs de production doivent à être répartis pour obtenir un résultat optimal en situation de concurrence - optimal dans le sens de la maximisation de la satisfaction du consommateur sous contrainte...
Ont été qualifiés de néoclassiques
des auteurs qui comme les classiques (Smith, Ricardo...) voulaient
montrer les avantages du libéralisme mais en adoptant une
démarche différente (d'où le terme de néo).
Mais tandis que les classiques accordent une grande importance
aux groupes sociaux existants dans leur pays, les néoclassiques
concentrent leur attention sur l'individu... L'individu est considéré
comme rationnel et cherchant par nature la maximisation de sa
satisfaction sous contraintes (budget...) Ils pensaient que dans
une société libérée de toute entrave
au niveau des échanges le bonheur commun résulterait
de la recherche individuelle de son bonheur personnel. La rationalité
du comportement de l'individu et la poursuite de son seul intérêt
définissent l'Homo economicus qui est un modèle
dans la théorie marginaliste. Fascinés par les résultats
de la physique et de la mécanique, ils voulaient faire
de même en économie en utilisant les outils mathématiques.
Il existe trois écoles marginalistes dont l'École
de Lausanne représentée par L. Walras
(1834-1910) et son successeur V. Pareto (1848-1923) qui
se caractérise par un formalisme mathématique poussé,
les deux autres étant Vienne et Cambrigde... Même
si Walras a également présenté la théorie
de l'utilité marginale dans ses « Éléments
d'économie pure » (1874), la préoccupation
centrale de ces deux auteurs est la définition des conditions
de l'équilibre général, c'est-à-dire
d'un schéma d'interdépendance général
des marchés de produits et des marchés de facteurs
de production.
Né à Evreux le 16 Déc. 1834
sous le nom de Marie-Esprit-Léon Walras et meurt le 5 Janv.
1910 à Clarens près de Montreux en Suisse. Son père
Auguste est à la fois philosophe, économiste et
inspecteur d'académie et influencera les positions économiques
de son fils et lui fera découvrir très tôt
les idées de Cournot qu'il qualifiera de père de
l'Économie Mathématique.
Économiste français, son ouvrage marquant
« Éléments d'économie politique
pure (ou théorie de la richesse sociale » (1874-77)
fut l'une des premières analyses mathématiques de
l'équilibre général en Économie pourtant
il n'avait pas de diplômes... toute son étude reposera
sur la recherche de formules mathématiques pour comprendre
l'économie et faire de l'économie une science. Après
deux échecs à l'entrée de Polytechnique à
cause d'une mauvaise préparation en mathématiques
il entre à l'École des Mines en 1854 mais quitte
l'école sans diplôme. En 1858, son père le
convint de dévouer sa vie à l'économie mais
l'absence de diplôme lui fermera les portes de l'Université.
Plus créateur que technicien il maîtrise tardivement
les techniques mathématiques de maximisation... S'opposant
aux privilèges liés à la propriété
de la terre et avec des idées relativement radicales sur
l'impôt (« De l'impôt dans le canton
de Vaud », 1860), celui qui fonde le modèle
central de l'orthodoxie libéral en économie est
perçu comme un socialiste sur le plan politique... En 1865
il crée avec Léon Say une sorte de banque d'aide
aux coopératives et après une brève tentative
dans le journalisme avec ce dernier où il exprime son souhait
d'une justice sociale qui corrige les inégalités
de naissance, ces deux tentatives se révèlent un
échec en 1868. Il cherche en économiste social une
formule de répartition de la richesse sociale équitable
et efficace en donnant d'avantage de ressources à l'État
avec des nationalisations (terres, monopoles naturels, chemins
de fer...). Apparaissant comme un hérétique, il
est désapprouvé en France et malgré son amitié
avec Jules Ferry et des idées novatrices pour la réforme
de l'éducation populaire il n'obtient pas de poste comme
professeur titulaire... C'est à Lausanne qu'il obtient
en 1870 une chaire d'Économie Politique et où il
passera les 40 dernières années de sa vie jusqu'en
1910.
Léon Walras est parfois présenté
comme un économiste suisse tant il est vrai que sa patrie
d'adoption l'a mieux accepté et reconnu que celle de sa
naissance. Il est considéré
comme celui qui a fondé ce qui est devenu, sous la direction
de l'économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto,
l'École de Lausanne...
En 1874, Léon Walras reprend en partie l'analyse de J.B. Say en soulignant l'identité comptable entre la somme des offres et la somme des demandes dans l'économie nationale. Du fait de la contrainte budgétaire, on ne peut acheter (demander) des biens et des services que pour une valeur équivalente au budget, on peut emprunter mais cela signifie qu'un autre agent ne "consomme" pas tout son budget... Globalement lorsque l'on considère la totalité des agents et la totalité des biens et services, l'Offre Globale et la Demande Globale sont nécessairement égales.
Cette identité est nommée Loi de Walras. Elle revient à dire que
« La valeur totale des offres étant identique
à la valeur totale des demandes, si l'équilibre
entre offre et demande est réalisé sur n-1 marché
alors il est réalisé sur le nième
marché. »
L'école de Lausanne fondée par L. Walras
est également qualifiée de courant de « l'équilibre
général ». Au sein de la théorie
néoclassique deux approches existent: celle dite de l'équilibre
partiel dont A. Marshall fut l'initiateur et celle dite de
l'équilibre général qui reprend la
démarche de Walras. L'approche par l'équilibre
partiel ne s'intéresse qu'à un seul marché
et suppose que les autres marchés sont figés ( « hypothèse
du toutes choses étant égales par ailleurs »
ou ceteris paribus). Son principal avantage est sa simplicité
et la plupart des travaux en économie néoclassique
font appel à ce type de représentation. Toutefois
« l'hypothèse de toute chose étant égale
par ailleurs » est irréalisable: le raisonnement
typique d'équilibre partiel « démontre »
que pour que l'embauche (sur le marché du W) augmente il
faut diminuer la rémunération du W... Mais raisonner
ainsi c'est oublier que le salaire est un élément
essentiel du revenu des ménages et donc de la demande de
biens qui elle même n'est pas sans influence sur le marché
de l'embauche... La rigueur veut que l'on tienne compte de l'interdépendance
des marchés comme le fait l'approche de l'équilibre
général qui est d'un maniement bien plus difficile
mais qui est reconnue désormais comme la seule qui soit
cohérente et valable. L'approche de Marshall fut pendant
longtemps la plus employé par les marginalistes du début
du siècle car elle ne pose pas les redoutables problèmes
au niveau de la formalisation et de la résolution mathématique
de l'approche walrasienne.
Le cadre dans lequel se situe Walras est celui de l'économie pure. Il s'agit de déterminer un modèle théorique, celui de la concurrence pure et parfaite (CPP), dans lequel le fonctionnement des mécanismes de l'économie sont les plus efficaces. Elle est caractérisée par 5 hypothèses de base:
- Atomicité du marché, grand nombre de producteurs et d'acheteurs sur le marché ; aucun n'ayant un poids suffisant pour influencer les résultats du marché.
- Libre entrée, aucune entrave à l'entrée et à la sortie d'un nouvel agent sur le marché.
- Homogénéité des produits, toutes les entreprises produisent un même produit homogène c'est-à-dire considéré comme identique par les consommateurs, la concurrence ne peut se faire que sur les prix....
- Mobilité des moyens de production, Le W et le K peuvent donc se déplacer librement et sans délai d'une entreprise à une autre ou d'un marché à un autre.
- Information parfaite,
tout le monde connaît en même
temps et gratuitement toutes les quantités offertes et
demandées par tous les agents aux prix différents.
Walras choisit comme lieu d'application de « l'équilibre
général » la situation de concurrence
pure et parfaite. L'objectif de Walras est de répondre
à la question de savoir s'il existe un système de
prix qui assure l'équilibre entre l'offre et la demande
sur tous les marchés. Cette question est importante car
de sa réponse dépend la capacité du marché
à assurer l'allocation des ressources de façon efficace.
Comme nous l'avons vu il existe pour Walras une interdépendance générale de tous les marchés sur laquelle repose l'approche de « l'équilibre général », interdépendance liée en ce qui concerne le consommateur à la contrainte du revenu qui rend les choix alternatifs. Ainsi la demande d'un bien est lié aux prix de tous les autres biens du marché. Cette interdépendance rend insatisfaisante une approche de l'équilibre entre offre et demande qui se situe au niveau d'un seul produit (approche de A. Marshall...).
Le problème de l'équilibre général
consiste alors à démontrer qu'en économie
de marché et plus particulièrement dans le cadre
de la CPP:
I ) Il existe un système de prix qui assure l'égalité entre l'offre et la demande sur tous les marchés.
II ) Ce système de prix tend effectivement à se réaliser spontanément.
III ) Cet équilibre
est stable.
L'ensemble de ces trois conditions si elles sont réalisées assure que le marché auto-régule l'activité économique sans chômage et sans gaspillage des moyens de production puisque tous les facteurs sont utilisés, l'offre égale la demande sur tous les marchés, y compris sur le marché du W.
Walras construit à travers un système d'équations un modèle représentant les relations d'échange sur le marché. Il existe trois marchés pour Walras: celui des produits, celui des facteurs de production et enfin celui de la monnaie
Il établit ensuite que l'on peut déterminer sur chacun des marchés des équations de demandes c-à-d. une fonction représentant l'offre et une fonction représentant la demande par agrégation des différentes demandes ou offres individuelles des agents.
De la même manière il considère que le prix de vente des marchandises tend à être égal à leur prix de revient (qui comprend l'intérêt qui rémunère le K). Cette égalité lui permet de formuler les équations de coût. Walras utilise la loi de l'offre et de la demande en situation de concurrence pour obtenir cette égalité; en effet si dans certaines entreprises le coût de revient est inférieur au prix de vente alors il en résulte un bénéfice donc les entrepreneurs affluent et/ou augmentent leur production ce qui augmente la quantité de produits et fait baisser le prix donc diminuer l'écart... le schéma d'autorégulation existe aussi dans le cas d'une perte... Dans l'approche de Walras le bénéfice (ou profit) tend à être nul. La seule rémunération du K est le tx d'intérêt inclus dans le prix de revient.
Pour intégrer l'activité de production,
Walras est aussi conduit à définir des « coefficients de
fabrication » qui correspondent aux quantités
de « services producteurs » nécessaire
pour obtenir une unité de bien donné. Après
les avoir supposés fixes, Walras les prendra ensuite variables.
L'offre te la demande de services producteurs sont aussi fonction
du prix des services producteurs. Or le prix du capital ou du
W tend à se fixer au niveau de la productivité marginale
de chacun de ces services producteurs. En même temps, les
quantités de services producteurs demandées sont
aussi fonction du prix des biens finaux. L'ensemble de ces
éléments permet de construire les équations
relatives aux services producteurs.
Rmq: Dans le modèle
de Walras la monnaie est neutre en ce sens que la quantité
totale de monnaie en circulation n'exerce d'influence ni sur les
prix relatifs des produits les uns par rapport aux autres, ni
sur le niveau de l'offre et de la demande de produits. La monnaie
n'est pas souhaitée pour elle-même...
Walras estime que le système a une solution
et qu'en conséquence, il existe un système de prix
qui assure l'équilibre général... car on
obtient un système à n équations et à
n inconnues; toutefois l'une des valeurs est connue, en effet
le prix de la monnaie (le numéraire) est par définition
égal à 1 puisqu'il constitue l'unité de compte
dans laquelle sont exprimés les prix de tous les autres
biens et services. Le théorème de l'équilibre
général pourrait s'énoncer dans les termes
suivants:
« A l'état d'équilibre général
du marché, les m(m-1) prix qui règlent l'échange
de m marchandises deux à deux sont implicitement déterminés
par les m-1 prix qui règlent l'échange de m-1 quelconques
d'entre ces marchandises avec la meme. Autrement dit
on peut définir complètement la situation du marché
en situation d'équilibre général en rapportant
les valeurs de toutes les marchandises à la valeur de l'une
d'entre elles. cette dernière marchandise s'appelle numéraire. »
Léon Walras in « Éléments
d'économie politique pure » (1874).
On a vu dans le modèle de l'équilibre général que la flexibilité des prix sur un marché en situation de concurrence assurait l'équilibre entre offre et demande. Se pose alors le problème de savoir comment peut se réaliser concrètement cet ajustement par les prix, alors que l'hypothèse de CPP implique que chaque agent ajuste son comportement en matière d'offre et de demande en fonction des prix du marché. Par analogie avec les marchés financiers où le problème est effectivement résolu par l'intervention d'une sorte de crieur qui fixe un premier prix provisoire pour tester les réactions du marché, puis ajuste sa proposition de prix en fonction de l'importance des offres et des demandes au premier prix, Walras imagine qu'un mécanisme fictif similaire permet aux différents marchés de s'ajuster. C'est le tâtonnement walrasien.
Né à Paris le 15 Juill. 1848 Vilfredo
Pareto meurt à Genève le 20 Aug. 1923. Économiste
et sociologue italien il est connu pour son concept-clé
d'optimum de Pareto en économie pure et sa théorie
des Élites en économie appliquée. D'un père
génois et d'une mère française il retourne
en Italie à l'âge de 10 ans.
Diplômé de l'Université de Turin
en 1869 où il a étudié les Mathématiques
et la Physique avec une thèse sur l'équilibre des
corps solides. Ingénieur il dirige une compagnie de chemins
de fer puis une grande entreprise métallurgique en Toscane.
Il étudie aussi la philosophie, la politique et rédige
plusieurs articles où il utilise déjà l'outil
mathématique pour analyser des problèmes économiques.
Libéral et doctrinaire il rentre à la Société
Adam Smith et combat pour le libre-échange dans un pays
suivant la voie du protectionnisme. Par deux fois il tente d'être
élu au Parlement mais subit deux échecs ce qui le
convint de la corruption des bureaucrates et des gens de pouvoir;
on peut aussi y voir une des causes de son rejet de la démocratie
et sa sympathie pour la théorie des élites.
Ce n'est que tardivement qu'il découvre l'économie
pure et autour de 1890 il se livre à la lecture de Cournot,
d'Edgeworth et de Walras où il découvre le concept
d'équilibre général et des courbes d'isosatisfaction...
En 1893 il est choisi pour succéder à Léon
Walras dans la chaire d'économie politique à l'Université
de Lausanne, il peut dès lors se consacrer à l'économie
pure qu'il veut étudier avec la même démarche
scientifique que la physique. Son premier ouvrage (48 ans) est
un « Cours d'Économie Politique » (1896-97)
qui contient sa fameuse loi de distribution des revenus; très
souvent critiquée elle est le résultat d'une formulation
mathématique relativement complexe et tend à prouver
que la répartition des richesses au sein de la Société
n'est pas le résultat du hasard mais qu'elle se retrouve
tout au long de l'histoire et dans toutes les sociétés...
Dans « Les systèmes socialistes »
(1900-02), il oppose les mythes socialistes agissant sur les sentiments
aux doctrines libérales qui elles font appel à la
logique et à la raison et donc plus difficile à
faire pénétrer parmi les masses. En 1906, il rédige
un « Manuel d'économie politique »,
ouvrage marqué par le concept de l'Homo economicus
guidé par son seul intérêt égoïste.
C'est à partir des travaux de Walras qu'il expose dans
ce livre ses réflexions sur l'équilibre général
et les concepts de base de l'économie du bien-être.
Mais peu à peu sa réflexion glisse de l'économie
pure (qui ne peut tout expliquer) vers l'économie appliquée
et la sociologie... Sociologue controversé il élabore
une théorie du comportement avec des résidus (éléments
psychologiques de base qui donnent des fondements non logiques
au comportement: sentiments et instincts...) et des dérivations
(manifestations du besoin de raisonner qu'éprouve l'homme
pour expliquer son comportement, ses résidus...).
Vers la fin de sa vie il adopte des positions fort
contrastées sur la montée du fascisme en Italie:
en Juillet 1923 il salue la naissance d'un gvt autoritaire et
antidémocratique dont « jusqu'ici, les effets
ont été bons ».Il
réprouvera ensuite les restrictions à la liberté
d'expression. Nommé sénateur du royaume en 23 il
préfère renoncer à sa nationalité
italienne pour devenir citoyen de Fiume. Il meurt dans une Italie
fasciste qui récupère sa théorie des elites.
Avant la publication de son ouvrage "Cours d'économie politique" (1896-97), les économistes ne s'étaient pas interrogés sur la réelle possibilité d'additionner des utilités individuelles pour obtenir une mesure de la satisfaction collective... Or nous savons tous que l'on ne peut additionner des carottes et des choux. Additionner des utilités implique que l'on puisse leur donner une valeur numérique, cardinale or Pareto considère cela comme irréalisable car chacun est seul juge de sa satisfaction et que cette dernière dépend de nombreux facteurs (moment, durée...) donc on ne peut procéder à des comparaisons interpersonnelles (entre des individus différents). C'est une rupture dans les pratiques des économistes travaillant aussi sur l'utilité puisqu'il effectue une séparation entre les comparaisons interpersonnelles d'utilité et les comparaisons intrapersonelles... Malgré la difficulté Pareto va chercher des modes de comparaison pour déterminer l'optimum de satisfaction sans brimer les individus ou faire intervenir un être suprême (Dieu, Grand Horloger...).
Dans son ouvrage "Cours d'Économie Politique", Pareto nous présente le terme d'ophélimité comme étant plus ou moins semblable à la valeur d'usage, ou plus exactement comme le "rapport de convenance entre l'homme et l'objet". On ne peut que réaliser un classement, une échelle de préférence du meilleur au pire de cette ophélimité. Pareto propose dans son "Manuel d'Économie Politique" comme Edgeworth de réaliser des "lignes d'indifférence" des goûts qui seront largement utilisées par la suite et qui permettent de se débarrasser des difficultés liées à l'utilité cardinale.

A partir des utilités ordinales intrapersonnelles
Pareto va élaborer un concept d'économie pure (c.-à-d.
une première approximation de l'économie avec un
haut niveau d'abstraction semblable aux sciences physiques ou
mathématiques, par référence à la
mécanique pure... différente de l'Eco. appliquée:
séparation réalisée par Walras) qui sera
connu sous le nom d'optimum de Pareto. Une situation A sera préférée
à une situation B selon le critère de Pareto si
tous les individus sont au moins aussi bien en A qu'en B et qu'un
ou plusieurs sont mieux en A qu'en B. Après avoir raisonné
en économie d'échange puis dans une économie
de production V. Pareto montre qu'il existe dans une situation
de concurrence un optimum commun aux producteurs et aux consommateurs
et cet optimum est indépendant de l'organisation de la
Société et du statut de la propriété
des moyens de production.

L'optimum de Pareto est une généralisation
des résultats que nous avons obtenus pour une économie
d'échange. L'optimum de Pareto est atteint lorsqu'il
n'est pas possible en situation de concurrence d'améliorer
la situation d'un individu (d'un agent) sans diminuer le bien-être
d'au moins un autre individu... Tant qu'il est possible d'accroître
par la réallocation des ressources la satisfaction ou ophélimité
de certains sans nuire à d'autres, le critère du
maximum d'ophélimité n'est pas atteint.
Il faut toutefois remarquer que ce maximum d'ophélimité
n'est pas unique bien au contraire... sa définition récuse
l'existence d'un optimum unique et met à la place un nombre
infini d'optimum qui ne peuvent être comparés. Le
très libéral V. Pareto observera dans son ouvrage
"Manuel d'Économie Politique" (ch6.61)
qu'en théorie un optimum de Pareto peut être atteint
aussi bien grâce à une planification parfaite que
grâce à une concurrence pure et parfaite (cf. les
conditions contraignantes de Walras)... On peut remarquer que
même si la concurrence parfaite régnait sur les marchés
la satisfaction du critère parétien nécessiterait
des conditions supplémentaires comme l'absence de "biens
collectifs" (car leur consommation est indivisible: éclairage
public...) ou "d'effets externes" (car causés
par des agents mais non compensés par le marché:
pollution...). Le libre jeu de la concurrence ne permet donc pas
la réalisation du critère parétien et ce
constat suggère l'intervention des pouvoirs publics contre
le "laissez-faire" cher aux libéraux.
Il faut remarquer aussi qu'optimum de Pareto n'implique pas un optimum social: une situation dans laquelle 9 personnes sur 10 ont à peine de quoi vivre et un 10ème vit dans l'abondance peut être un maximum d'ophélimité sans être un modèle de bien-être pour la Société. De plus l e critère parétien est neutre vis-à-vis des jugements de valeurs sur le caractère juste ou injuste d'un système économique, ainsi certains utiliseront cet outil fondamental de l'analyse économique avec des positions idéologiques différentes de celles de Pareto.
Rmq: A partir des découvertes de Pareto, et à l'aide de l'équilibre général (qui est un optimum de Pareto) on obtient les deux théorèmes qui sont à la base de l'économie du bien-être:
* Tout équilibre général est un optimum de Pareto
* A tout optimum de Pareto, il est possible d'associer
un système de prix tel qu'il s'agisse d'un équilibre
général.
Partant du constat que certains problèmes
ne peuvent être résolus par l'économie, V.
Pareto se tourne vers la sociologie et écrit son « Traité
de Sociologie Générale » (1916) dans
lequel il réfléchit sur les bases et la nature des
actions individuelles et sociales. Il réfléchit
alors dans le domaine de l'économie appliquée...
Les analyses de Pareto sur les revenus et les élites ont
largement accrédité l'idée d'un sociologue
réactionnaire... Si la démarche reste rigoureuse
elle part de constats a priori fort contestables: la constance
de la distribution des compétences quelle que soit la société
et le moment de l'histoire, donc quels que soient les efforts
d'éducation. Il défend des théories élitistes
selon lesquelles le pouvoir d'état est, dans toutes les
Sociétés y compris les Sociétés contemporaines,
l'objet d'un combat entre les seules élites... La masse
n'exerce pas ou peu de contrôle. Le gvt par le peuple est
un mythe: avant d'aller plus loin il faut se rappeler de son double
échec comme représentant au Parlement comme une
des causes expliquant son rejet de la démocratie et sa
sympathie pour la théorie des élites... Le sys.
représentatif est considéré comme un moyen
de manipulation des masses par l'élite, le peuple ne choisit
pas. L'élite use de coercition, de contrainte, de manipulation
et de sa position dans le but premier de conserver son pouvoir
et ses privilèges. Elle privilège ses clients, ses
relations, ses amis. Elle vit de l'idéologie qui vise à
persuader la masse qu'elle est bonne, supérieure et faite
des meilleurs. Toutefois on observe un lent déplacement
des élites: dans toute société il y a pour
Pareto une séparation entre classes inférieures
et supérieures avec un processus plus ou moins lent de
circulation des élites. Il propose dans son « Traité
de Sociologie Générale » d'attribuer
des indices à chaque individu en fonction de ses capacités
(millionnaire:10, celui qui survit:1, le mendiant:0.). Tous ceux
qui ont un indice important forme l'élite. Élite
qu'il divise en deux entre élite gouvernementale
(qui possède le pouvoir politique) et élite non
gvtale. « La classe gvt est entretenue non seulement
en nombre mais aussi en qualité par les familles qui viennent
des classes inférieures et qui lui apportent l'énergie
nécessaire à son maintien au pouvoir. Par cet effet
de lente circulation, l'élite gouvernementale est dans
un état de lente et continue transformation et de temps
en temps on observe de brusques et violentes perturbations, semblables
aux inondations d'un fleuve... L'histoire est un cimetière
d'aristocratie. » (in « Traité de
Sociologie Générale » )
Des études statistiques réalisées
en France, Allemagne, Angleterre... au milieu des années
1890 ont débouché sur une loi de répartition
des revenus assez simple connue sous le nom de courbe des revenus
de Pareto (1896) avec une équation du type:
avec x, un certain revenu.
avec N, le nombre de revenus qui seront égaux ou supérieurs à x.
avec A, une constante.
De I on déduit une fonction de type hyperbolique
qui est la répartition des revenus. Cette répartition
pour Pareto n'est pas en forme de cloche mais plutôt en
forme de pointe de flèche... Considérant que la
répartition des revenus n'est pas l'effet du hasard Pareto
énonce une sorte de loi d'airain de l'inégalité
: « toute modification apportée à certaines
parties de la courbe se répercute sur les autres parties
et finalement la société reprend la forme accoutumée... ».Pareto
fait donc preuve d'un véritable scepticisme social donnant
des arguments aux conservateurs.
Ces thèses discréditent les démocraties
et appuient indirectement les théories fascistes alors
montantes.
Cournot pensait que le problème de l'équilibre
général dépassait les ressources mathématiques.
Le génie de Walras réside non seulement dans sa
tentative de résoudre le problème que Cournot avait
envisagé mais aussi dans la façon avec laquelle
il a montré qu'il était possible de le résoudre,
au moins en principe. Pour M. Blaug Walras est dépourvu
de la finesse mathématique d'un Cournot ou d'un Marshall
et sa démonstration est non seulement maladroite mathématiquement
mais encore ambiguë et inachevée. Cependant l'ensemble
de sa réflexion a conduit certains commentateurs à
attribuer à Walras l'achèvement suprême de
la science économique théorique. Pour Schumpeter
, les «Éléments d'économie politique
pure» de Walras ne sont rien de moins que le Magna Carta
de la science économique exacte...
Le système de Walras repose sur une série
d'hypothèses qu'il convient de bien distinguer les unes
des autres... Les principales hypothèses du modèle
d'équilibre général de Walras
° Le choix du cadre de la CPP et du comportement rationnel du consommateur...
° Les caractères internes du modèle: neutralité de la monnaie, rendements d'échelles constants, flexibilité des prix parfaite...
° Le mécanisme d'ajustement par recours à un « commissaire-priseur » fictif... la difficulté tenant au fait que l'annonce d'un prix ne doit pas se traduire par des échanges tant que les prix d'équilibre ne sont pas atteints.
° Le profit tend à être nul, offre
et demande s'ajustent toujours, les fonctions d'offre et de demande
sont obtenues par l'agrégation des fonctions d'offre et
de demande des différents agents...
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