L'ANALYSE TECHNIQUE

  A- DEFINITIONS

Leçon 1 : les droites de support et de résistance.
Leçon 2 : les moyennes mobiles.
Leçon 3 : la méthode d'analyse par phases
Leçon 4 : la règle de la balançoire.

B- LES FIGURES DE RETOURNEMENT

Leçon 5 : le "tête et épaules".
Leçon 6 : le double creux, le double sommet
Leçon 7 : le rectangle et la soucoupe
Leçon 8 : le diamant

C- LES FIGURES DE CONTINUATION

Leçon 9 : les drapeaux et fanions
Leçon 10 : les biseaux
Leçon 11 : les triangles

D- LES INDICATEURS TECHNIQUES

Leçon 12 : A/D Line
Leçon 13 : RSI
Leçon 14 : Momentum
Leçon 15 : Exemple commenté.
Leçon 16 : Bibliotheque des indicateurs

   

 


A. DEFINITIONS

1. LES DROITES DE SUPPORT ET DE RÉSISTANCE

Les droites de support et de résistance permettent à l'investisseur de définir avec précision des seuils d'achat ou de vente.

Elles se construisent ainsi : la droite de support sera créée en reliant ensemble les cours les plus bas. On se servira des cours les plus hauts pour tracer la droite de résistance.

Ces droites devront passer par au moins deux points pour être "solides". Ainsi, dans le graphique Axa, la droite de support passe par les points A et B ; la droite de résistance est tracée à partir de C et D .

 

 

Quatre cas se présentent alors lors de l'étude du graphique :

* si le cours rebondit à la hausse sur le support dans de forts volumes : acheter ou renforcer ;

* si le cours touche la résistance et "pique" vers le support : alléger la position ;

* si le cours casse par le haut, et dans de forts volumes, la résistance : acheter ;

* si le cours casse par le bas, et dans de forts volumes, le support : solder les positions.

2. LES MOYENNES MOBILES

Les moyennes mobiles (MM) servent principalement à "lisser" et à rendre plus lisibles les mouvements erratiques des cours. Il en existe de différentes : courtes (10 à 20 séances de bourse), moyennes (50 à 60 jours) ou longues (100 ou 200 jours).

Très schématiquement, un signal d'achat se déclenchera lorsque le cours franchira en hausse la moyenne mobile.

A l'opposé, on vendra lorsque le cours "cassera" la moyenne mobile.

On retiendra également qu'un cours qui passe sous une moyenne mobile ascendante ne subit généralement qu'un repli provisoire et qu'un cours qui traverse une moyenne mobile descendante ne bénéficie souvent que d'un regain passager.

 

 

Le choix de la moyenne mobile dépend étroitement du type de gestion recherché. Signalons toutefois qu'une moyenne mobile courte génère plus de signaux d'achat ou de vente qu'une moyenne mobile longue, plus adaptée à une gestion moins active.

La moyenne mobile arithmétique (la plus simple) se calcule ainsi : pour une MM sur 20 jours, on additionnera les cours de clôture des 20 dernières séances et on divisera leur somme par 20.

On effectuera le même calcul le lendemain en ajoutant le cours de clôture de la veille et en retranchant le cours de clôture le plus ancien.

On divisera également la somme par 20, et ainsi de suite.

3. LA MÉTHODE D'ANALYSE PAR PHASES

Développée par Stanley Weinstein dans "Secrets for profiting in Bull and Bear Markets", la méthode d'analyse par phase part du principe que le cours boursier d'une valeur suit un rythme de cycles récurrents de fondation, d'avancée, de sommet et de chute, puis à nouveau de fondation, d'avancée etc.

 

 

La difficulté consistera à repérer dans quelle phase se trouve la valeur étudiée, sachant que chaque cycle possède des amplitudes et des durées très variables.

Comme "guide", on utilisera une moyenne mobile de 50 ou de 60 jours.

* la fondation : les prix évoluent dans un canal horizontal ; des volumes étoffés sont enregistrés lorsque les cours rebondissent sur le support ou sur la résistance. La moyenne mobile est "plate".

* l'avancée : les cours passent au-dessus de la moyenne mobile qui se redresse. Ils "cassent" la résistance horizontale dans des volumes très importants. On achètera à la "cassure".

* le sommet : la moyenne mobile redevient "plate" et les cours évoluent autour dans un nouveau canal horizontal.

* la chute : Dans un accroissement des volumes, les cours cassent le support et la moyenne mobile "pique du nez". On vendra à la "cassure".

4. LA REGLE DE LA BALANCOIRE

En se basant sur leur expérience, les chartistes ont énoncé une règle qui leur permet de se fixer des ojectifs d'achat ou de vente. Ils se sont aperçu, en étudiant les figures de retournement ou de continuation (figures que nous étudierons dans nos prochaines rubriques), qu'il existait une corrélation entre les potentiels de baisse ou de hausse développés au sein des configurations graphiques.

Cette règle, bien qu'elle ne soit pas systématique à 100 %, permet de déterminer l'amplitude d'un mouvement à venir en se servant de l'amplitude du précédent mouvement.

Ainsi, en regardant le graphique ci-dessous, on peut tabler sur un risque de baisse (h') en rapportant la hauteur du segment (h).

 

 

Cette règle, bien que prédictive, sera utilisée lors de l'étude des différentes configurations graphiques. Elle permettra de définir et de quantifier les potentiels de gain (ou de perte) et, par la même, de choisir les meilleurs points d'entrée (ou de sortie) des valeurs.

Outre la méthode d'analyse par phases que nous avons étudiée dans la leçon précédente, l'analyste chartiste combinera les figures chartistes et les indicateurs techniques pour rechercher les titres sur lesquels il se positionnera.

B. LES FIGURES DE RETOURNEMENT

D'une manière générale, les figures chartistes sont étroitement liées à la psychologie des acheteurs et des vendeurs. L'identification des configurations graphiques devra donc être corroborée par l'examen des volumes de transactions.

Un marché sur le point de se retourner envoie généralement plusieurs signaux qui, s'ils sont décodés, permettent à l'analyste de se préparer en conséquence.

5 - LE TETE ET EPAULES

Cette configuration tire son nom de sa similitude avec le corps humain. Lors de la construction de l'épaule gauche (EG) un accroissement des volumes de transactions est observé. L'intérêt des investisseurs s'amenuise puis rebondit sur la ligne de cou (LC) pour former la tête (T).

Les volumes sont sensiblement du même niveau que ceux observés lors de la fondation du graphique. l'épaule droite (ED) est créée dans des volumes très bas.

Enfin, à l'achèvement de la figure, c'est-à-dire lorsque le cours "casse" la ligne de cou, les volumes sont étoffés. C'est ce moment que l'on choisira pour vendre.

 

 

Si le tête et épaules prévient l'analyste d'une baisse du marché, son opposé, le tête et épaules inversé, sera recherché pour anticiper un retournement haussier de la tendance.

Les objectifs de gain ou les potentiels de baisse peuvent être quantifiés.

6 - LE DOUBLE CREUX ET LE DOUBLE SOMMET

Le double creux (ou figure en "W") est une configuration graphique permettant d'anticiper avec une grande fiabilité un changement de tendance.

 

 

Lors de la construction du premier creux, les volumes ont tendance à gonfler. Ils diminueront significativement lors de la création du pic central pour s'accroître très fortement après l'achèvement du second creux. Le potentiel de hausse prévisible de la valeur est proportionnel à la hauteur du pic central.

La prise de position devra se faire sur la pente ascendante du second creux, au niveau du sommet du pic.

L'inverse du double creux est le double sommet (ou figure en "M"). Cette configuration indique un recul du marché qui sera proportionnel à la hauteur du premier pic (qui est souvent supérieur au second pic).

Au niveau des volumes de transactions, une très forte poussée est enregistrée lors de la création du premier pic. Ceux-ci décroissent ensuite au fur et à mesure de l'achèvement de la configuration. L'investisseur soldera sa position sur la pente descendante du second sommet, au niveau du creux central.

7 - LE RECTANGLE ET LA SOUCOUPE

La configuration graphique en rectangle, assez rare de nos jours, est facilement repérable : elle témoigne d'une lutte entre deux forces de même ampleur qui s'inscrit parfaitement entre deux droites horizontales. Le rectangle peut aussi bien traduire une phase de retournement ou de consolidation du marché.

Robert Edwards et John Magee dans "Technical Analysis of Stock Trends" ont remarqué que cette configuration était souvent le fait de manipulation des cours.

Lors de la constitution de la figure, les volumes deviennent étoffés puis ils décroissent progressivement jusqu'à l'achèvement de la configuration.

 

 

La soucoupe (rounding top) et son inverse, la soucoupe renversée (rounding bottom), sont également des configurations graphiques rares.

Elles traduisent un changement progressif de l'équilibre des forces en présence. Dans le graphique en soucoupe, les cours diminuent très graduellement jusqu'à atteindre un creux, puis, très lentement, ils se reprennent ; le tout ayant l'aspect d'une cuvette.

Dans les deux cas de figure, la sortie des cours se fait dans le sens inverse du début de la construction. Les volumes "épousent" la courbe des cours.

8 - LE DIAMANT

Dernière figure de retournement que nous étudions dans cette rubrique, le diamant est en fait la juxtaposition de deux triangles (configurations que nous verrons prochainement). C'est une figure que les chartistes rencontrent assez rarement mais qui a le mérite de posséder une fiabilité importante.

 

 

Le diamant se forme dans des volumes de transactions significatifs : Là aussi, les volumes "épousent" la configuration, ils sont très étoffés lors de la création et de l'achèvement de la figure. En général, cette formation s'établit entre 6 et 10 semaines.

A la base de la création du diamant, il y a toujours la confrontation entre l'attente d'une importante nouvelle (qui tire les cours) et une succession de rumeurs (qui les poussent dans le sens opposé).

La baisse ou la hausse attendue à la sortie de la figure est en principe équivalente à la hauteur du diamant.

C. LES FIGURES DE CONTINUATION

9 - DRAPEAUX ET FANIONS

Lorsque le marché éprouve le besoin de consolider, il envoie des signaux, sous la forme de configurations graphiques spécifiques, qui peuvent être interprétées par l'analyste.

 

Le drapeau (flag ) peut survenir aussi bien dans un marché haussier que baissier. Il prend la forme d'un parallélogramme incliné contre le sens de la tendance de base : il aura ainsi un aspect baissier dans une tendance générale haussière et inversement.

Les volumes sont importants lors de la création de la figure puis ils décroissent rapidement jusqu'à gonfler fortement dès la sortie de la configuration.

Le fanion (pennant ) ressemble à un petit triangle isocèle. Cette configuration ne remet également pas en cause la tendance de fonds du titre étudié.

L'aspect des volumes est similaire à celui rencontré pour la configuration en drapeau.

Pour ces deux figures, il est possible de calculer le potentiel de hausse (ou de baisse) de la valeur en ajoutant lors de l'achèvement de la configuration, la taille du mouvement de hausse qui a précédé la formation de la figure.

10 - LES BISEAUX

Par leurs formes, les biseaux (wedge ) rappellent les triangles. On distingue les biseaux ascendants et les biseaux descendants. Dans les deux cas, les cours sont inscrits entre deux lignes convergentes qui vont dans le sens de la tendance primaire. Au niveau des volumes, les indications suivantes s'appliquent aux différents biseaux :

- lors de la formation de la figure, les volumes sont particulièrement importants.

- au fur et à mesure de la construction de la figure, les volumes décroissent progressivement

 

 

a- le biseau ascendant : l'investisseur restera prudent quant à l'évolution des cours. Il n'hésitera pas a réduire sa position si le cours franchit en baisse la droite desupport ascendante.

b- le biseau descendant : la hausse des cours, qui a lieu lors du franchissement de la droite de résistance, sera d'autant plus forte que la pointe du biseau estorientée vers le bas. Le franchissement à la hausse d'un biseau ascendant se fait toujours avant la pointe de la figure.

11 - LES TRIANGLES

D'une manière générale, les triangles sont la traduction graphique d'un marché qui hésite, ce qui rend délicate toute anticipation du sens de la sortie.

Le coursévoluera entre deux droites qui convergeront jusqu'à une prise de position commune des investisseurs. Au niveau des volumes, on observe un tassement au début de la construction de la figure et une franche reprise des transactions lors de la rupture de la droite de support ou de résistance.

L'objectif de sortie des cours se calcule en rapportant à la cassure du support ou de la résistance, la hauteur du triangle au début de sa construction.

 

 

a.le triangle isocèle :Il est reconnaissable à ses deux côtés (support et résistance) égaux. Il est difficile de prévoir si le cours sortira à la hausse ou la baisse de la figure.

b.le triangle ascendant : le titre oscille entre une droite de résistance horizontale et une droite de support ascendante. C'est une configuration qui permet d'anticiper une hausse des cours.

c.le triangle descendant : le cours est compris entre une droite de support horizontal et une droite de résistance descendante. Le mouvement de sortie généré est très souvent baissier.

 

D - LES INDICATEURS TECHNIQUES

On peut classer en trois catégories les 80 indicateurs techniques recencés par l'américain Bruce Rabbitt :

Les indicateurs psychologiques ou de "sentiment", dont l'étude n'entre pas dans le cadre de cette rubrique, sont établis à l'aide de sondages et sont destinés à connaître l'avis des opérateurs.

Les indicateurs de participation mesurent la force d'un marché ou d'un secteur d'activité en fonction de la qualité des valeurs qui le compose (tels la ligne des Avancées-Déclins),

Les indicateurs de "momentum" quantifient la force de la tendance des prix sous différents angles.

Les indicateurs de participation

12 - La ligne des Avancées-Déclin (ou A/D line)

Elle se construit en ajoutant à un chiffre arbitraire (5.000 par exemple) le nombre de valeurs en hausse, diminué du nombre de valeurs en baisse.

On prendra, pour calculer l'A/D line du lendemain, le cumul obtenu la veille ajouté du nombre de valeurs en hausse et réduit du nombre de valeurs en baisse. Cet indice de marché ou de secteur est ensuite confronté avec l'indicateur global tel que nous le présentons dans le graphique ci-dessous.

 

 

L'analyste cherchera des signes de retournement mis en évidence par l'existence d'une divergence (orientation différente de l'indicateur et de l'A/D line).

 

13 - Le RSI (Relative Strength Index)

Au début des années soixante dix, l'américain Welles Wilder développa un indicateur de momentum destiné à révéler dans quelle mesure une action est surachetée ou survendue.

Dans sa forme originale, le RSI compare, sur une période déterminée appelée "période de retour", la force du momentum haussier sur x jours de hausse à la force du momentum baissier sur x jours de baisse.

La formule mathématique est la suivante :

RSI = 100 - 100 / (1+CH/CB)

CH est la moyenne sur x jours des écarts de cours de clôture pour les cours en hausse et CB est la moyenne sur x jours des écarts de clôture pour ceux qui sont en baisse.

 

 

La construction du graphique met en évidence 3 zones : la première, de 0 à 30 % constitue la zone d'achat, 30 à 70 %, une zone neutre et 70 à 100 % une zone de vente.

Reste le problème du choix de la période de retour : W.Wilder préconise l'utilisation d'une période de 14 jours mais les traders se servent d'un RSI de 9 jours.

Enfin, on retiendra que le RSI donne de biens meilleurs résultats pour les valeurs de trading que pour les valeurs cycliques.

14 - Le Momentum

Cet indicateur permet de mesurer, pour un laps de temps déterminé, la force du mouvement haussier ou baissier d'un marché ou d'une valeur. Le but est de profiter de l'élan du titre ou du secteur pour "entrer dans le circuit" afin de se laisser porter par la force du marché.

Il existe des indicateurs de momentum construits sur les prix (les plus nombreux) ou sur les volumes (plus rarement utilisés).

 

 

Le momentum basé sur les prix mesure la force de progression d'un titre en calculant la différence entre le cours du jour et le cours à un moment donné.

Concrètement, la formule est la suivante :

M = CC(i) - CC(i-x)

où CC(i) est le cours de clôture du jour et CC(i-x) est le cours de clôture du titre x jours plus tôt.

Bien qu'il soit très utilisé par les chartistes, le momentum génère de nombreux faux signaux. En ce sens, il doit abolument être employé en complément d'autres indicateurs (RSI par exemple).

En ce qui concerne la durée de la période à utiliser, l'expérience montre que des résultats satisfaisants sont obtenus en prenant des périodes de retour longues (30 jours ou plus).

15. EXEMPLE COMMENTE

 

 

Le cours de Géophysique évoluait au sein d'une configuration baissière depuis mai 1995, date à laquelle il a ricoché sur la droite de résistance.

En octobre 1995 (point A), il a rebondi sur la droite de support, mais les volumes (2.300 pièces en moyenne) n'étaient pas significatifs pour permettre la constitution d'une ligne.

Trois mois plus tard (point B), l'action retombait sur un niveau de cours proche du point A, soit 152 F ; le RSI était à 55 et le momentum repassait en vitesse positive. Elle traçait cependant une configuration graphique de retournement en double creux (voir leçon n°6). La valeur devait être mise sous surveillance dans l'attente d'un cours proche du pic central, soit 189/190 F, qui aurait permis un achat.

A fin janvier, le cours dépassait ce niveau, au point C, dans des volumes de 19.000 titres. La règle de la balançoire (leçon n°4) permettait de déterminer un potentiel de 230 F (soit 21 %). On pouvait donc prendre alors une partie de ses bénéfices à ce niveau.

Les volumes enregistrés fin février (25.000 en moyenne) donnait à penser qu'un courant acheteur se déclenchait, ce qui allait de pair avec la cassure à la hausse de la résistance et la constitution d'un gap (point D, RSI à 58, Momentum à + 45). Le tracé d'un nouveau canal encourageait à une prise de bénéfice au point E (RSI à 70, Momentum baissier à 40).

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