STRATEGIE DE NON-Contrôle

Isabelle Aubert - Baudron

Sommaire :

I Envers soi-même :

Niveau relationnel

B. Comportement stratégique du guerrier : Carlos Castaneda

C. Attitude non-aristotélicienne : Alfred Korzybski

D. Stratégie anti-inhibition : Henri Laborit

E. Affronter et vaincre le danger en rêve : Patricia Garfield

II Envers les autres :

A. Règles générales

B. Envers les contrôlés

  • Problématique
  • Attitude à adopter envers les contrôlés

C. Envers les contrôleurs :

  • Règles générales
  • Si on a affaire à des gens peu conscients de ce qu'ils font, qui ne sont pas fondamentalement malintentionnés

Si on a affaire à des gens malintentionnés qui agissent sciemment avec la volonté de nuire

 

STRATEGIE DE NON-Contrôle

I Envers soi-même :

A. Niveau relationnel

1. Apprendre à se respecter soi-même.

2. Acquérir une conception de l'organisme humain et de la vie humaine similaire aux faits, de manière à acquérir une vision cohérente de soi-même et du monde afin de pouvoir vivre en harmonie avec soi-même, les autres et notre milieu.

3. Apprendre en quoi consistent les conflits : leur dynamique (triangle dramatique : persécuteur/victime/sauveur), comment les éviter et les résoudre, apprendre à fonctionner dans le triangle thérapeutique (enfant libre/parent protecteur/parent permissionnaire) et l'état adulte : voir les bases de l'analyse transactionnelle ("Que dites-vous après avoir dit bonjour ?", Eric Berne, ed. Tchou)

3. Prendre conscience de ses sentiments parasites (peur, haine, colère, jalousie) et apprendre à les éliminer.

4. Apprendre à s'occuper de ses propres affaires et à ne pas se mèler de celles des autres à moins qu'ils ne le demandent ou aient besoin d'aide.

5. Apprendre à reconnaître sa propre partie "ombre", à s'y confronter et à négocier avec elle.

 

B. Comportement stratégique du guerrier : Carlos Castaneda.

1. Prendre la vie comme un défi, non comme une habitude ennuyeuse, cesser de considérer les choses qui nous arrivent comme une bénédiction ou une malédiction, vivre la vie quotidienne avec le maximum d'intensité.

2. Ne pas s'identifier à son identité ni à son image sociale, ni aux images que d'autres plaquent sur nous.

3. Se comporter avec humilité : chercher à être impeccable à ses propres yeux au lieu de se comporter en fonction du regard des autres. Ne pas agir en fonction de l'approbation ou de la désapprobation d'autrui mais en fonction de ses propres critères.

4. Accumuler du pouvoir personnel, ne pas acorder d'importance au pouvoir hiérarchique de dominance ni à celui que procure la possession des richesses et des biens.

5. Perdre sa suffisance, cesser de se sentir offensé par les actes et les méfaits de ses semblables.

6. Apprendre à stopper le dialogue intérieur : se concentrer sur le corps : sur la respiration, sur l'air qui entre et sort, ou sur les battements du coeur ou toute autre partie du corps, comme on le fait en relaxation. Porter toute son attention sur le corps en respirant amplement et être attentif à ce que l'on ressent s'en tenter d'en dire quoi que ce soit ce qui permet :

- d'apprendre à percevoir la vie de son corps et de se plonger en soi-même, ce qui permet de décrocher d'un contexte stressant ou désagréable, de diminuer l'emprise des émotions parasites engendrées par ce contexte. Le fait de respirer amplement provoque un apport d'oxygène qui ralentit le rythme cardiaque accéléré par les émotions. Ce ralentissement cardiaque engendre une diminution de l'emprise qu'elles ont sur nous ce qui permet alors de prendre du recul par rapport au contexte, de réfléchir calmement au comportement qu'il convient d'adopter, d'agir avec sang-froid et de maîtriser la situation.

L'emprise des émotions paralyse la réflexion et l'action. Elle limite l'utilisation de notre système nerveux au thalamus, siège des sentiments, des émotions, nous empêchant de nous servir de notre cortex, outil de la réflexion spécifique de l'espèce humaine. Ce faisant elle nous cantonne dans un mode de comportement animalier, nous maintenant à un stade d'évolution fixé, un stade de sous-humain.

Diminuer l'emprise des émotions ne signifie pas qu'il faille les combattre ni les nier ni en faire abstraction, bien au contraire. Cela signifie qu'il importe d'en tenir compte, d'être réceptif à ce que l'on ressent dans un premier temps, de

l'analyser pour pouvoir comprendre ce qui se passe en nous, puis ensuite de passer au niveau supérieur, celui de la réflexion. Il s'agit d'une question de niveau : chaque niveau est important et à sa raison d'être. Il s'agit simplement de mettre de l'ordre.

- de ne plus se laisser parasiter par les mots, de faire le vide, le silence intérieur, de décrocher d'un contexte de tensions,

- de ne plus se laisser abuser par les mots-écran qui conditionnent faussement notre vision de la réalité et, ce faisant, notre mode de pensée et de comportement,

- de briser les barrières mentales, la routine, les clichés,

- de pouvoir changer notre représentation du monde.

7. Dans un contexte où l'on est confronté à l'oppression, ne pas se concevoir comme victime ni agir comme tel. Abandonner les attitudes de protestation ("Il m'a fait ça, c'est injuste, etc...) qui ne sont que des aveux d'impuissance. Compter sur soi-même, développer ses propres forces au lieu de compter sur une aide extérieure.

8. Considérer les difficultés, les épreuves, non comme des calamités mais comme des étapes à franchir, nécessaires pour évoluer.

9. Considérer les petits tyrans comme une chance et les difficultés qu'ils nous créent comme des exercices à réussir, des occasions de progresser.

10. Economiser son énergie.

11. Attitude devant ses propres faiblesses et ses échecs :

- accepter de s'y confronter,

- chercher d'où vient l'échec, ce qui était désadapté dans notre attitude, pour aboutir à cet échec.

- la fois suivante, dans un contexte similaire, veiller à agir de manière adaptée,

- faire de son mieux.

Cette attitude permet de ne pas s'identifier à ses faiblesses, de ne pas avoir de soi une image figée ("Je suis faible, incapable, etc...": terme de qualité), statique, non conforme à la réalité (l'organisme humain change constamment), et servant de prétexte pour ne pas changer.

Elle part d'une vision dynamique de soi-même permettant de positiver les échecs, de les considérer comme utiles puisqu'on s'en sert pour progresser ("dans de telles circonstances, je me suis comporté de façon désadaptée, la prochaine fois, dans une situation comparable, j'adopterai une attitude différente") : termes de comportement.

12. Apprendre à concentrer le temps, à agir quand c'est nécessaire, plus rapidement et plus efficacement que les gens ordinaires.

13. Devant une tâche qu'on décide de faire, visualiser la tâche une fois accomplie avec succès. Se mettre dans des conditions propices à l'accomplissement de la tâche en mettant toutes les chances de son côté et en réduisant au maximum les facteurs de risque et d'inconnu.

14. Ne pas s'apitoyer sur soi-même : excuse pour ne pas agir.

15. Se donner des protections, ne pas affronter une situatiuon difficile ou inconnue sans les armes nécessaires, se forger un bon tonal pour aborder le nagual.

16. Prendre conscience de l'existence de différents niveaux de réalité, de l'univers magique, apprendre à agir dans le cadre de ces niveaux.

17. Quand on se prouve dans une situation précaire, transformer ses désavantages en atouts, retourner la situation à son avantage.

18. Se trouver des modèles d'identification.

19. Prendre conscience de ses potentialités non connues et non exploitées ou connues dans le passé ou dans d'autres civilisations et abandonnées par la civilisation industrielle occidentale, et apprendre à les utiliser.

 

C. Attitude non-aristotélicienne : Alfred Korzybski:

(Voir "Introduction à la sémantique générale d'Alfred Korzybski", H. Bulla de Villaret, Courrier du Livre. Disponible à la librairie "La Méridienne", rue du Dragon à Paris.)

1. Considérer le langage non comme le miroir de la réalité mais comme une carte verbale ne pouvant prétendre ni rendre compte des faits totalement, encore moins avec une totale fidélité:

-"une carte n'est pas le territoire, elle le représente à l'aide de symboles. Un symbole est un signe qui représente quelque chose."

- "une carte ne représente pas tout le territoire"; un mot n'est pas ce qu'il représente, un mot ne représente pas tous les faits.

- une carte est auto-réflexive, le langage est auto-réflexif":

nous pouvons parler d'une proposition concernant toutes les propositions, nous ne pouvons pas construire une proposition concernant toutes les propositions puisque, ce faisant, nous donnons naissance à une autre proposition. (Bertrand Russel : théorie des types).

2. Etre conscient du coefficient de l'observateur:

a) tout ce que l'homme peut connaître est un phénomène dû conjointement à l'observateur et à ce qu'il observe.

b) ce que nous sommes en mesure de connaître est tributaire des capacités et des limites de notre organisme.

c) il est nous est impossible de "tout" connaître, de "tout" décrire, quoi que nous fassions, il y aura toujours des aspects de la réalité qui nous échapperont.

d) tenir compte de certaines caractéristiques et en laisser d'autres de côté, c'est faire une abstraction. Acquérir la conscience d'abstraire.

3. Acquérir une vision dynamique de soi-même et du monde :

quand nous utilisons le terme "matière" en pensant à quelque chose, cette chose implique aussi l'espace et le temps :

* un objet (un crayon) occupe un certain espace, sinon ce ne serait pas un crayon mais un points mathématique, une fiction;

* il existe dans une certaine portion de temps, sinon il n'y aurait pas de crayon mais un éclair.

4. Apprendre à ne pas identifier:

- limiter l'utilisation du verbe être au sens "exister, se trouver" et à sa fonction d'auxilliaire.

- supprimer le "est" de l'identité ("Georges est un ouvrier") qui conduit à identifier de manière erronée des niveaux d'abstraction différents. Le verbe être signifie dans ce cas "pouvoir être désigné, classé, comme"

- supprimer le "est" d'attibution ("la fleur est rouge", "Georges est fou", etc...) qui attribue aux choses, aux gens, des caractéristiques comme si elles leur étaient intrinsèques alors qu'elles découlent de la relation entre l'observateur et l'observé. Le remplacer par "telle chose m'apparaît comme...", "nous jugeons telle chose de telle façon".

5. Apprendre à réagir aux événement et non aux mots:

- réagir aux mots comme à des symboles et non comme à des signaux, en ayant conscience qu'ils ne sont que des signes qui représentent quelque chose et non la chose elle-même, ce qui permet de réfléchir avant de réagir au lieu de se laisser diriger par les émotions, les sentiments déclenchés par les mots.

- apprendre à manier correctement les niveaux d'abstraction:

a) niveaux silencieux, non-verbaux:

* niveau de l'événement,
* niveau de l'impact des événements : réactions physico-chimiques qui se produisent dans l'organisme,
* niveau des sensations, des perceptions, des impressions,

b) niveaux verbaux :

* niveau de la description de l'observation,
* niveau des déductions, des inférences,
* niveau des hypothèses,
* etc... (il n'y a jamais de dernier niveau, on peut toujours passer à un niveau d'abstraction supérieur.

6. Apprendre à contrôler ses émotions:

utilisation du cortex plutôt que du thalamus : utiliser la pose cortico-thalamique ou réaction différée : respirer amplement, dévier son attention sur un objet extérieur, ce qui permet de prendre du recul, puis revenir à la situation. Cet exercice permet de diminuer l'emprise des émotions, aide à garder la maîtrise de la situation.

7. Adopter une vision structurelle du monde:

"Une structure est l'ensemble des relations existant entre les différents éléments d'un ensemble"(H. Laborit). Toute acquisition véritable de connaissance repose sur une étude des relations, une recherche des structures. Toute analyse est une déstructuration, toute synthèse est une restructuration.

8. Observer une attitude non-élémentaliste :

faire un effort pour ne pas isoler les uns des autres des facteurs qui se trouvent reliés entre eux structurellement.

9. Remplacer les postulats de la logique aristotélicienne par ceux de la logique non-aristotélicienne :

Logique A :

Logique non-A

a. Principe d'identité:

X est X: ex.: "ce qui est bon est bon,

ex.: "ce qui est bon est bon, ce qui est mauvais est mauvais"

a. non-identité:

X ne reste pas identique à lui-même au cours du temps.

b. Principe de contradiction :

X n'est pas non-X :

ex.: "Ce qui est bon n'est pas mauvais et ce qui est mauvais n'est pas bon.

b. non-contradiction: Rien n'est en soi ni "bon" , ni "mauvais", ces termes étant des jugements de valeur, le produit d'une évaluation effectuée par une structure nerveuse humaine.dans d'autres.

Ex : une même chose peut apparaître "bonne" ou "mauvaise" selon les critères de l'observateur.

c. Principe du tiers-exclu :

X doit ou bien être ou bien ne pas être : il n'y a pas de troisième solution.

ex.: "Une chose est soit bonne soit mauvaise" : raisonnement par opposition.

c. Tiers inclu:

Il peut y avoir une infinité de solutions.

 

10. Résolution des problèmes :

Définir les problèmes en les posant clairement, mathématiquement, en partant de l'observation des faits et non d'inférences, de déductions pré-enregistrées. Rechercher les postulats de base. Refuser les réponses toutes faites. Observer l'attitude suivante : "Comment résoudre ce problème ? Je n'en sais rien, allons-y voir."

11. Adopter une démarche scientifique :

a) Observation du terrain :

- ses différents éléments,
- l'ordre dans lequel ils se présentent,
- les relations qui peuvent les unir,
- la structure qu'ils composent.

b) A partir de l'observation, établir des inférences, des déductions.

c) Sur la base des inférences, élaborer des hypothèses,

d) A partir des hypothèses, effectuer des prévisions relatives aux comportements.

e) Soumettre les hypothèses à l'expérimentation, à l'épreuve des faits :

- si le résultat est n'est pas conforme à aux prévisions, chercher la ou les erreurs en reprenant les étapes précédentes, revérifier la manière dont on a mené l'expérimentation.
- si le résultat confirme l'hypothèse, reproduire l'expérimentation un certain nombre de fois pour s'assurer du bien-fondé de l'hypothèse.

f) Sur la base des hypothèses, établir des théories.

12. Critères d'évaluation :

- toute réaction psychologique est un problème d'évaluation;

- quand nous évaluons, nous attribuons des valeurs,

- une évaluation incorrecte, non similaire aux faits, entraine une désaptation dans nos comportements, les résultats de nos action ne correspondent pas à ce qu'on en attendait.

- une évaluation basée sur des évaluations similaires aux faits aboutit à des résultats conformes à ce qu'on en attendait. Des évaluations correctes sont un critère d'efficacité et de prédictivité.

- ne pas perdre de vue qu'il n'existe pas de valeur, d'abstraction, supérieure à la vie humaine.

 

D Stratégie anti-inhibition de l'action :

1. Théorie de l'inhibition de l'action : Henri Laborit.

 a) L'homme dans son environnement :

- "L'homme est un tout psycho-somatique dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit." ( A. Korzybski)

- "Ce n'est que par une action motrice sur l'environnement que l'individu peut satisfaire à la recherche de l'équilibre biologique, du bien-être, du plaisir.

- L'action sur l'environnement n'a qu'un seul but : maintenir la structure de l'organisme qui agit, n'agit et ne travaille que pour maintenir sa propre structure.

- Sur le plan biologique, il existe quatre types de comportements fondamentaux :

- comportements de consommation : boire, manger, copuler; ils répondent à un stimulus interne.
- comportements de lutte ou de fuite : ils répondent à un stimulus externe.
- l'un est celui de l'action récompensée ou permettant d'éviter la punition et capable de réenforcement.
- l'autre est un comportement d'inhibition résultant de l'action punie et non récompensée.

b) Angoisse et anxiété :

Puisque ce n'est que par une action motrice sur l'environnement que nous pouvons primitivement satisfaire à la recherche de l'équilibre biologique du bien-être, du plaisir, c'est à dire satisfaire à la réalisation de notre survie dans le milieu, tout ce qui va s'opposer à ce comportement opérant et gratifiant ou surtout l'interdire risque de provoquer :

- d'une part le déclenchement de la réaction vaso-motrice dont le but est de permettre la lutte ou la fuite (décharge d'adrénaline);

- d'autre part un sentiment d'impuissance motrice.

C'est la combinaison de ces deux éléments qui entraîne la sensation d'anxiété car, ces mécanismes étant inconscients, cette peur est apparemment sans objet légitime et aboutit à un sentiment pénible d'attente.

- Conflits entre les puissances instinctuelles (sexuelles) et les interdits socio-culturels : Dès la naissance l'individu est pris dans un cadre socio-culturel dont le but essentiel est de lui créer des automatismes de pensée indispensables au maintien de la structure hiérarchique de la société à laquelle il appartient.

- Déficit informationnel concernant un événement survenant dans l'environnement : impossibilité d'agir efficacement d'où angoisse.

- Anticipation : le fait d'anticiper sur les événements susceptibles de ce produire sans avoir les éléments nécessaires pour effectuer des prévisions correctes.

- Transformation rapide des valeurs.

- Angoisse existentielle :

L'homme est le seul être qui sait qu'il doit mourir.

- Agressivité : contre les autres ou contre soi-même.

- Fuite.

- Dépression.

- Toxicomanies.

- Psychose.

- Créativité.

L'inhibition de l'action entraîne la libération de :

- cortisol :

* diminue les défenses immunitaires de l'organisme contre les infections.
* détruit les protéïnes d'où une diminution du sommeil; favorise les ulcères à l'estomac.
* retient l'eau et les sels d'où une augmenttation de la masse sanguine.

- norépinéphrine : entraîne une diminution du calibre des vaisseaux d'où une diminution de la capacité respiratoire d'où hypertension, pathologie cardio-vasculaire." (Voir "L'Inhibition de l'Action", Henri Laborit, éd. Masson.)

2. Conduite à tenir pour échapper à l'inhibition :

a) Face aux interdits socio-culturels :

Revenir à la source des situations passées, du contexte dans lequel ces interdits nous ont été imposés; se remémorer les dialogues, les attitudes des acteurs de ces situations, ce qu'on a éprouvé à ce moment-là. Retrouver les messages inhibiteurs et dégager les faux postulats qui les sous-tendent. Cela nécessite de se confronter à la source de l'inhibition pour pouvoir comprendre le processus de manière à ensuite le dépasser.

- prendre conscience que :

ce n'est pas parce quelqu'un nous a dit quelque chose que celle-ci est forcément vraie; chercher à l'avenir à vérifier les propos des gens en se reportant à son observation personnelle avant d'en penser quoi que ce soit. A partir de là, on se trouve devant les possibilités suivantes :

= si l'observation confirme les propos, on peut en déduire qu'ils sont fondés,
= si l'observation les infirme, on peut en déduire qu'ils ne sont pas fondés,
= en l'absence de possibilité de vérification, il est impossible de dire quoi que ce soit sur le bien fondé des propos, toutes les hypothèses sont permises : attendre d'avoir des éléments complémentaires pour pouvoir se faire une opinion fondée.

- se donner le droit à l'avenir de ne plus s'empoisonner l'existence avec de faux problèmes car cela n'a pas lieu d'être.

- une fois dégagé le faux postulat à la base de l'inhibition, le remplacer par un nouveau postulat, une "redécision de vie", déshinibitrice sur la base de laquelle on va pouvoir agir de manière valorisante, constructive et efficace.

b) Face au déficit informationnel :

c) Anticipation :

d) Transformation rapide des valeurs :

e) Face à la peur de la mort :

3. Conduite à tenir devant les moyens d'évitement :

a) Agressivité contre les autres ou soi-même :

b) Dépression :

c) Toxicomanies :

Voir agressivité envers soi-même. Ne pas s'identifier à l'image de "drogué" diffusée par les média, cette image étant liée aux interdits basés sur la notion de crime sans victime, interdits non fondés sur des connaissances fiables en matière de drogues illicites, et sur lesquels reposent le discours officiel en matière de toxicomanie et la législation à laquelle est liée ce discours.

d) Psychose :

La plupart étant en relation avec des réponses fausses à des questions existentielles et une situation impossible dans un milieu familial toxique, elles représentent généralement pour les gens qui en souffrent la seule réponse qu'ils aient trouvée, la moins douloureuse, pour échapper à une situation invivable.

Elles nécessitent une aide pour en sortir, aide capable de se confronter elle-même aux questions fondamentales pour pouvoir comprendre la problématique, dégager les faux postulats sur lesquels elle repose, dénouer les noeuds, et permettre ainsi à la personne qui en souffre d'en sortir. Ceci ne peut se faire qu'à travers une relation de confiance basée sur le respect.

e) La fuite :

  1. elle peut être négative quand on fuit sous l'emprise de la peur devant une situation qu'on doit affronter pour pouvoir la résoudre et la dépasser. Dans ce cas, elle revient à une conduite d'échec.
  2. elle est salutaire :

devant une situation qu'on n'a objectivement pas les moyens d'affronter, devant un rapport de force inégal dont on a toutes les chances de sortir perdant.

f) La créativité :

Moyen constructif, positif, valorisant.

4. Au niveau physico-chimique :

a) Aspartate d'arginine :

diminue la fatigue, augmente le temps de sommeil paradoxal, c'est à dire les rêves.

b) Minaprine (Cantor) :

médicament inhibiteur de l'inhibition. Il permet de reprendre confiance en soi et d'affronter les situations difficiles, de retrouver les moyens d'agir. Efficace à des doses bien inférieures à la posologie donnée par le labo. Pas d'accoutumance, pas d'effet secondaire nocif. Contrairement à la plupart des psychothropes d'action sédative, utilisés bien souvent comme drogues de la soumission pour rendre les gens capables de supporter plus facilement des situation insupportables, le cantor agit comme un médicament de l'action, qui permet d'affronter la situation insupportable et de s'en débarrasser.

c) Vitamine A :

anti-infectieuse; augmente la résistance de l'organisme aux agressions : prise en cas de mal de gorge, permet d'éviter les rhumes et les risques d'angines.

d) Régime hypo-sodé.

 

E. Affronter et vaincre le danger en rêve :

(voir "La créativité onirique : Du rêve ordinaire au rêve lucide" de Patricia Garfield, Ed. La Table Ronde)

1. But : éliminer les cauchemars.

Considérer les rêves comme une source d'enseignements sur notre vie éveillée, contenant des informations, des éléments nous permettant de mieux comprendre les situations auxquelles nous sommes confrontées et des conseils pour dépasser nos problèmes.

Les cauchemars consistent en des rêves dans lesquels nous sommes confrontés à un danger, à une situation difficile, que nous subissons, dans laquelle nous sommes en position de victime.

Tant que nous subissons, dans le rêve et dans notre vie, le cauchemar revient. A partir du moment où nous affrontons le danger dans le rêve et prenons le dessus, le cauchemar disparaît. Le fait d'apprendre à affronter et vaincre le danger en rêve se répercute dans notre vie éveillée : nous devenons alors capable de cesser de subir, de cesser de nous comporter en victime et devenons capables d'agir.

2. Méthode pour se débarrasser des cauchemars :

Se procurer un carnet, un crayon et un cahier pour noter ses rêves.

Avant de s'endormir, se répéter plusieurs fois "Je dois affronter et vaincre le danger en rêve." Décider de prêter attention aux rêves de la nuit, les considérer comme importants.

Dès le réveil, rester les yeux fermés en tentant de se souvenir des rêves faits durant la nuit, de retrouver des images, des impressions. Si on ne se souvient pas bien du rêve, le fait de se concentrer sur une image ou une impression permet souvent de retrouver la suite. Changer éventuellement de position : les souvenirs reviennent plus facilement quand on se remet dans la position dans laquelle on était quand on a fait le rêve.

Noter ensuite le rêve sur le carnet; si l'on n'a pas beaucoup de temps, le fait de noter en quelques mots les images principales permet de le retrouver ensuite. Si l'on ne le fait pas dès le réveil, bien souvent on perd le souvenir du rêve durant la journée. Noter ensuite le rêve de façon détaillée sur le carnet en le datant et en lui donnant un titre qui se rapporte à l'histoire et un numéro qui permet de comptabiliser le nombre de rêves en un temps donné et de mesurer leur augmentation. A la fin du carnet, faire une table des matières des rêves, en inscrivant leur numéro et leur titre, de façon à pouvoir les retrouver facilement. La liste effectuée permet ensuite de déceler des relations éventuelles entre des rêves successifs.

Le fait de vouloir s'en souvenir, d'y prêter attention, aide à s'en rappeler plus facilement.

En cas de cauchemar, revenir sur l'histoire, observer le comportement qu'on a eu, les sentiments de peur, etc..., et faire la critique du comportement en envisageant les autres possibilités qu'on avait et qu'on n'a pas utilisées. Imaginer la même situation et un autre scénario où l'on n'aurait pas subi, où la suite du rêve se serait passée différemment. Le fait est qu'en rêve, il est possible de faire des tas de choses qui sont impossibles dans la vie éveillée : on peut s'envoler, faire intervenir des alliés, transformer la situation dangereuse en une situation non dangereuse, tuer ses ennemis, se transformer en un être invulnérable, etc.... Partir du principe qu'en rêve, nous avons le droit de tout faire et que tout est permis, que les interdits du monde dans lequel nous vivons n'existent pas dans le domaine du rêve.

Rechercher les amis, les situations agréables : si un contact sexuel se présente, ne pas l'éviter, aller au bout de la relation.

Avant de s'endormir, imaginer le cauchemar fait précédemment avec un scénario qui se modifie et tourne à notre avantage.

En s'entraînant de cette façon et en faisant attention à se rappeler et à noter ses rêves, leur contenu se modifie petit à petit. Le fait de les relire permet de réaliser leur évolution. Le jour où nous affrontons le danger et sortons vainqueur, nous nous débarrassons du cauchemar. Il est possible d'y arriver au bout de quelques semaines. Le changement d'attitude mentale face au danger au cours des rêves se répercute également dans notre comportement d'éveil, nous permettant d'arriver au même résultat dans le monde matériel.

Résumé des règles senoï tirées du livre de Patricia Garfield:

1. Règles générales : toujours :

a) affronter et vaincre le danger,
b) rechercher le plaisir,
c) aboutir à une issue positive et en tirer matière à création.

2. Application des règles générales à des situations spécifiques : la relation agressive :

A. Victime d'une agression, faire preuve d'une agressivité réciproque :

a) attaquer son ennemi
b) si nécessaire, se battre à mort :
- la mort de l'ennemi libère une charge positive provenant de la partie de soi-même investie dans l'image antagoniste.
- l'image de l'ennemi supprimé engendre un personnage positif, un allié.
c) si nécessaire, appeler à l'aide d'autres personnages. Continuer le combat jusqu'à leur arrivée.
d) tout personnage qui nous agresse ou simplement refuse de nous aider, même s'il se présente en ami, doit être traité en ennemi.
e) les personnages ne sont nos ennemis qu'aussi longtemps que nous les craignons.

B. Après avoir affronté et soumis un agresseur, le contraindre à nous remettre un présent :

a) ce peut être une oeuvre artistique, telle un poème, un chant, une danse ou un dessin, une peinture, etc...

b) ou bien quelque chose d'utile, comme une invention ou une solution à un problème.

c) si nécessaire, négocier pour l'obtenir.

d) sa valeur doit être telle que le groupe social s'accorde à le reconnaître.

C. Après une agression onirique, certaines actions doivent être menées à l'état de veille :

a) si un ami s'est montré agressif ou non coopératif en rêve, l'en avertir afin qu'il puisse corriger son image; (si l'on n'a pas contre-attaqué, décider de le faire dans les prochains rêves.)

b) si l'on a agressé ou refusé de l'aide à un ami en rêve, se montrer amical envers lui le jour suivant.

c) si l'on a constaté que l'une de nos connaissances était agressée en rêve, l'en prévenir au réveil (dans les prochains rêves, éliminer l'agresseur avant qu'il n'attaque.)

3. Application des règles générales à des situations spécifiques: relations sexuelles :

Si un contact sexuel agréable survient en rêve, l'intensifier et le poursuivre jusqu'à l'orgasme :

a) ne pas craindre ce qui peut apparaître comme une situation incestueuse ou inconvenante, car il s'agit de parties de soi-même qui doivent être intégrées.

b) on ne vit jamais trop d'amour en rêve.

c) Demander à l'amant(e) un cadeau du type décrit ci-dessus.

4. Application des règles générales à des situations spécifiques : la chute et le vol.

a) si on tombe : continuer à dormir, se détendre, et, dans le rêve, atterrir.

b) lors des prochains rêves, essayer de voler au lieu de tomber.

c) si on vole, poursuivre cette expérience et en vivre pleinement les sensations agréables.

d) que l'on tombe ou vole, essayer d'atteindre un lieu intéressant.

e) découvrir en ce lieu quelque chose de beau et d'utile.

5. Application des règles générales à des situations spécifiques : relation amicale.

a) si une image se montre amicale, accepter son aide.

b) faire preuve de reconnaissance envers elle.

c) lui demander un cadeau.

d) partager et utiliser ce présent.

e) demander aux personnages amicaux de nous servir de guides.

6. Si on rêve de nourriture, la partager avec les autres personnages oniriques.

Utilisation des éléments du rêve concernant des événements futurs:

Une des fonctions du rêve consiste à nous faire voyager sur notre trajet temporel; certains rêves ont trait à des situations vécues dans le passé, d'autres à des situations futures.

On peut prendre plus facilement conscience de cette fonction en notant ses rêves; en les relisant au bout d'un certain temps, on s'aperçoit que certains concernaient des événements qui se sont produits après que nous ayons fait le rêve. Il est bien entendu impossible de le savoir au moment où l'on rêve, on ne peut le constater qu'une fois que l'événement se produit.

Il est important d'être conscient de cette fonction du rêve pour pouvoir l'utiliser, être attentif à déceler les informations et enseignements du rêve qui nous serons utiles dans le futur.

Suite : II Envers les autres :

Isabelle Baudron : Des systèmes de contrôles

 

Zone's rubrics General Semantics - Human rights - Medical research - Philosophy - Economy - Non-ordinary levels of reality

 

 

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