INTRODUCTION A LA SEMANTIQUE GENERALE
D'ALFRED KORZYBSKI
*
H. BULLA DE VILLARET
COURRIER DU LIVRE
RESUME DE LA PREMIERE PARTIE
I. Baudron
DEFINITION :
Sémantique : étude de la signification des termes du vocabulaire et des modifications qu'elle peut subir.
Sémantique Générale de Korzybski : théorie générale d'évaluation non-élémentaliste.
A l'expression "Sémantique Générale" est associée celle de "Logique non-aristotélicienne" ou "Système non-aristotélicien".
I
* Société animale : société statique comparée à la société humaine, comportements figés.
Société humaine : élaboration des cultures et évolution des civilisations :
Chaque génération enrichit et refaçonne un acquis qu'elle transmet à la génération suivante, qui va le modifier et l'accroître à son tour.
* Définition de chaque espèce qui relève la caractéristique fondamentale de chacune et la différencie des deux autres :
- la plante : relie entre elles des énergies : "energy- binder".
- l'animal : relie entre eux des points situés dans l'espace : "space-binder".
- l'homme : en plus des énergies et des points dans l'espace,
relie encore entre eux des moments dans le temps dépassant sa propre durée vécue : l'homme est un "time-binder" :
grâce au langage humain et à l'écriture, des points peuvent être jetés entre les hommes séparés par la distance spatio-temporelle.
* La manière dont nous pensons et celle dont nous nous exprimons sont intimement liées. La puissance de suggestion du mot est telle qu'elle influence aisément ce mélange de sentiments et d'idées dont découlent nos divers comportements.
* Le désordre qui règne dans l'emploi que nous faisons du langage entraîne un désordre correspondant dans notre pensée, notre réflexion.
* Une pensée confuse ou incorrecte se répercute et se reflète dans nos modes d'expression, d'où une communication verbale entre individus incertaine ou déformée.
II
Dans notre civilisation, haut degré de développement technique, dans d'autres domaines, niveau primitif :
- dans le domaine technique : langage mathématique dont la structure est similaire à celle des faits.
- dans le domaine des institutions et affaires humaines : il y a désaccord entre la structure des faits et celle du langage.
* Le langage mathématique a une structure similaire :
- à celle des faits,
- à celle du système nerveux humain.
* La sémantique générale entraîne à faire marcher le cerveau comme si nous utilisions le langage mathématique.
III
Que veut dire : "langage dont la structure est similaire à celle des faits" ?
UNE CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE, ELLE LE REPRESENTE
A L'AIDE DE SYMBOLES.
UNE CARTE NE REPRESENTE PAS TOUT LE TERRITOIRE.
* Dans la perspective aristotélicienne : le langage est considéré comme le miroir de la réalité, d'où pas de distanciation entre le vécu humain et ce qui est dit.
* Dans la perspective non-aristotélicienne : le langage est une carte verbale : il ne peut prétendre rendre compte des faits totalement, encore moins avec une totale fidélité :
UN MOT N'EST PAS CE QU'IL REPRESENTE
UN MOT NE REPRESENTE PAS TOUS LES FAITS.
* Le langage représente symboliquement le donné vécu, d'où une nouvelle attitude à l'égard du langage.
* Langage mathématique : peu de risque de subir une déformation pendant la communication, peu de risque de malentendus.
* Langage courant : le contenu significatif, symbolique de chaque mot varie d'une personne à l'autre, d'une situation à l'autre.
=> D'où une attitude de vigilance, de prudence, de méfiance à l'égard de l'utilisation de ce langage.
Remise en cause de ses propres habitudes en matière de symbolisation.
IV
Une carte nécessite un cartographe et un terrain.
Relations ou ensemble de relations entre eux :
Relations entre l'observateur et l'observé dans l'histoire de la pensée occidentale : trois périodes :
1) période grecque ou métaphysique ou pré-scientifique : Aristote - Euclide : l'objet observé n'a pas d'importance, l'observateur est tout.
2) période classique ou semi-scientifique : Descartes - Newton : l'observateur compte à peine, l'objet observé est vraiment important.
3) période mathématique ou scientifique : Korzybski - Einstein : tout ce que l'homme peut connaître est un phénomène dû conjointement à l'observateur et à ce qu'il observe.
L'observateur : (le cartographe, nous-mêmes)
* La perspective classique isole le psychisme, le corps et le milieu.
* La perspective non-A considère que l'homme constitue un tout psycho-somatique dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit.
=> - pas possible de considérer séparément le corps et le psychisme, l'esprit et la matière.
- pas possible de considérer l'homme séparément de son milieu physique, social et culturel.
ATTITUDE NON-ELEMENTALISTE : effort pour ne pas isoler les uns des autres des facteurs ou des éléments qui se trouvent reliés les uns aux autres structurellement.
=> l'observateur aborde ce qu'il observe avec la totalité de son organisme psychosomatique. Les caractéristiques de cet organisme sont dues aux influences reçues du milieu.
* La structure nerveuse humaine éprouve des sensations qu'elle organise en perceptions => ces perceptions sont tributaires des possibilités et des limites de la structure nerveuse
=> ce dont l'homme prend connaissance se situe au point de rencontre :
- d'une structure nerveuse humaine
- des composantes du terrain.
* Le donné vécu humain exige la présence d'un être humain. Indépendamment de nous, "notre monde", "notre réalité" n'existent pas.
Exemple : l'arbre, en tombant, provoque des ondes; pour que celles-ci soient perçues comme un bruit, il faut la présence d'une structure nerveuse humaine ou animale. Il n'y a pas de bruit s'il n'y a pas de récepteur pour le percevoir.
* Il y a autant de "mondes" que de structures nerveuses différentes : le monde du crapaud est différent du monde de la mouche, qui est différent du monde de l'oiseau.
=> le terrain apparaît d'une façon conditionnée par nos possibilités de perceptions; celles-ci dépendent de nos structures organiques.
=> notre système nerveux fait, à partir des composantes du terrain, une abstraction, en organisant ces composantes, d'où la perception des couleurs, des sons, des formes.
* Illusions perceptives : quand le système nerveux n'est pas capable de saisir des processus. Ex. : le ventilateur qui tourne ressemble à un disque solide.
* Parmi les différents stimuli qui s'offrent à nous, nous opérons un choix et ce choix dépend en partie de nos expériences antérieures. Inconsciemment, nous trouvons dans le terrain, jusqu'à un certain point, ce que, par des expériences antérieures, nous sommes amenés à y chercher.
* "La fleur est rouge" : on attribue à un objet une qualité comme si elle lui était intrinsèque, qualité que la structure nerveuse humaine seule permet de faire intervenir entre cette fleur et cette structure => fausse identification.
=> en langage non-A : "La fleur m'apparaît rouge."
V
* Langage A : "Georges Durand est un égoïste."
* Langage non-A : "Dans telles circonstances et à l'égard de telle personne, G.D. s'est comporté d'une façon qui, selon mes propres standard, me paraît égoïste."
* Langage A : jugement de valeur.
* Langage non-A : tient compte de celui qui parle, de ses préférences, de ses opinions, de ses normes, tient compte du fait qu'il voit une situation sous un jour particulier.
Postulat silencieux : données fournies par la culture au sein de laquelle nous vivons, l'éducation reçue, n'étant pas explicitées verbalement au moment où elles se glissent dans les appréciations portées. Restent demi-conscients, voire inconscients.
"N'oubliez pas que c'est un juif" : image forgée à coup de préjugés, d'antipathies irrationnelles; image conventionnelle du "juif".
=> - remplacer le verbe "être" par "paraître".
- s'exprimer en termes de comportement plutôt que de qualité.
VI
OBSERVATION DU TERRAIN :
- ses différents éléments,
- l'ordre dans lequel il se présentent,
- les relations qui peuvent les unir,
- la structure qu'ils composent.
* Dans ses observations le savant se penche notamment sur des comportements dont il va s'attacher à déceler la structure.
* Il se demandera ensuite quelles doivent être à leur tour les structures des éléments en présence pour permettre une telle structure de leurs comportements.
* Il fera ensuite des inférences qui lui permettront alors de bâtir des hypothèses.
* Sur la base de ces hypothèses, il dégagera des prévisions relatives aux comportements.
* Il lui faudra alors retourner à l'observation de ces derniers pour examiner si ces prévisions se réalisent et si, par conséquent, son hypothèse est conforme à la structure des faits.
=> Comportements => leur structure => structure des éléments en présence par rapport à la structure de leur comportement => inférences => hypothèses => prévisions relatives aux comportements => observation de ces comportements pour vérification.
* Toute acquisition véritable de connaissance repose sur une étude des relations, une recherche des structures.
* Examen de nous-mêmes et du monde en perpétuel changement : incessant processus dynamique, modifications constantes.
* Parfois certains changements sont trop petits par rapport à nos possibilités de perception ou s'effectuent trop lentement => nous ignorons ces changements => erreurs dans nos évaluations, nos façons de réagir.
Relation matière-espace-temps :
- l'objet (crayon) a besoin linguistiquement de l'espace sinon ce ne serait pas un crayon mais un point mathématique, une fiction.
- il a aussi besoin verbalement du temps, sinon il n'y aurait pas de crayon mais un éclair.
è
quand nous utilisons le terme "matière" en pensant à quelque chose, cette chose implique aussi l'espace et le temps.VII
Différentiel structurel, modèle de Korzybski.
Schéma extrait de "Science and Sanity", p.388
Le plan en haut représente le niveau des événements, le disque, le niveau des objets, et le rectangle, le niveau des mots.
* Lignes reliant entre elles les caractéristiques
- du plan : événement
- du disque : objet
- du rectangle : mot
ou des deux premiers niveaux :
caractéristiques dont il a été tenu compte dans l'élaboration que notre système nerveux a fait des matériaux qui lui ont été proposés.
* Lignes qui n'aboutissent nulle part : caractéristiques laissées de côté.
è
* Tenir compte de certaines caractéristiques et en laisser d'autres de côté c'est faire une ABSTRACTION.
* Le différentiel structurel apprend à distinguer les niveaux d'abstraction.
Sur le dessin :
- le niveau des événements : échappe à toute prise directe.
- le niveau de l'objet : nous avons prise sur lui mais en lui-même il demeure inexprimable.
- le niveau verbal : nous nous servons du mot pour désigner l'objet.
===>
* l'objet n'est pas l'événement
* le mot n'est pas l'objet
* l'objet est désigné verbalement par tel mot.
===>
a) UNE CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE :
Les mots dont nous nous servons pour désigner les objets et par la suite les qualifier, les classer, les juger, ne sont pas sur le même niveau que ces objets eux-mêmes.
b) UNE CARTE NE REPRESENTE PAS TOUT LE TERRITOIRE :
Chaque niveau est une abstraction à partir du précédent; il y aura toujours des caractéristiques qui seront laissées de côté.
* Lorsque nous avons bien assimilé la notion que le mot n'est pas l'objet, nous prenons l'habitude de ne voir en lui qu'un symbole représentant cet objet.
* Tandis que si nous identifions le mot à l'objet, nous avons tendance à réagir au mot comme à un signal avant de nous préoccuper, voire sans nous préoccuper du tout, de savoir ce qu'est en fait l'objet que le mot désigne.
* Réactions aux mots plutôt qu'aux objets ou aux événements : utilisation dans la propagande politique et commerciale.
* La réaction au mot comme à un signal et non comme à un symbole vient en grande partie de la puissance d'évocation du mot. Celle-ci est liée à des facteurs principalement psychiques : elle découle des émotions qui se sont associées aux mots au cours de notre développement intellectuel et psychique.
* Les mots de la langue maternelle sont appris à l'occasion de situations qui leur fournissent un contexte psychologique.
===> Un mot entraîne en nous une réaction à un contexte qui n'existe plus mais que nous projetons sur le nouveau contexte offert par la situation présente : désorientation spatio-temporelle.
===> Considérer ce qui se passe ICI ET MAINTENANT.
* Une utilisation trop large du verbe "être" entraîne de fausses identifications, une confusion entre les différents niveaux d'abstraction.
4 utilisations :
1) "est" d'existence : je suis : être = exister, se trouver
2) être = auxiliaire : c'est fait.
3) "est" d'identité : "l'homme est un animal", "Georges est un ouvrier" :
être = identifier de manière erronée des niveaux d'abstraction différents, en reliant 2 noms qui sont mis sur le même niveau peu de différence entre le niveau non verbal et le niveau verbal : langage A.
===> être en langage non-A = pouvoir être désigné, appelé, classé comme.
4) "est" d'attribution : la rose est rouge : être = met en relation un nom et un ou plusieurs adjectifs, implique que les caractéristiques désignées par les adjectifs existent dans la chose ou la personne représentée par le nom : langage A.
===> être en langage non-A : telle personne (chose) m'apparaît comme, nous jugeons telle chose de telle façon.
Utilisations 3 et 4 : concentration excessive sur une ou un petit nombre de caractéristiques, leur donnent une importance exagérée; on prend alors la partie pour l'ensemble ou on voit l'ensemble à travers un objet partiel.
* Le schéma du différentiel structurel montre l'ordre naturel d'abstraction qu'il faut suivre pour penser et s'exprimer correctement :
1) l'événement
2) l'objet
niveaux non verbaux
3) le mot : niveau verbal
* Le premier niveau d'abstraction de l'événement à l'objet est le seul accessible à l'animal qui pense par images : il n'a pas accès aux niveaux d'abstraction supérieurs => il ne peut construire de culture, de civilisation.
===> différence de structure entre l'élaboration que peut faire l'animal et celle que peut faire l'homme, d'où le nom du modèle de Korzybski : différentiel structurel.
* Le modèle du différentiel structurel :
- présente la structure de la sémantique générale,
- tout en différentiant ses substructures : différents
niveaux ou ordres d'abstraction qui la constituent,
- en assignant à ceux-ci des valeurs relatives selon l'importance qu'ils ont pour nous.
* Acquisition de la conscience d'abstraire :
Etre conscient du fait que l'on opère une abstraction, c'est ne pas perdre de vue que l'on ne tient compte que d'une partie seulement des caractéristiques, celles que nous percevons plus aisément que d'autres, qui nous frappent particulièrement, qui sont sélectionnées en fonction de nos expériences ou connaissances antérieures, de nos goûts, de notre sensibilité, de nos préférences, de nos intérêts, etc.,
et que l'on en laisse d'autres de côté, qui sont souvent des particularités propres à l'individualité de l'objet et qui, dans certains cas, peuvent avoir à jouer un rôle que nous n'avions pas soupçonné tout d'abord.
VIII
Dans le différentiel structurel :
- plan parabolique : monde d'événements,
- disque : monde d'événements-significations ou monde des objets.
2 niveaux "non verbaux", "silencieux", "objectifs".
- niveaux verbaux : niveaux d'abstraction supérieurs cherchant à rendre compte, plus ou moins adéquatement, des niveaux non-verbaux; ils utilisent des représentations statiques pour rendre compte d'une réalité dynamique;
* Au niveau de l'objet, la perception est une expérience inexprimable.
* Parler, c'est toujours interpréter le monde. Mais le contact vivant avec celui-ci reste en deçà du domaine verbal.
* Nécessité d'un entraînement à chercher une plus grande richesse de contact avec le perçu, le vécu, laisser à la sensibilité le temps de jouer pleinement avant de chercher à exprimer quoi que ce soit.
* Nous voyons davantage des images évoquées par les mots que le donné vécu lui-même, nous ne savons ni vraiment regarder, ni vraiment entendre
=> exercice : regarder un objet en s'efforçant de bien le voir, sans rien dire à son sujet.
Un tel entraînement :
- augmente les possibilités d'inspiration créatrice, inspiration ensuite interprétée et exprimée par le langage ou autre forme artistique.
- entraîne une pratique du silence => enrichit l'expérience intérieure.
- aide à établir une distance entre l'objet et le ou les mots qui servent à le désigner => évite de passer trop vite des niveaux non verbaux aux niveaux verbaux et de coller sur l'objet une étiquette plus ou moins satisfaisante.
ATTITUDE DE REACTION DIFFEREE :
attitude d'investigation, d'expectative précédant notre réaction, notre réponse.
Elle sert à attendre :
- d'avoir saisi le sens de ce qui est perçu avant de le formuler verbalement.
- d'être mieux renseigné sur ce qu'elle recouvre avant d'accepter une formulation verbale : voyons ce dont il s'agit.
Elle est nécessaire :
- pour une évaluation correcte,
- pour une action efficace et adaptée,
- pour notre santé psycho-somatique.
Elle évite de considérer le mot comme un signal, permet de le voir comme un symbole
===> elle aide à dissocier l'objet et le mot qui le symbolise des associations et évocations liées au mot.
===> elle met à l'abri de mauvaises réactions sémantiques.
REACTION SEMANTIQUE : réaction à la signification d'un terme que provoque son emploi. Elle affecte l'organisme au niveau des cellules électro-colloïdales des tissus vivants => répercussions sur l'ensemble de l'organisme psycho-somatique pouvant entraîner certaines maladies.
L'intensité ou la nature de la puissance d'évocation des mots varie d'une personne à l'autre. Elle est :
- liée à l'expérience de chacun,
- influencée par des postulats silencieux.
===> un mot a rarement la même signification pour deux personnes différentes.
===> le langage permet rarement d'éveiller en autrui des résonances non verbales correspondant à ce que nous éprouvons nous-mêmes sur nos propres niveaux non verbaux.
Exercice : Comment rendre compte d'une expérience gustative, d'une émotion esthétique.
IX
OBSERVATION DE L'OBJET :
"Les faits" : le donné vécu, l'observé, est un produit commun d'une réalité insaisissable et des structures nerveuses de l'observateur.
* Le "fait" inébranlable est un mythe; nous ne pouvons pas fournir une description qui ne porte pas notre marque personnelle.
* Dans de nombreuses expériences de laboratoire, on tient compte du "coefficient personnel de l'expérimentateur."
* Dans la vie courante un même fait peut être perçu et décrit de façon différente d'une personne à l'autre.
===> Dans la perspective non-A, on tient compte des distances qui existent :
- entre ce qui constitue l'objet et le résultat que nous en percevons,
- entre "ce qui se passe" et "ce qui nous apparaît",
- entre "ce qui nous apparaît" et "ce qui apparaît à quelqu'un d'autre".
Nécessité d'une méthode qui aide à observer correctement les objets, car de cette observation correcte va dépendre ce que nous pourrons découvrir de leur structure et de leur comportement.
Adopter une ORIENTATION EXTENSIONNELLE :
au lieu de partir de la propriété commune ou du petit groupe de propriétés communes à l'aide desquelles nous tenons de classer et de définir les objets, nous allons nous souvenir que chaque objet est unique en son genre et va présenter des caractéristiques qui la différencieront de tous les autres.
* La démarche qui nous incite à noter d'abord les ressemblances entraîne souvent des mélanges et des confusions : généralisations abusives et surgénéralisations : "les jeunes", "les femmes", "les politiciens", etc., considérés en bloc.
* La relation qui s'établit entre l'objet et nous nous amène à attribuer à celui-ci certaines caractéristiques.
Si notre attitude (orientation) n'est pas extensionnelle :
- certaines caractéristiques correspondent à la structure de "ce qui se passe" au niveau de l'objet,
- certaines caractéristiques n'y correspondent pas, lui sont faussement attribuées en partant de définitions préalables,
- la relation pouvait nous permettre d'apercevoir certains aspects de la structure qui nous auraient amenés à noter d'autres caractéristiques que notre orientation défectueuse nous a fait manquer.
ORIENTATION EXTENSIONNELLE :
1) Apprendre à rechercher :
- les traits qui paraissent similaires en des objets différents,
- les traits qui paraissent différents en des objets classés comme similaires.
2) Se demander, en présence d'une expérience nouvelle qui nous rappelle des expériences antérieures, devant un objet nouveau qui semble appartenir à un groupe d'objets connus, s'il y a des différences qui ont de l'importance.
3) Indexer les objets appartenant à un même groupe : l'employeur 1 =/= l'employeur 2 =/= employeur 3.
4) Prendre garde à ne pas confondre la partie avec l'ensemble et ne pas juger l'ensemble d'après la partie :
exemple : on n'extrapolera pas le comportement d'une personne dans des circonstances particulières pour porter un jugement définitif sur cette personne.
- laisser toujours la porte ouverte à une expérience différente, à une information nouvelle.
- ne pas attendre systématiquement telle conduite de telle personne ou tel déroulement dans telle situation.
- une attitude détendue, une vigilance calme et impartiale aident à aborder toute situation nouvelle de manière correcte et à s'y adapter tout en ménageant le système nerveux.
5) Noter que certaines caractéristiques existent en plus de celles que nous retenons => emploi de "etc."
- dans la description d'un objet, pour souligner que certaines caractéristiques ont été laissées de côté,
- dans la description d'un groupe d'objets : les objets existants sont plus nombreux que ceux dont il a été tenu compte.
- chaque fois que notre énoncé ne peut prétendre à rendre compte que d'une partie des faits, des données.
"etc." est un rappel du processus d'abstraction.
6) Utiliser l'indice indiquant la date et le lieu :
- l'objet change, son contexte spatio-temporel se modifie aussi.
- les indices de dates et de lieux contribuent à nous rendre plus ouverts à tout ce qui peut se présenter comme caractéristiques nouvelles, inhabituelles, non encore expérimentées.
- ils nous aident à nous prémunir contre la désadaptation spatio-temporelle.